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Technologies

Portrait Michel Perrinet (Octave) : un entrepreneur épris de liberté

Par Olivier Hamard, le 17 février 2020

Cofondateur de la société Octave, qui édite un logiciel de gestion pour le e-commerce, Michel Perrinet mène de front le pilotage de l'entreprise angevine, de ses 100 collaborateurs et la présidence de la coopérative Angers French Tech. Deux engagements complémentaires avec une même vision humaniste de l’entreprise et de la société en général.

Michel Perrinet, PDG d'Octave à Angers
Dirigeant de la société angevine Octave, Michel Perrinet est également président de la coopérative Angers French Tech, qui compte une centaine d'adhérents. — Photo : Olivier Hamard – Le Journal des Entreprises

Sur les murs d’Octave, des tableaux affichent les mots « bienveillance », « confiance » ou encore « audace ». On pourrait y ajouter « discrétion », un peu à l’image de son dirigeant Michel Perrinet. Car s’il est aujourd’hui présent dans les réseaux, engagé au Medef local, dans l’agence de développement angevine et surtout président d’Angers French Tech, il s’est longtemps tenu éloigné des réseaux pour développer Octave, une entreprise née en 1996 alors qu’il n’était encore qu’étudiant. « Avec mon frère Christophe, nous avons créé à Segré une activité d’assemblage d’ordinateur, qui nous a permis de développer en parallèle un logiciel de facturation pour les artisans, puis pour des PME et des librairies », raconte-t-il. Un logiciel auquel il fallait un nom, plutôt sympa, sonnant comme un compagnon de travail. Ce sera Octave. « À la hotline, quand un technicien a dit : « Tatave a encore fait des conneries ! », on a su que les gens se l’étaient approprié et que c’était le bon. Puis il est devenu celui de l’entreprise ».

+15 % de croissance en 2019

Octave arrive à Angers avec trois personnes au début des années 2000. De dix collaborateurs il y a dix ans, l’entreprise est passée à une centaine aujourd’hui, 23 de plus rien qu’en 2019. 5,8 M€ de chiffre d'affaires l’an passé, soit une croissance de +15 % que son dirigeant envisage de +20 % cette année. « Depuis 1996, chaque étape a été importante dans la construction d’Octave, confie Michel Perrinet. Le basculement de l’assemblage vers la conception de logiciel puis, en 2004, le premier développement pour des clients libraires, avec un site d’e-commerce intégré dans un système de gestion. »

Arrivée au début des années 2000 à Angers, avec 3 personnes, la société Octave emploie une centaine de collaborateurs.
Arrivée au début des années 2000 à Angers, avec 3 personnes, la société Octave emploie une centaine de collaborateurs. - Photo : Olivier Hamard JDE

En 2008, l’entreprise lance des abonnements pour ses clients, et ce que ses concurrents font par assemblage de briques, Octave le fait avec un produit unique. « C’était un pari majeur qui nous a différenciés sur le marché : une solution toute intégrée que nous hébergeons nous-même, avec un site d’e-commerce, la gestion des stocks, la vente, la caisse enregistreuse… Le client se concentre uniquement sur son métier de commerçant. »

Aider les collaborateurs à grandir

Aujourd’hui, Octave travaille pour des réseaux de magasins qui comptent de 20 à 250 points de vente, et séduit des acteurs de plus en plus conséquents : « Nous commençons à toucher des marques plus connues du grand public, se réjouit Michel Perrinet. Et pour répondre à cela, il faut être extrêmement agile. » Les moyens de cette agilité, le dirigeant dit les avoir trouvés dans le concept d’entreprise libérée. « Cela permet de s’adapter sans lourdeur, assure-t-il. J’ai une posture de leader nourricier qui indique la direction sans dire ce qu’il faut faire, mais qui aide les collaborateurs à grandir en laissant la place à des leaders spontanés. Je ne sais pas quelle taille nous atteindrons, mais quelle qu’elle soit, il ne faut pas que le cadre soit oppressant. »

Avec un modèle économique solide, basé sur des abonnements mensuels de ses clients, leur montée en puissance commerciale et de nouveaux marchés conquis grâce à la R & D, à laquelle Octave consacre 20 % de son chiffre d'affaires, l’entreprise poursuit sa croissance : « A tous les étages, nous sommes en accélération, assure Michel Perrinet, et on est en pleine phase de décollage. Le pari entrepreneurial, c’est tout le temps, ce n’est pas qu’au départ ! »


Angers French Tech, « le renard de tous »

Angers French Tech s'est installé sur un plateau de 1 000 mètres carrés, au troisième étage du siège du Crédit Mutuel Anjou
Angers French Tech s'est installé sur un plateau de 1 000 mètres carrés, au troisième étage du siège du Crédit Mutuel Anjou - Photo : Crédit Mutuel Anjou

C’est dans ce même esprit de pari permanent que le dirigeant d’Octave a pris en 2015 les rênes du label Angers French Tech, devenu coopérative d’une centaine d’associés, et le renard rouge, son emblème, ne quitte jamais le revers de sa veste : « Ce renard, c’est le renard de tous ! affirme-t-il. L’idée, c’est de recentrer la technique vers un monde meilleur, en embarquant tout l’écosystème. Depuis l’obtention du label, on a acculturé le territoire aux usages de l’objet connecté, on a redonné une perspective, pour construire l’avenir en s’appuyant sur l’histoire électronique locale. Elle a été douloureuse mais ce qui fait la valeur des hommes, ce sont leurs cicatrices et ce qu’ils en ont appris. »

Catholique pratiquant, Michel Perrinet est également engagé dans les activités d’une paroisse à Angers. Sans doute là aussi pour le dirigeant une autre manière d’apporter sa pierre à un monde meilleur. Un monde dans lequel Octave a fait sa place, sans concession. Depuis les débuts de l’aventure, avec son frère, ils ont conservé l’entièreté des parts de l’entreprise : le prix de la liberté, selon lui : « Cela caractérise un peu ce que je suis. Depuis 1996, ces 23 années ont été des années de liberté et d’indépendance pleinement assumées, pour arriver à l’entreprise que je veux faire, dans un monde tel que j’aimerais qu’il soit. »

Michel Perrinet, PDG d'Octave à Angers
Dirigeant de la société angevine Octave, Michel Perrinet est également président de la coopérative Angers French Tech, qui compte une centaine d'adhérents. — Photo : Olivier Hamard – Le Journal des Entreprises

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