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UWL investit trois fois son chiffre d’affaires pour devenir le Shapers Club
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UWL investit trois fois son chiffre d’affaires pour devenir le Shapers Club

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Fabricant de planches de surf depuis les années 1990, UWL monte en puissance grâce à des commandes issues du monde du luxe. L’entreprise va s’agrandir en 2024 dans un lieu innovant à Marennes. L’investissement de 4 millions d’euros, plus de trois fois son chiffre d’affaires, va lui permettre de changer d’échelle.

Thomas et Renaud Cardinal, dirigeants et respectivement graphiste et shaper de l’entreprise UWL qu’ils ont fondée au milieu des années 1990. Ici dans leur boutique d’Angoulins, près de La Rochelle — Photo : Anne-Lise Durif

Thomas Cardinal, cofondateur de UWL avec son frère Renaud, en 1996, l’assure : "ce qui nous a permis de développer l’entreprise, c’est le haut de gamme." Installée à Angoulins depuis 2001, la marque fabrique des planches sur-mesure et personnalisables pour tous types de surfeurs – les premiers prix démarrent autour de 650 €. La maison Dior ne s’y est pas trompée en commandant en 2020 un premier lot de 100 planches de luxe, avant de repasser une commande équivalente en 2021. "Dior avait connu nos produits parce qu’on avait fait une planche pour le rappeur Stensy", raconte Thomas Cardinal. D’autres marques de luxe ont suivi. Ce succès a permis à l'entreprise de franchir le cap du million d'euros de chiffre d'affaires en 2020, maintenu depuis (1,3 M€ annoncé pour 2023). Et lui a valu d'être représentée au salon du Made in France 2023.

L’offre de Dior est tombée à point. "En 2020, nous sommes passés du questionnement qu’est-ce qu’on va devenir ? avec tous les sports nautiques à l’arrêt durant les confinements, à quel positionnement commercial souhaitons-nous ? pour inscrire l’entreprise dans la durée", poursuit le dirigeant. Les fondateurs de UWL ont choisi de capitaliser sur cette aubaine. "Pour la première fois de notre existence, nous nous sommes demandé si nous étions juste fabricants de planches ou une vraie marque de surf, avec un écosystème autour de la production." Tripler la production Pour pérenniser UWL, les deux frères s’accordent sur la nécessité de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. "Les besoins, souvent ponctuels, et la temporalité de l’univers du luxe sont des choses que nous ne maîtrisons pas. En revanche, nous avons un savoir-faire reconnu et une clientèle familiale fidèle. Nous voulons garder ce lien", explique Thomas. Les deux frères misent sur une production répartie équitablement entre le monde du luxe et la vente aux particuliers, dont une partie est revendue dans une quinzaine de points de vente en France. Ils prennent surtout conscience que l’entreprise a besoin de changer d’échelle. "Depuis quelque temps nous ne démarchons plus puisque nous sommes au maximum de notre capacité de production", avec un millier de planches par an. UWL s’est fixé comme objectif de monter à 3000 annuelles pour répondre notamment à la demande du luxe, à partir de 2024. Pour ce faire, l’entreprise va déménager à Marennes au printemps prochain, dans un espace de 1 800 m2 en cours de construction depuis octobre.

Baptisé "Shapers club", le site comprendra un atelier qui double la surface de l’espace actuel ; avec un vaste magasin, un bar lieu d’expositions, un espace de coworking, une salle d’entraînement spécifique pour les surfeurs et un skatepark attenant. Les effectifs vont passer de 15 à 25 salariés à temps pleins, auxquels s’ajouteront cinq saisonniers, notamment pour le bar. Coût du projet : 4 millions dont 1,8 million de Bpifrance. L’enveloppe de 71 920 euros de la Région va permettre d’investir dans des machines de découpe, des imprimantes 3 D et une salle de peinture. Malgré ce changement d’échelle, les deux frères gardent la tête froide : "Nous tenons à rester une entreprise familiale avec une production artisanale".

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