Montpellier

Santé

Careprod digitalise les salles d’opération grâce à la 5G

Par Anthony Rey, le 24 mai 2022

La société montpelliéraine Careprod investit pour industrialiser sa solution vidéo haut de gamme à destination des médecins et équipementiers médicaux. En forte croissance aux États-Unis, elle ambitionne de décliner son innovation brevetée pour diverses indications.

Careprod conçoit des kits audiovisuels haut de gamme pour surveiller à distance le déroulement d’une opération.
Careprod conçoit des kits audiovisuels haut de gamme pour surveiller à distance le déroulement d’une opération. — Photo : Careprod

L’arrivée de la 5G génère de nombreux sauts qualitatifs dans les pratiques professionnelles, jusque dans le secteur santé. Créée en 2013 à Montpellier, la société Careprod (20 salariés, CA 2021 : 2,5 M€) a conçu une solution audiovisuelle haut de gamme tirant pleinement parti de ce nouveau réseau : destinée aux médecins, aux praticiens hospitaliers et aux équipementiers médicaux, elle permet de surveiller à distance le déroulement d’une opération en bloc chirurgical. "Grâce à notre outil, l’opérateur bénéficie de l’expertise d’un spécialiste qui n’a pas besoin d’être présent physiquement. Les caméras se déplacent, le médecin surveille et commente le déroulé de l’opération en temps réel", décrit Loïc Lalet, cofondateur et directeur technique de Careprod.

Un extrême degré de précision

L’innovation créée et brevetée par Careprod va bien au-delà d’un simple Zoom calibré pour des chirurgiens. Les premiers utilisateurs sont les unités de soins neurovasculaires, où la gravité de certaines opérations impose d’utiliser un flux vidéo optimal. "Notre outil affiche un temps de latence d’à peine un quart de seconde. Pour arriver à ce niveau de qualité, nous avons dû construire notre propre architecture technologique. En nous connectant au réseau 5G, nous contournons les lourdeurs des systèmes informatiques internes aux hôpitaux. Notre solution est donc totalement autonome, d’autant plus qu’il n’est pas nécessaire d’envoyer un technicien sur place", poursuit Loïc Lalet.

En 2019, la première déclinaison de cet outil a été conçue en exclusivité pour l’équipementier américain Stryker, qui l’a déployée dans 15 pays dans le monde. Depuis, Careprod a signé d’autres clients américains (Abbott, GE HealthCare) ou européens (Philips, Orthosud), en concevant des kits adaptés à chacun d’eux. La société montpelliéraine, qui enregistre la plus forte traction sur le marché nord-américain, vient d’intégrer un programme d’accélération lancé par Business France pour croître plus vite sur place. Elle ouvrira ainsi un bureau américain en 2023.

Le défi du changement d’échelle

Après les pathologies neurovasculaires, Careprod a commencé à décliner son offre vers de nouvelles indications comme l’orthopédie, ou d’autres encore tenues secrètes. Elle vient même de nouer des contacts avec le service santé des armées françaises. En outre, l’entreprise a inclu des innovations au produit au fil des demandes. "Nous ne limitons plus le nombre de personnes qui peuvent regarder ou se connecter, tout en respectant la réglementation en vigueur aux États-Unis", décrit Loïc Lalet. Careprod planche aussi sur une évolution de cette offre, qui permettra de traiter les patients avant qu’ils arrivent aux urgences.

Pour gérer ces évolutions technologiques et commerciales, Careprod va investir 1 million d’euros sous peu. Elle va continuer à se renforcer en interne, alors qu’elle recrute déjà un nouveau salarié par mois. Elle prévoit également d’industrialiser sa solution, qu’elle fabrique en totalité (outre le logiciel, l’offre inclut des machines elles aussi conçues par Careprod). L’entreprise se dotera donc, en 2023, d’une nouvelle unité de fabrication, en projetant de porter ses volumes de 50 kits produits par an à 100 kits produits par mois. "Toutefois, notre ambition n’est pas d’en fabriquer des milliers. Nous souhaitons garder le contrôle du nombre de clients, car notre solution est pensée comme un outil haut de gamme, et doit le rester", conclut Loïc Lalet.

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