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Interview Germitec : "Grâce aux 25 millions d’euros de la BEI, nous espérons attaquer le marché américain en 2024"

Entretien avec Vincent Gardès, directeur général de Germitec

Propos recueillis par Romain Béteille - 17 novembre 2023

La société bordelaise Germitec, qui développe et commercialise des systèmes de désinfection par UV-C pour les sondes d’échographie, vient d’obtenir un financement européen de 25 millions d’euros. Il devrait lui permettre de soutenir sa principale ambition : attaquer en 2024 le plus gros marché mondial du secteur, les États-Unis, explique Vincent Gardès, DG de Germitec.

Vincent Gardes, directeur général de la société bordelaise Germitec.
Vincent Gardes, directeur général de la société bordelaise Germitec. — Photo : Germitec

Après une importante levée de fonds en 2022 (11 M€), Germitec (45 salariés, 6,5 M€ de CA en 2022) vient d’obtenir un financement de 25 millions d’euros auprès de la Banque Européenne d’Investissement, via le programme InvestEU. Dans quelles circonstances a-t-il été décroché et que comptez-vous en faire ?

C’est essentiellement du prêt. Nous avons candidaté pour figurer parmi la trentaine de dossiers annuels. Le tout est non-dilutif. La gestation a pris neuf mois. Ils ont été sensibles au fait que nos dispositifs soient fabriqués par la société STAE (Sous-Traitants Associés de l’Électronique) en Île-de-France. InvestEU aide les entreprises qui veulent changer d’échelle et ont un projet de développement commercial ou technologique et une expansion géographique prévue, ce qui est notre cas. Au niveau européen, nous avons ouvert une filiale en Angleterre en 2022 et nous travaillons aussi en Allemagne et en Scandinavie. Le financement se fera par tranches. La première, de 6 millions d’euros, devrait arriver début 2024.

Si vous réalisez aujourd’hui un tiers de votre chiffre d’affaires en France et un autre tiers en Australie, votre objectif clé reste les États-Unis…

Nous espérons décrocher l’aval de la Food and Drug Administration début 2024. Le dossier nous a mobilisés toute cette année où nous avons effectué des tests microbiologiques démontrant que nos appareils fonctionnaient à leurs yeux comme un système de stérilisation. La commercialisation américaine devrait avoir lieu en 2024. Nous prévoyons de créer une filiale et de recruter une dizaine de personnes sur place. Nous devrions commercialiser nos produits nous-même dans un premier temps mais au vu de la taille du marché (80 % dans le secteur des sondes), il y aura sûrement des revendeurs ou distributeurs sur place. Les pays anglo-saxons ont été les premiers, il y a une douzaine d’années, à mettre en place des normes contraignantes pour obliger les établissements de santé à utiliser des dispositifs automatisés et traçables pour effectuer la désinfection des sondes en échographie, là où le reste du monde en est encore au stade des recommandations. Sans les États-Unis, le projet de Germitec manquerait d’épaisseur. Une fois l’agrément obtenu, il y aura d’ailleurs sûrement la possibilité de réfléchir à un nouveau financement, en equity ou avec de nouveaux investisseurs pour compléter le financement de la BEI.

Vous continuez d’investir pour améliorer vos produits. À quel rythme vont-ils évoluer ?

Nous allons accélérer nos investissements en R & D, qui passeront de deux millions d’euros en 2023 à trois millions l’an prochain. Nous souhaitons passer des néons classiques à l’éclairage LED, plus propre et économe en énergie. Nous réfléchissons en même temps à une miniaturisation de l’appareil, qui fait aujourd’hui la taille d’un minibar. Ces travaux devraient faire partie de la future génération de produits que nous espérons lancer d’ici deux ans.

Quelles sont vos ambitions sur le plan commercial ?

Commercialement, nous ambitionnons un chiffre d’affaires de dix millions d’euros en 2024. Nous pensons que notre chiffre d’affaires pourrait être multiplié par dix avec l’accès au marché américain, qui pourrait décoller en 2025 ou 2026.

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