Toulouse

Spatial

Thales livre à la Nasa le cœur de l'instrument principal du satellite SWOT

Par Fleur Olagnier, le 18 juillet 2019

Thales Alenia Space va livrer fin juillet à la Nasa le cœur de l'instrument principal de la mission SWOT. Le satellite, développé par l'agence spatiale américaine et le Cnes, est le premier au monde dédié à l'hydrologie, c'est-à-dire la mesure de l'élévation des eaux continentales. Il permettra d'en cartographier 70 %, quand seulement 25 % sont connus aujourd'hui.

Frédéric Robert (chef de projet du module RFU) et Thierry Lafon (chef de projet Cnes de la mission SWOT).
Frédéric Robert (chef de projet du module RFU) et Thierry Lafon (chef de projet Cnes de la mission SWOT). — Photo : Fleur Olagnier/Le Journal des entreprises

Thales Alenia Space va livrer fin juillet le module Radio Frequency Unit (RFU) de l'instrument principal de la mission SWOT, menée par la Nasa et le Cnes. Avec un lancement prévu en 2021, l'instrument KaRIn est un altimètre à faucher qui utilise l'interférométrie radar : une première mondiale. Le RFU fabriqué à Toulouse est le cœur de cet instrument, qui permettra au satellite muni de deux antennes radars de mesurer l'élévation des océans et des eaux continentales. « KaRIn sera capable de balayer deux bandes de 60 km de large de part et d'autre du satellite, soit 120 km au total, explique Frédéric Robert, chef de projet du RFU. L'altimétrie classique ne permet de couvrir qu'une bande de quelques kilomètres de large sous le satellite ».

Focus sur l'hydrologie

SWOT est la toute première mission dédiée à l'hydrologie et permettra de cartographier 70 % des eaux continentales, contre 25 % seulement connus à ce jour. La surveillance des stocks et débits des lacs et rivières devrait fournir un inventaire précis des ressources afin de mieux contrôler l'utilisation de l'eau par chaque pays. Outre l'aspect géopolitique, les océanographes attendent l'arrivée de SWOT avec impatience afin de mesurer les tourbillons et filaments marins, la circulation côtière et affiner les modèles de prévision climatique actuels.

« La surveillance des océans s'effectuera avec une résolution 10 fois meilleure, et une précision de mesure qui passe de 8 mm à 5 mm par rapport aux instruments existants », souligne Thierry Lafon, chef de projet Cnes de la mission SWOT. Enfin, une fois le satellite en action, les données SWOT seront réceptionnées par une station sol située au Cnes de Toulouse, afin de subir de premiers traitements. Le budget total du projet s'élève à 1 Md€, avec 2/3 financés par la Nasa et le restant par la France, dont 160 M€ de Programme d'investissement d'avenir. 

Frédéric Robert (chef de projet du module RFU) et Thierry Lafon (chef de projet Cnes de la mission SWOT).
Frédéric Robert (chef de projet du module RFU) et Thierry Lafon (chef de projet Cnes de la mission SWOT). — Photo : Fleur Olagnier/Le Journal des entreprises

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