C’est en grande pompe que Qista (50 collaborateurs, CA 2025 : 5 M€) a lancé sa toute nouvelle borne anti-moustiques : la bien nommée One XS, puisque plus petite et plus accessible que les générations précédentes. L’objectif étant de démocratiser l’utilisation de ses pièges électriques ou solaires "conceptualisés, testés et fabriqués au siège à Sénas", près d’Aix-en-Provence, souligne Pierre Bellagambi, le fondateur et PDG de l’entreprise implantée sur un site de plus de 3 000 m². Sa technologie fonctionne sans larvicide ni insecticide, en utilisant le biomimétisme : elle attire les moustiques femelles en émettant du CO2 et un leurre olfactif imitant la respiration humaine, dans un rayon de 60 mètres autour de chaque installation, puis les capture. Une innovation qui, selon les études relayées par Qista, permet de réduire les piqûres de 88 %, et devrait considérablement gagner du terrain avec le modèle One XS.
6 000 ventes prévues en 2026
"Jusque-là, on vendait en moyenne 2 500 à 3 000 pièges par an, précise l’entrepreneur originaire d’Arles. Au moins 6 000 One XS devraient s’y ajouter cette année. 1 200 ont déjà été vendus depuis mi-mai, plutôt à des hôtels et restaurants qui ont acheté 5 à 10 machines chacun." Une cible privilégiée, comme les particuliers, premiers clients jusque-là avec 65 % des ventes en 2025, contre 15 % pour les établissements d’hôtellerie-restauration et 20 % pour les collectivités.
Plus compacte et plus accessible
Commercialisée autour de 650 euros, contre 980 euros pour la Qista One, 1 500 euros pour la Bam Optima qui utilise la data et même 2 420 euros pour la Visio Urbano, plutôt destinée aux collectivités, la petite dernière fait considérablement baisser la facture. Étant plus compacte et vendue avec une bouteille de gaz de 400 grammes contre 10 kg auparavant, "elle va nous permettre également d’entrer plus facilement dans les réseaux de distribution" (type jardineries et magasins de bricolage) et "d’alléger la logistique pour toucher l’Europe", poursuit Pierre Bellagambi. La plateforme d’e-commerce, actuellement opérationnelle uniquement en France, va bientôt l’être également en Belgique, Allemagne, Italie, Portugal et Espagne.
Booster l’export
Des marchés importants pour cette PME réalisant 25 % de son chiffre d’affaires à l’export et visant "très rapidement les 70 à 80 %". Fort de ses contrats à Abu Dhabi, Oman, Bahreïn, en Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis, Qista vient de créer une filiale pour gérer les ventes au Moyen-Orient. Il pourrait faire la même chose ensuite dans les autres zones de développement prioritaires : l’Asie du Sud-Est (Singapour, le Japon et la Corée du Sud en tête) et l’Amérique du Nord (Canada et Etats-Unis), où la marque a commencé à s’implanter. "Le marché est colossal", insiste le dirigeant, associé à Thierry Dassault Holding, devenu actionnaire majoritaire en 2023. "La prolifération du moustique avec le changement climatique va générer un besoin encore plus fort, notamment d’un point de vue sanitaire, cet insecte transmettant de nombreuses maladies comme la dengue ou le chikungunya."
Vers une levée de 5 à 10 millions
Pour y répondre, Qista cherche à nouveau à lever des fonds : 5 à 10 millions d’euros pour investir encore dans la commercialisation, l’industrialisation et la R & D, et embaucher une centaine de personnes d’ici 5 ans afin d’augmenter les capacités de production et de logistique, mais aussi renforcer les ressources humaines et la force de vente, en France comme à l’étranger. Chiffre d’affaires dans le viseur d’ici 2030 : 30 millions d’euros.