Toulouse

Transport

Liberty Rider révolutionne la sécurité à moto

Par Fleur Olagnier, le 16 janvier 2020

Liberty Rider a créé une application qui permet de géolocaliser les motards et d'alerter les secours en cas de chute. C'est la seule application mobile de ce type à moindre coût, qui possède en plus un volet « plaisir » pour profiter des meilleurs routes à deux roues. Afin d'aller plus loin qu'en B to C, Liberty Rider commence à nouer des partenariats avec les assureurs. 

Emmanuel Petit, PDG et cofondateur de Liberty Rider.
Emmanuel Petit, PDG et cofondateur de Liberty Rider. — Photo : Lionel Beylot

Le créateur

Après un diplôme de l’ECS Toulouse puis quelques mois à l’APF France handicap, Emmanuel Petit se spécialise à l’IFAG. Motard dans l’âme et touché par ses rencontres à l’APF, il intègre l'incubateur de l'école de commerce en 2015 avec un projet bien à lui : « J’allais souvent voir mes parents à moto à 1 h 30 de Toulouse. De nuit, sur des routes isolées et en mauvais état, j’étais inquiet de ce qui pourrait m’arriver en cas d’accident. J’ai cherché une solution sur Google, mais cela n’existait pas ». Avec Jérémie Fourmann, Martin d’Allens et Julien Le, ils lancent alors en février 2016 la version beta d’une application mobile gratuite et créent l’entreprise Liberty Rider (15 ETP ; CA 2019 : 1 M€) en juin.

Le concept

L'application Liberty Rider récupère les données de l'accéléromètre du smartphone du motard, qui donne des indications sur les chocs et vibrations, et les données GPS, qui informent sur une éventuelle perte de vitesse. L'équipe a roulé plus de 10 000 km et simulé environ 200 accidents afin de développer l'algorithme qui analyse ces signaux, et peut ainsi détecter un accident et donner l'alerte. « Au départ, nous étions prévenus en personne : nous appelions le motard et si pas de réponse, prévenions le SDIS 31. Cela est ensuite devenu compliqué à gérer 24 heurs sur 24 et 7 jours sur 7, sans compter la charge psychologique en cas d'accident grave... », confie Emmanuel Petit. À noter que depuis avril 2018, toutes les alertes sont traitées dans 10 pays par un centre externe Inter mutuelles assistance (IMA).  

Illustration Liberty Rider.
Illustration Liberty Rider. - Photo : Lionel Beylot

Fin 2017, la société rencontre la Matmut, la Macif, l'Assurance mutuelle des motards (AMDM) et justement l'IMA, auprès desquelles elle lève 1,6 M€. Ce montant sert notamment à l'embauche d'un collaborateur pour migrer vers une application payante. À partir de 2017, la détection d'accidents et les envois de messages aux proches sont gratuits, mais les options « fun » deviennent payantes pour 9,99 €/mois : carnet d'entretien, sélection des meilleures routes à moto...

Les perspectives

En 2018, Liberty Rider s'oriente vers le B to B to C en nouant un partenariat avec Matmut, Macif et AMDM. La start-up vend ses abonnements aux assureurs, qui communiquent sur le service auprès de leurs clients. Ces derniers peuvent alors bénéficier d'avantages au-delà du premium, réservés aux seuls assurés des trois organismes, qui représentent plus de 30 % des motards français.

Depuis septembre, la détection d'accidents est devenue payante à 4 €/mois, tandis que le « fun » est passé en gratuit. « L'objectif est maintenant de séduire toujours plus d'assureurs, et notamment d'élargir à l'Europe, partage le PDG. Des contacts sont en court avec la Belgique ou l'Italie, le plus grand réseau de motards européen ». À ce jour, l'application qui compte 400 000 inscrits, soit 10 % du parc des motards français, a aidé environ 700 motards et sauvé plus de 80 vies.  

Emmanuel Petit, PDG et cofondateur de Liberty Rider.
Emmanuel Petit, PDG et cofondateur de Liberty Rider. — Photo : Lionel Beylot

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