A 45 : Les PME ligériennes décrètent l'état d'urgence

A 45 : Les PME ligériennes décrètent l'état d'urgence

Le temps perdu dans les embouteillages de l'A 47 est estimé par les services de l'État à 500M€ par an. La liaison actuelle entre Saint-Étienne et Lyon pénalise donc grandement les entreprises ligériennes qui plus que jamais tirent la sonnette d'alarme.

Une heure à une heure et demie, c'est le temps de trajet moyen qu'il faut pour parcourir les 60 kilomètres qui séparent Saint-Étienne de la capitale des Gaules. Un temps de parcours qui dans certains cas extrêmes a atteint 12heures (janvier2011) voir même toute une nuit (décembre2010).




500M€/an perdus dans les embouteillages

Premier flux routier de Rhône-Alpes (110.000 véhicules/jour), l'actuelle A 47 avec ses 22 accidents en moyenne par mois, apparaît donc comme un véritable frein pour la compétitivité et le développement des entreprises ligériennes.

Le temps perdu dans les embouteillages a été estimé par les services de l'État (dans le cadre de l'enquête publique) à 500M€ chaque année, soit quasiment le coût de la réalisation d'une A 45 tous les deux ans. Premier producteur mondial de floculants pour le traitement des eaux, le groupe SNF Floerger fait partie des entreprises qui militent depuis de nombreuses années pour cette A 45. «Bien entendu que cette autoroute est vitale pour notre territoire. Aujourd'hui, les transporteurs comptent systématiquement 1h30 de trajets pour faire Saint-Étienne-Lyon. Nous payons donc le double de ce que nous devrions normalement payer en transport. Il y a quelques années, nous avions fait une étude pour déterminer ce que cela nous coûtait. De mémoire, ce surcoût de transport représentait chaque année près de 1M€. Si on ajoute ce que nous coûtent chaque année les grèves SNCF, nous arrivons à un total de près de 2,5M€. Ce n'est pas énorme au regard de notre chiffre d'affaires (ndlr: 1,2 Md€) mais tout de même...», argumente René Pich, président de SNF. Autocariste et transporteur de marchandises, la société Rochette paye elle aussi le prix fort d'une infrastructure inadaptée. «Notre activité transport de marchandises est basée à Givors. Autant dire que nous sommes au coeur du problème. Entre les bouchons récurrents et les accidents, nos camions n'arrivent plus à tenir les plannings», explique Pierre-Jean Rochette, P-dg de la société éponyme. Et de poursuivre: «Pour ce qui concerne notre activité autocar, nous avons été contraints d'augmenter nos temps de trajet de 25 à 30% sur les quatre dernières années entre Saint-Étienne et Lyon. Pour un chargement à Lyon à 9h, nous sommes obligés de faire partir notre conducteur à 5h30/6h de Montbrison. Nos prix eux sont restés les mêmes qu'il y a quatre ans. Nous ne perdons pas encore de l'argent sur cette ligne, mais ce qui est certain, c'est que nous n'en gagnons plus»,




Un frein pour le recrutement

Si le temps de parcours anormalement long entre Saint-Étienne et Lyon représente un coût financier indéniable pour nos entreprises, il est aussi un véritable frein pour l'embauche de nouveaux collaborateurs. «L'A 47 a un effet négatif sur notre recrutement et le maintien de nos compétences. Beaucoup de nos cadres viennent de Lyon. Comme ils ne veulent pas venir habiter à Saint-Étienne, ils se retrouvent à faire les déplacements tous les jours. Mais avec les problématiques de l'A 47, cela ne dure généralement qu'un temps. Au bout de deux ou trois ans, on les perd. Le turnover de nos cadres est une vraie problématique», développe Frédéric Baudouin, directeur général de Gibaud. Une analyse que partage le P-dg d'Eurotab. «Nous ne trouvons pas toujours les bonnes compétences dans la région stéphanoise. Nous sommes donc obligés d'aller les chercher plus loin. Sur la dizaine de cadres dirigeants que compte l'entreprise, sept ou huit habitent en région lyonnaise. Sans l'A 45, il sera très difficile de les retenir», argumente Olivier Desmarescaux. Et de conclure: «Et puis avec l'A 47, on véhicule une superbe image auprès des clients qui viennent nous visiter.»