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La start-up azuréenne Oterrix compte verdir et sécuriser la propulsion des satellites
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La start-up azuréenne Oterrix compte verdir et sécuriser la propulsion des satellites

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Alors qu’avec le New Space se multiplie le nombre de satellites dans l’espace, les technologies de propulsion chimiques utilisées restent à la fois très toxiques et onéreuses. La start-up azuréenne Oterrix vise précisément à simplifier et verdir ces systèmes.

Après plus de 20 ans au sein de Thales Alenia Space, Emmanuel Kot vient de créer en 2026 sa start-up, Oterrix, hébergée au pôle Alpha à Sophia Antipolis — Photo : Olivia Oreggia

Qu’ils soient américains — pour la très grande majorité -, chinois ou européens, plus de 14 300 satellites actifs tournent actuellement en orbite au-dessus de nos têtes. Que leur mission soit commerciale ou exploratoire, ces satellites sont équipés de propulseurs qui leur permettent de rehausser leur orbite et de rester dans l’espace. Mais aussi pour éviter les débris, de plus en plus nombreux, ou encore pour les aider à redescendre une fois arrivés en fin de vie.

Des propulseurs électriques ou chimiques

C’est là que veut intervenir Oterrix, une start-up créée en mars 2026 à Sophia Antipolis par Emmanuel Kot. Ce dernier a passé 21 ans chez Thales Alenia Space en tant qu’ingénieur mécanique puis ingénieur propulsion. Le temps de voir "ce qui manquait dans le développement du spatial" et notamment dans ces systèmes de propulsion qui sont soit chimiques soit électriques. "L’électrique consomme beaucoup moins de carburant mais génère moins de poussé, résume-t-il. Les propulsions chimiques consomment plus mais, ça va beaucoup plus vite."

Avec la multiplication des satellites dans l’espace, les débris se multiplient eux aussi — Photo : ESA

Depuis l'avènement du New Space, les évolutions technologiques ont essentiellement porté sur la propulsion électrique. Emmanuel Kot, lui, a décidé de s'intéresser à la propulsion chimique.

Une technologie toxique et cancérogène

Si cette technologie reste très fiable, elle est coûteuse et "dépendante des quelques fabricants qui la maîtrisent, avec des délais d’approvisionnement très longs". Autre point noir : elle utilise des ergols (carburants) ultra-toxiques et cancérogènes, à l’image de l’hydrazine.

"Leur trouver une alternative n’est pas facile, analyse Emmanuel Kot. Il y a toujours des inconvénients : soit une baisse de la toxicité, soit des aspects sécurité et dangerosité. La solution technique que je propose est d’utiliser un carburant non toxique, qui ne génère aucun problème de sécurité au sol, de vraiment faire de l’écologie avec un ergol facile à manipuler. Ces technologies sont regardées par ArianeGroup et par d’autres start-up en Europe mais elles n’existent pas dans l’espace. Elles n’ont jamais volé."

Un outil industriel

Des barrières que le dirigeant entend abattre sans en dévoiler davantage, concurrence oblige. "Je sais que ça va fonctionner. La problématique est de faire fonctionner cette technologie dans l’espace avec le vide thermique, les hautes températures, les -70°, les +150°, l’absence de pesanteur, de gravité, les radiations… Il faut alors "spatialiser" la technologie." Mais aussi l’industrialiser.

Plus de 14 300 satellites actifs tournent actuellement en orbite autour de la Terre — Photo : Thales Alenia Space/Briot

Originaire de Franche-Comté, Emmanuel Kot a grandi "avant le déclin industriel", près des usines Peugeot, non loin d'Alstom, et confie avoir "toujours voulu entreprendre. Ce n'est pas forcément l'aspect dirigeant qui m'intéresse mais plutôt le fait de créer, d'innover, d'apporter quelque chose qui n'existe pas sur le marché. L'objectif, c'est de rendre service." Pour cela, son développement technologique passe par un outil industriel, avec des chaînes d'approvisionnement courtes, une usine la moins énergivore possible…

De la flexibilité face aux plus grands

Selon le fondateur d’Oterrix, le spatial a une caractéristique assez spécifique : "les aspects industriels sont très en retard sur tous les autres domaines. Les satellites sont faits à l’unité, il n’y a pas cette notion de série comme dans l’automobile. Il y a un vrai virage à faire." Une rupture qu’il compte réaliser grâce à la flexibilité et l’agilité propre à une start-up. "Typiquement, mon concurrent principal c’est Ariane Group. Même en avance sur la technologie, il va prendre du retard au moment de l’industrialisation car pour obtenir une modification de son outil industriel, ça va être très compliqué. Il faut investir et tout est trop verticalisé. En quelques années, je devrais être capable de les rattraper, je mise là-dessus."

"1 % du marché mondial"

Accompagné par l’incubateur Provence Côte d’Azur, soutenu par Bpifrance, la Bourse French Tech et ESA Bic, l’incubateur de l’Agence spatiale européenne (ESA), le pôle de compétitivité SAFE ou encore le programme Connect by CNES (Centre National des Études Spatiales), Oterrix vise un premier recrutement d’ici l’été et espère regrouper une équipe d’une vingtaine de personnes d’ici cinq ans. Entre-temps, il prévoit de livrer un démonstrateur, pour un premier vol, au CNES ou à l’ESA. S’il se refuse à communiquer une estimation de chiffre d’affaires, son objectif est d’adresser, "d’ici cinq ans, 1 % du marché mondial".

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