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Delair projette une levée de fonds de 15 millions d'euros en 2022

Par Philippe Kallenbrunn, le 03 septembre 2021

Focalisée sur le développement du drone à hydrogène pour la sécurité et l’industrie, l’entreprise Delair investit 1,3 million d’euros pour adapter son outil de production et dresse un plan de route ambitieux à l’horizon 2030.

Bastien Mancini, président de Delair, et son drone à hydrogène.
Bastien Mancini, président de Delair, et son drone à hydrogène. — Photo : DR

Un drone d’une forme peu commune, dressé sur quatre pattes, fait l’objet de toutes les attentions ces derniers jours dans les locaux de l’entreprise Delair à Labège (Haute-Garonne). Conçu spécialement pour assurer la sécurité du Charles-de-Gaulle, il entrera en phase de test sur le porte-avions la semaine prochaine. Il faut dire qu’on ne semble jamais être à court d’idées chez le spécialiste toulousain des drones professionnels de surveillance et d’inspection.

Devenu une référence du marché depuis sa création en 2011, grâce à ses deux modèles de drones électriques (UX-11 et DT 26), Delair voit désormais beaucoup plus grand. “D’ici 2030, nous voulons contribuer à la construction d’un leader européen des drones pour la sécurité et l’industrie”, explique son président Bastien Mancini. Le chiffre d’affaires visé ? 100 millions d’euros. Impressionnant pour cette entreprise d’une centaine de salariés dont le chiffre d’affaires s’élève à 10 millions d’euros aujourd’hui (données consolidées incluant son spin-off Alteia, spécialisée dans la data, et lancée fin 2020).

Voler loin et longtemps

Plus précisément, Delair veut créer des drones qui, selon son dirigeant, volent “loin et longtemps.” “Pour voler loin, nous aurons besoin de systèmes certifiés, précise-t-il. Pour voler longtemps, nous voulons mettre le paquet sur les drones à hydrogène. Non seulement ils volent trois fois plus longtemps mais ils présentent aussi l’avantage d’être extrêmement discrets et peu bruyants.” Bastien Mancini poursuit : “L’hydrogène est une technologie neuve. Nous ne la choisissons pas pour des raisons écologiques mais pour ses performances. Là où un hélicoptère de surveillance d’une tonne consomme 100 kg de kérosène à l’heure, un drone consomme 25 grammes d’hydrogène.”

Afin de mener à bien cet ambitieux projet, pour lequel Delair investit 1,3 million d’euros avec le soutien de France Relance, l’entreprise doit moderniser son outil de production et l’adapter au drone à hydrogène. À terme, il s’agit aussi d’obtenir les certifications nécessaires auprès des autorités compétentes, de manière à pouvoir être labellisé selon les normes aéronautiques. Autre enjeu : “baisser nos coûts et améliorer nos prix de vente”, indique Bastien Mancini. Pour accompagner ce développement, un recrutement de 20 à 30 collaborateurs pourrait intervenir d’ici deux à trois ans.

Ce n’est pas tout. La direction de Delair planche aussi sur une prochaine levée de fonds de 15 millions d’euros qui se concrétisera au plus tard en 2022. Bastien Mancini, nommé au mois de mai président de la nouvelle association du drone pour l’industrie française (Adif), observe enfin avec grand intérêt le projet de création du plus grand centre d’Europe de recherche, d’essai et d’innovation technologique sur l’hydrogène sur le site de Francazal en 2024. D’ici là, Delair va développer, en partenariat avec l’ISAE-Supaero, un drone à hydrogène liquide qui traversera l’Atlantique en suivant l’ancienne ligne de l’Aéropostale parcourue par Jean Mermoz, de Dakar (Sénégal) à Natal (Brésil).

Bastien Mancini, président de Delair, et son drone à hydrogène.
Bastien Mancini, président de Delair, et son drone à hydrogène. — Photo : DR

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