"La confiance qu’il faut voter, c’est dans l’activité économique". 285 dirigeants d’ETI, ces entreprises de 285 à 5 000 salariés, interpellent les députés dans une lettre ouverte.
Ils leur expriment leurs craintes face à la crise politique qui dure et qui pourrait encore s’amplifier le 8 septembre prochain, à la suite du vote de confiance demandé par François Bayrou.
Un immense gâchis
"Le débat public qui s’embourbe, s’épuise dans les postures et ne parvient plus à retrouver le fil de l’intérêt général, nous apparaît comme un immense gâchis pour notre pays", estiment les dirigeants, relayant une initiative du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti).
Ce que redoutent les chefs d’entreprise ? "Le retour des pires choix économiques du passé – dont on sait qu’ils n’ont jamais fonctionné ni ici, ni ailleurs – conduirait implacablement au découragement, à mettre en difficulté nos entreprises, à les faire vendre à l’étranger, au retour du chômage de masse. Refaire les erreurs économiques d’hier, c’est produire des horreurs sociales demain", mettent-ils en garde.
"Jamais depuis près de 20 ans la situation économique n’a été aussi dure pour nos entreprises"
Les peurs de lendemains qui déchantent se nourrissent d’un présent peu reluisant. "Jamais depuis près de 20 ans la situation économique n’a été aussi dure pour nos entreprises", s’alarment les dirigeants. En cause : "Le désordre mondial, la concurrence féroce des nouvelles puissances et le repli du commerce international s’ajoutent aux lourdes difficultés posées par le déficit français de compétitivité", égrainent-ils.
L’activité économique, clé du redressement
Pourtant, pour les chefs d’entreprise, le choix est clair : "L’activité est la clé du redressement", appuient-ils, avant d’interpeller les députés : "À condition que vous la souteniez. Que vous l’encouragiez !"
Ce soutien à l’activité économique passe par une baisse des charges des entreprises, pour les aligner sur nos voisins européens, et par "un frein résolu à la complexité et aux paperasseries inutiles". Ces deux mesures permettraient de redonner de la compétitivité aux entreprises tricolores et amélioreraient à la fois la situation des entreprises, mais aussi de leurs salariés et par ricochet des finances publiques, assurent les signataires de la lettre ouverte. Avant de conclure par une note d’espoir : "Le pire n’est pas toujours certain quand un pays se reprend collectivement en main".