Mayenne

Énergie

La Mayenne compte alimenter l’ensemble de ses foyers en gaz vert en 2030

Par Rémi Hagel, le 24 janvier 2023

Le syndicat intercommunal d’énergie Territoire d’énergie Mayenne et GRDF poursuivent leurs efforts pour développer le biogaz. Celui-ci pourrait alimenter tous les foyers mayennais en 2030 et l’ensemble du département, particuliers comme industriels, avant 2050. Deux nouvelles unités de méthanisation vont voir le jour en 2023.

Les sites de méthanisation se multiplient en Mayenne, à l’instar de MéthaMaine à Meslay-du-Maine.
Les sites de méthanisation se multiplient en Mayenne, à l’instar de MéthaMaine à Meslay-du-Maine. — Photo : © Franck Dunouau

La Mayenne peut atteindre l’autonomie en biométhane et gaz vert pour ses consommations résidentielles en 2030 et une autonomie totale en 2050. Telle est l’ambition affirmée par Territoire d’énergie Mayenne (TEM) et GRDF. Le premier est le syndicat représentant l’ensemble des communes du département, propriétaire des réseaux d’énergie, le second est en charge de la construction et de l’exploitation des réseaux.

Liés par un contrat de concession de trente ans, ils annoncent mettre en place conjointement une planification énergétique pour favoriser la production de biogaz.

Pour y arriver, ils comptent sur l’injection dans le réseau de biométhane produit par les différentes unités de méthanisation du territoire, portées par des groupes d’agriculteurs ou des sociétés privées. TEM apporte sa participation à certains projets (par exemple, Méthamaine à Meslay-du-Maine).

La Mayenne compte cinq sites de méthanisation avec injection de biogaz dans le réseau, dont deux ont démarré leur activité en 2022, à Méral et à Courcité. Ces cinq sites produisent l’équivalent de la consommation en gaz de 6 000 logements, soit 7,5 % de la consommation du département. Il faudra donc compter sur le déploiement d’autres projets pour atteindre l’objectif fixé. Déjà, deux autres sites vont entrer en fonctionnement en 2023 : CS Biogaz à Congrier, pouvant alimenter 1 200 logements, et Oudon Biogaz à Livré-la-Touche, pouvant alimenter à lui seul 6 000 foyers.

La Mayenne, future exportatrice nette

Il reste un long chemin à parcourir, mais du fait de la forte densité d’élevages du territoire, le potentiel de gisement méthanisable du département est important : 1,8 TWh. La consommation des Mayennais est de 1,2 TWh. Aussi, "il est possible que la Mayenne soit exportatrice nette de gaz avant 2050", prédit Quentin de Brémond d’Ars, directeur territorial GRDF Anjou-Sarthe-Mayenne.

Pour justifier leur ambition, ces acteurs s’appuient sur le constat que la production de gaz vert s’accélère. "Nous assistons à un changement de paradigme. Avant, pour créer un raccordement, nous regardions la consommation de gaz. Aujourd’hui, le réseau sert à aller chercher la production", décrit le président de TEM, Richard Chamaret. En 2022, près de 35 km de nouveaux réseaux ont été réalisés par GRDF, pour 6 millions d’euros de travaux, quand la moyenne était auparavant de 5 km par an. Pour atteindre l’autonomie en gaz, l’objectif est de créer près de 200 km de réseau, le réseau départemental actuel étant de 950 km. Pour cela, "un investissement public local de 13 à 15 millions d’euros dans les 5 à 10 ans est nécessaire", indique TEM. Cela permettra en outre de concrétiser des projets de méthanisation, de déployer des infrastructures pour desservir de nouvelles communes (seules 32 sont raccordées au réseau de gaz) et de développer les usages, grâce à des stations d’avitaillement en bioGNV (trois existent à ce jour).

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