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Filt 1860 tisse sa toile et s’agrandit

Par Isabelle Evrard, le 03 novembre 2023

Trois ans après l’ouverture de son usine à Mondeville, l’entreprise Filt 1860, dernier fabricant français de filets et de cordons, doit une nouvelle fois pousser les murs et s’agrandir. Avec pour objectif de diversifier ses marchés et d’accueillir un atelier de production.

Les dirigeants de Filt 1860 Jean-Philippe et Catherine Cousin doivent déjà pousser les murs de leur usine de Mondeville.
Les dirigeants de Filt 1860 Jean-Philippe et Catherine Cousin doivent déjà pousser les murs de leur usine de Mondeville. — Photo : Isabelle Evrard

Il est bien loin le temps où la petite entreprise de filets à provisions Filt était dissimulée dans le quartier de Venoix à l’ouest de Caen depuis les années 1900 ! Depuis 2019, l’entreprise normande a emménagé dans des locaux neufs de 2 300 m2 à Mondeville Sud : un investissement de près de deux millions d’euros. "Mais nous devons déjà pousser les murs. La structure actuelle était taillée pour 25 à 30 salariés et l’effectif atteint déjà près de quarante personnes. Et nous allons recruter entre cinq et dix personnes en 2024", reconnaît Jean-Philippe Cousin, président de l’entreprise qui prévoit d’investir 800 000 euros dans l’agrandissement de l’usine et près de 400 000 euros dans de nouveaux matériels. "Les travaux démarrent en novembre et nous disposerons de 1 100 m2 d’atelier supplémentaire." Mais l’entreprise, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 3,4 millions d’euros en 2022 (en légère croissance par rapport à 2021), a vu large. "Nous n’allons occuper que la moitié de l’espace construit pour nous donner de l’air et pouvoir nous étendre rapidement si besoin car les procédures administratives sont très longues." Par ailleurs, le nouveau bâtiment accueillera une antenne de la nouvelle école de production "Fil en Normandie" basé à Condé-en-Normandie (Calvados) pour former 10 à 15 élèves.

Se positionner sur le marché de l’emballage des fruits et légumes

En s’agrandissant, Filt 1860 souhaite diversifier ses activités (les filets à provisions représentent 50 % de son activité, l’automobile et le marché du transport 10 % à 15 %, les mèches à bougies 15 %) et cibler de nouveaux marchés, notamment celui de l’emballage des fruits et légumes. L’entreprise mise ainsi sur l’évolution de la loi AGEC (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire) qui impose que le conditionnement de fruits et légumes d’un poids en dessous d’1,5 kg soit réalisé dans un emballage biodégradable et compostable. "Un nouveau décret est en cours de rédaction. Si le marché évolue, il faudra que l’on soit opérationnel tout de suite car les premiers à se positionner sur ce secteur auront le marché. Nous avons la machine dédiée pour ce type de filets et nous avons procédé aux premiers tests. Le dossier est en suspens mais nous sommes prêts", assure le président.

L’entreprise espère également se développer sur le marché de la filtration dédiée aux stations d’épuration (5 à 6 % de son activité) : "Nous sommes présents sur ce marché depuis une quinzaine d’années mais c’est un secteur en constante amélioration avec les enjeux croissants sur la qualité de l’eau. Nous avons commencé à réfléchir sur le traitement des eaux pluviales pour filtrer les déchets et empêcher qu’ils ne se retrouvent dans les rivières ou en mer, mais il nous faut trouver un partenaire en génie civil" avance Jean-Philippe Cousin.

Développer l’export

L’entreprise mise aussi sur le développement à l’international (35 % du chiffre d’affaires) : "Dans cet objectif, nous avons retravaillé tous nos emballages. Terminé le plastique : tout est passé en carton et nos cinq formats se présentent avec notre marque, un fourreau et un gousset en papier imprimé à Caen dans la langue du pays de nos clients. Ce qui nous a permis d’optimiser les flux et les coûts pour développer l’export" explique Catherine Cousin, directrice exécutive de l’entreprise. Si le marché asiatique, et notamment japonais, redémarre doucement, l’entreprise vient de dénicher un distributeur pour vendre ses produits en Corée du Sud et envisage de monter une filiale aux États-Unis" pour avoir une bonne maîtrise du marché américain".

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