Ovadia Schvarcz est lucide. Il sait que le succès des machines à eau compactes mises au point par son entreprise Ovi et vendues essentiellement en BtoC (CA 2025 : 750 000 euros avec 30 % de croissance annuelle), n’est pas dû à leur argument écologique.
S’il les a développées dans le but de supprimer au maximum l’utilisation de bouteilles en plastique, il concède : "il y a un peu d’ingrédients écologiques dans l’achat mais il y a surtout un côté pratique. Ces machines sont dans l'air du temps."
Tout avoir, instantanément
Dans l’air du temps car elles répondent à ce besoin grandissant dans nos sociétés modernes : l’instantanéité. Et c’est instantanément justement, qu’Ovi fournit une eau filtrée, à température choisie, plus ou moins fraîche, chaude ou tempérée. Et le prochain modèle permettra aussi de l’aromatiser, de la rendre gazeuse et même de "remplacer à la fois la cafetière, adaptable à toutes capsules de café, la théière et la bouilloire".
Une seconde vie en local
Tout en déployant ses innovations technologiques, l’entreprise niçoise travaille aussi à leur devenir et leur impact environnemental. Toutes les machines sont fabriquées en Chine "pour des contraintes techniques et budgétaires. Nous n’avons pas trouvé en France d’usine capable de faire exactement cette technologie, précise Ovadia Schvarcz. En revanche, l’idée est de faire en plus de la conception, le reconditionnement et le suivi en France. L’idée est de les mettre sur le second marché, de manière locale, voire de les offrir à des associations."
Un soutien de la Région Sud
Ovi a ainsi reçu un soutien de la Région Sud — 200 000 euros d’euros d’avance remboursable — pour monter son centre de reconditionnement à Nice. Celui-ci devrait être opérationnel en 2027, dès que l’emplacement aura été trouvé.
"Nous avons déjà identifié trois locaux, reprend le dirigeant. Nous n’avons besoin que de 150 m2 mais nous avons surtout des contraintes techniques avec les arrivées d’eau, l’accessibilité pour la livraison de palettes."
Deux postes devraient être créés au lancement pour arriver à 6 emplois en 2029.
Comme un iPhone
Mais les machines d’Ovi — avec pour l’heure seulement deux générations de modèles — sont-elles déjà au stade d’une éventuelle seconde vie ?
"Nous anticipons, explique Ovadia Schvarcz. Car quand on sort une nouvelle génération, près de 50 % des clients veulent y passer… même si leur machine actuelle fonctionne toujours parfaitement. Un peu comme un iPhone : ils sont très satisfaits du produit et veulent avoir la dernière nouveauté. On ne peut pas leur dire non, mais on a mis en place un programme de reprise de leurs appareils." Une activité de reprise aujourd’hui sous-traitée, à Nice, qu’elle veut donc internaliser.
Une levée de fonds pour aller aux États-Unis
En parallèle, l’entreprise prépare une levée de fonds qu’elle souhaite lancer juste après la commercialisation de son prochain appareil mi-2027, afin de pouvoir attaquer le marché américain, "le Graal", selon le dirigeant, "car aux États-Unis, l’eau est très chère et n’est pas bonne, et nous avons eu un retour très positif au CES Las Vegas en 2025." D’ici là, elle devrait avoir atteint la rentabilité, fin 2026.