Sarthe

Luxe

Cinq entreprises de maroquinerie de luxe signent un Pacte pour recruter

Par Rémi Hagel, le 05 décembre 2022

Pour répondre aux besoins de recrutement, cinq entreprises sarthoises de maroquinerie de luxe ont signé un Plan d’action commun territorial d’engagement (PACTE) avec les principaux acteurs institutionnels de l’emploi.

Le secteur de la maroquinerie prévoit un besoin de 800 à 1 200 recrutements en Sarthe d’ici 3 à 5 ans.
Le secteur de la maroquinerie prévoit un besoin de 800 à 1 200 recrutements en Sarthe d’ici 3 à 5 ans. — Photo : Groupe Tolomei

Depuis dix ans, le secteur de la mode crée 1 000 à 1 200 emplois par an dans la région. "Cela va durer", assure Laurent Vandenbor le délégué général de Mode Grand Ouest (groupement d’entreprises de la filière textile-mode-cuir). De fait, la projection des entreprises sarthoises de maroquinerie fait état d’un besoin de 800 à 1 200 recrutements dans les 3 à 5 ans à venir. Les entreprises peinent à recruter. "Aujourd’hui, environ 50 élèves sont diplômés de BTS spécialisé chaque année. C’est insuffisant. Tout est à réinventer", estime Paul Martin-Lalande, dirigeant de Brûlon Maroquinerie (140 salariés début 2022, CA non connu). Comme quatre confrères sarthois, il a signé le 29 novembre 2022 à Brûlon, un Plan d’action commun territorial d’engagement (PACTE). Les autres entreprises concernées sont Noras, du groupe Aldemari (4,39 M€ de CA, 140 salariés fin 2021, Maigné et Villaines-sous-Malicorne) ; ainsi que trois entreprises du groupe Tolomei : Epidaure 72 (Connerré et Coulaines, 7,72 M€ de CA en 2021, 245 personnes) ; L’Atelier 72 (Thorigné-sur-Dué, 25,5 M€ de CA en 2021, 250 personnes) ; et L’Atelier du maroquinier (La Chartre-sur-le-Loir, 6,3 M€ de CA en 2021, 160 personnes). Ce plan a trois objectifs : améliorer l’attractivité des métiers de la filière ; renforcer l’adaptation des compétences des futurs salariés par la formation ; et mobiliser les partenaires du territoire et les outils. La cohorte des acteurs signataires est large : l’État, le Conseil régional des Pays de la Loire, le Rectorat, le Conseil départemental de la Sarthe, Pôle emploi et la Mission locale.

Dans les Pays de la Loire pour la maroquinerie, deux territoires connaissent plus de difficultés pour recruter : la région de Challans (Vendée) et la Sarthe. "Il nous faut rattraper un certain retard en Sarthe, pour la formation", estime Laurent Vandenbor. De fait, les acteurs se prennent en main.

Une nouvelle formation dédiée

Le Pacte a été signé à Brûlon le 29 novembre. Il réunit la plupart des acteurs institutionnels aux côtés des entreprises.
Le Pacte a été signé à Brûlon le 29 novembre. Il réunit la plupart des acteurs institutionnels aux côtés des entreprises. - Photo : Rémi Hagel

Le Pacte apporte une première satisfaction aux entreprises : celle d’avoir été entendues par les pouvoirs publics et de ne plus avancer seules. Cela se traduit par une volonté de coordonner les efforts pour permettre ces recrutements. Les partenaires activeront des outils existants. Chacun apporte sa pierre à l’édifice : les entreprises s’engagent à permettre des visites pour des professionnels de l’accompagnement ou des scolaires, à accueillir des stagiaires. La Région met à disposition sa plateforme Nosemplois.fr et fait la promotion de la filière. Pôle emploi met en place des formations de type POEC, Préparation opérationnelle à l’emploi collective.

Cette mobilisation se voit renforcée par la création d’une Formation complémentaire d’initiative locale (FCIL) au lycée Sainte-Catherine du Mans. Cette formation de courte durée par alternance (de 3 mois à 1 an), mise en place par le Rectorat, vise une insertion professionnelle directe.

Pour ce Pacte, des indicateurs ont été définis afin de mesurer l’efficacité des actions déployées : un outil de mesure, garant de coordination et d’une action pérenne. André Martin, vice-président du Conseil régional, espère cette expérience pourra être prolongée "au-delà des frontières sarthoises. Pourquoi pas en Maine-et-Loire… ?"

Dans le secteur Mode et Luxe, la branche maroquinerie représente près d’une centaine d’établissements dans la région, avec environ 5 300 salariés. Près de 14 % d’entre eux se trouvent en Sarthe.

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