Bordeaux

Environnement

La start-up Mundao veut composter le textile sanitaire

Par Romain Béteille, le 21 janvier 2022

Créée il y a cinq ans par Stéphanie et Étienne Mazet, la start-up Mundao entre en phase d’expérimentation cette année. Son ambition : créer une filière de compostage industriel pour le textile sanitaire.

Stéphanie et Étienne Mazet ont fondé Mundao en 2015.
Stéphanie et Étienne Mazet ont fondé Mundao en 2015. — Photo : Mundao

Les créateurs

Stéphanie et Étienne Mazet, un couple de Bordelais, ont tous les deux été formés dans une école de commerce (Emlyon pour elle, Kedge pour lui). Leurs profils, technique dans le bâtiment d’un côté et marketing-commercial dans le vin de l’autre, se complètent pour créer Mundao. En se questionnant sur la fin de vie des couches pour enfants, ils se rendent compte qu’elles génèrent chaque année 750 000 tonnes de déchets enfouis ou incinérés en France. Leur constat s’effectue alors que la collecte séparée des biodéchets doit entrer en vigueur en Europe fin 2023. Le duo se met à l'ouvrage en 2015 et se lance dans la recherche et développement en s'entourant de multiples partenaires universitaires, industriels et techniques et d'une ingénieure pour développer de nouveaux matériaux servant à la fabrication d'une couche entièrement compostable.

Le concept

Dans un marché des couches écologiques déjà foisonnant, l’idée de Mundao est encore peu répandue, car la filière de compostage industriel n’existe pas. Jeune entreprise innovante hébergée dans l’espace de coworking La Ruche, elle adapte les composants de sa couche Popotine, son premier produit fabriqué dans les Vosges et destiné, dans un premier temps, à la vente en BtoB et au compostage via des structures comme les Détritivores, à Bordeaux. "Les billes absorbantes en polyacrylate de sodium ont été l’un des verrous technologiques à lever. Les nôtres sont entièrement d’origine végétale et issues de matériaux renouvelables", explique Stéphanie Mazet. Mundao a également imaginé une méthode de compostage industriel. "Le broyage de la couche est indispensable pour arriver à une matière compostable, il doit être réalisé en conditions contrôlées pour s’assurer de la montée en température et de l’hygiénisation", poursuit la dirigeante. Depuis le mois de janvier, la start-up mène une expérimentation d’un à trois mois auprès d’environ 80 crèches publiques et privées réparties entre Bordeaux, Libourne, Saint-André-de-Cubzac et Poitiers. Elle va distribuer 150 000 couches compostables (en 4 à 6 mois) et se servir des retours pour "faire des analyses du compost et montrer son innocuité et son éventuel intérêt agronomique".

Les perspectives

Commencés en Gironde, les tests de Popotine ont vocation à s’étendre "à d’autres territoires pour démontrer que la solution s'adapte à différentes structures de compostage". À la fin du premier trimestre 2022, la start-up recrutera d’ailleurs un commercial pour étendre son marché. Soutenue par l’Ademe et la région Nouvelle-Aquitaine, la jeune entreprise vient d’intégrer la pépinière du Village du Crédit Agricole à Bordeaux et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle constitue un pool de premiers clients pour engager la production industrielle d’un masque chirurgical de type 2 compostable, fabriqué dans la région, et réfléchit à se lancer dans la fabrication d’autres produits compostables comme des couches dédiées à l’incontinence, des blouses, surchaussures, charlottes ou serviettes hygiéniques.

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