Alpes-Maritimes

Communication et médias

Interview Coronavirus - Aucop : « Dans l'événementiel, nous pouvons ressortir plus fort de la crise »

Entretien avec Maxime Massiera, dirigeant d'Aucop

Propos recueillis par Olivia Oreggia - 23 mars 2020

Prestataire technique spécialisé dans l’audiovisuel, la PME Aucop n’avait connu que développement et croissance. Née il y a trente ans, l’entreprise familiale compte trois sites à Carros (Alpes-Maritimes), Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et Paris. Tous sont touchés par la crise liée au coronavirus. Si l’activité est à l’arrêt, son dirigeant Maxime Massiera est très optimiste.

Maxime Massiera, dirigeant d'Aucop
Maxime Massiera, dirigeant d'Aucop. — Photo : DR

Le Journal des Entreprises : L’événementiel est le secteur qui a été touché parmi les premiers par la crise liée à l’épidémie de coronavirus Covid-19. Quelle est la situation d’Aucop (41 salariés, CA 2019 : 8,7 M€) aujourd’hui ?

Maxime Massiera : Nous avons été impactés dès le 27 février, date à laquelle nous avons commencé à enregistrer des annulations en masse. En trois jours, nous avons perdu plus d’un million d’euros. En plus des 41 salariés permanents, nous avons recours à des intermittents chaque mois. Nous sommes donc une soixantaine par mois répartis sur nos trois sites de Carros (Alpes-Maritimes), Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et Paris. Ils sont à 99 % au chômage partiel. Début mars, je devais recruter quatre personnes.

« En trois jours, nous avons perdu plus d’un million d’euros. »

Vous semblez pourtant rester positif...

Maxime Massiera : Je suis d’un naturel optimiste mais je suis aussi rassuré financièrement. Nous avons connu un gros développement ces trois dernières années avec l’ouverture de notre agence à Paris. Nous avons réalisé une très belle progression en 2019, au-dessus de notre prévisionnel. Notre chiffre d’affaires est de 8,7 millions d’euros.

Je n’ai évidemment jamais vécu une telle situation, je n’avais même jamais connu une seule situation financière délicate. Depuis huit ans que j’ai repris l’entreprise créée par mon oncle, je n’ai eu que du développement et une croissance constante à gérer.

Je sais que ça peut repartir très fort après cette crise car beaucoup d’événements ont été décalés. Je reste donc positif. Notre structure est saine. Nous avons la trésorerie pour tenir sur les charges incompressibles. Je ne suis pas du tout inquiet, au contraire ! C’est d’ailleurs rare dans une activité comme la nôtre dans laquelle nous subissons beaucoup de pression.

"Je ne suis pas du tout inquiet, au contraire ! "

À quoi ressemblent vos journées au bureau sans salariés ni activité ?

Maxime Massiera : Je suis au bureau tous les matins à 7 heures, j’ai même pensé à mettre une cravate pour rigoler. J’ai de quoi faire dès que j’arrive, notamment la rédaction d’un compte-rendu de comité de direction à rattraper. Je vais aussi faire un « vis ma vie » avec ma collaboratrice de la comptabilité en occupant son poste, je voulais faire cela depuis un moment. J’ai beaucoup de travail pour préparer « l’après ». Je dispatche l’activité à distance avec les chargés de projets. Il y a énormément à faire sur la partie RH : formations, grilles de salaires… Nous voulions également faire évoluer nos outils informatiques et changer de logiciel. Je vais aussi pouvoir réfléchir sur tous les points de contrôle. Je continue de courir et de faire du sport. Je ne m’ennuierai pas !

« Nous en ressortons plus fort grâce notre travail »

Avez-vous pu rassurer vos équipes ? Quel lien gardez-vous avec elles ?

Maxime Massiera : Je suis heureux d’être au Centre des jeunes dirigeants, où je suis une formation depuis deux ans et demi pour apprendre à être chef d’entreprise. Cela donne les outils nécessaires pour prendre de la hauteur, gérer, prioriser, voir l’avenir. C’est précisément ce qu’il faut faire. Je dirais même que je suis content de vivre cette situation car, dans un parcours de dirigeant, il faut tout connaître pour apprécier le bon côté des choses. Au départ, dans l’événementiel, nous étions quasi les seuls à être touchés. Aujourd’hui, tout le monde est concerné. Moi, ça me challenge, ça me motive. Nous en ressortons plus fort grâce notre travail, grâce notre niaque. Il faut garder ou reposer le cap. Bougeons-nous ! Nous sommes des capitaines et c’est dans ces cas que nous faisons la différence. Le CJD m’a appris tout cela.

« Facebook interne, mail, groupe WhatsApp… je garde le lien avec mes équipes »

Avant que tout le monde ne quitte l’entreprise, j’ai tenu une réunion de travail pour garder une cohésion, un lien. Nous restons en lien depuis via notre groupe Facebook interne, que nous utilisons en temps normal. Chaque responsable d’agence partage également un groupe WhatsApp avec ses équipes. J’ai envoyé un message hier à mes salariés leur disant que je pensais à eux et qu’ils soient rassurés pour la pérennité de leur emploi et pour le développement d’Aucop.

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