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Electrosteel Europe va créer 200 emplois en France pour fabriquer des tuyaux jusqu'alors produits en Inde

Par Didier Gazanhes, le 30 mai 2021

Spécialisée dans la vente de canalisations pour les réseaux d’eau et d’assainissement, Electrosteel Europe va créer un site de production dans les Bouches-du-Rhône. Permettant de raccourcir ses délais de livraison et de réduire son impact environnemental, cette usine devrait générer 200 emplois.

De gauche à droite, Maxime Garcia, responsable export et Cyrille Hahang, dirigeant d’Electrosteel Europe.
De gauche à droite, Maxime Garcia, responsable export et Cyrille Hahang, dirigeant d’Electrosteel Europe. — Photo : Didier Gazanhes

Electrosteel Europe s’apprête à fabriquer à Arles, près de son siège social, ses propres systèmes de canalisation utilisés pour l’assainissement ou l’irrigation. Jusqu’alors, l’activité de cette entreprise se limitait à la distribution de tuyaux et de raccords en fonte ductile fabriqués en Inde, dans les usines de sa maison mère, le groupe indien Electrosteel Castings (4 500 salariés, 700 M€ de CA), installé près des mines à Madras, Chennai et Calcutta.

200 créations d’emplois

"Après vingt ans de commerce, de négoce et d’accompagnement des chantiers, nous avons décidé de produire en France une partie de nos tuyaux. Nous allons ainsi reconvertir un site industriel à l’arrêt à Arles et y créer d’ici à 2024 une unité de production industrielle de tuyaux décarbonée et une unité de fabrication de raccords", explique Cyrille Hahang, fondateur Electrosteel Europe en 2001 et toujours dirigeant de l’entreprise.

Ce projet, mûrement réfléchi pendant la crise sanitaire, représente un investissement de 15 millions d’euros et devrait générer plus de 200 emplois. Il permettra de tripler l’effectif d’Electrosteel Europe, qui emploie 100 salariés, dont 45 à Arles. Il devrait voir le jour d’ici à trois ans. Sur ce nouveau site de 1 500 m², situé à proximité du siège social d’Electrosteel Europe, l’entreprise envisage de réaliser près de 20 kilomètres de tuyaux par an dans les diamètres les plus fréquemment utilisés.

Ferraille recyclée

Pour alimenter en matière première la fabrication des tuyaux en fonte, - l’entreprise va avoir besoin de 50 000 tonnes de ferraille par an - Cyrille Hahang envisage de recourir à de la ferraille recyclée. La France produit chaque année environ 20 millions de tonnes de fer considérées comme des déchets.

"La crise actuelle nous force à avancer. La décarbonation est de plus en plus souvent au centre des débats. Nous sommes sur un produit certes ancien mais qui attire de nouveaux acteurs et dont le marché ne cesse de s’accroître. En 1990, le chiffre d’affaires du secteur était de 2 milliards d’euros, aujourd’hui, il est de 15 milliards d’euros. À la différence du PVC, la fonte est plus respectueuse de l’environnement. Par sa longévité, parce qu’elle nécessite moins de travaux de mise en place et parce qu’elle est recyclable à l’infini. Notre futur site de production permettra donc de réduire l’impact environnemental des projets auxquels nous participerons", détaille le dirigeant.

Réduction des délais de livraison

Outre l’environnement, une autre raison pousse le groupe à opter pour le made in France : la réduction des délais de livraison.

Depuis le siège social d’Arles, Electrosteel Europe distribue des canalisations vers d’autres pays européens (notamment en Espagne, en Allemagne et en Grande-Bretagne) mais aussi en Amérique du Sud et en Afrique francophone (Maghreb et Afrique de l’Ouest). Sur les 68 millions d’euros de chiffre d’affaires, "l’export représente près de 70 % de l’activité. Nos clients en Afrique sont soit des sociétés françaises ou européennes, notamment belge par exemple dans le cadre du projet de la construction de la station de traitement d’eau de la ville de Kabala au Mali qui, en 2018, a nécessité la réalisation de 110 kilomètres de tuyaux", confie Maxime Garcia, responsable export de l’entreprise.

En termes de logistique, les conduites vendues par Electrosteel Europe sont produites, dans les usines de la maison mère, en Inde, et sont ensuite envoyées sur les projets. Les délais de transit entre l’Inde et l’Afrique sont alors de cinq à huit semaines. "C’est là que notre plateforme logistique de 30 000 m², basée à Arles, où nous stockons jusqu’à 700 kilomètres de canalisation (soit environ 2 M€ de stock, NDLR) devient essentielle", ajoute Cyrille Hahang. D’autant plus essentielle que la crise sanitaire liée au coronavirus a mis en évidence l’utilité d’un tel stock.

En plein cœur de la crise Covid, les liaisons directes entre l’Inde et l’Afrique se sont en effet interrompues et, en transitant par Arles, le prix du transport des canalisations a quasiment doublé. "Avec notre stock important de tuyaux et de raccords, nous disposions d’une plus grande réactivité et nous avons donc répondu à certains marchés en livrant directement les produits dont nous disposions déjà à Arles. Ce faisant, nos délais de livraison se sont raccourcis. Nous pouvions livrer l’Afrique, notamment vers le Maroc, le Sénégal ou le Burkina Faso, sur des chantiers urgents en mois de deux semaines et vers les Dom-Tom en 15 jours. D’autant que le port de Marseille-Fos a continué à fonctionner alors que les hubs de Colombo et de Singapour étaient congestionnés ou à l’arrêt", conclut Cyrille Hahang.

De gauche à droite, Maxime Garcia, responsable export et Cyrille Hahang, dirigeant d’Electrosteel Europe.
De gauche à droite, Maxime Garcia, responsable export et Cyrille Hahang, dirigeant d’Electrosteel Europe. — Photo : Didier Gazanhes

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