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Interview Zoo d'Amnéville : "Malgré la crise, continuons à investir"

Par Lucas Valdenaire, le 06 mai 2021

Après sept mois de fermeture, le zoo d’Amnéville s’apprête à rouvrir ses portes le 19 mai prochain avec à sa tête une nouvelle présidente : Albane Pillaire. L’ancienne directrice générale de Strasbourg Événements, filiale de GL Events, a été nommée le 15 avril dernier et détaille ses ambitions pour l’avenir du deuxième parc animalier de France comptant plus de 2 000 animaux.

La nouvelle présidente du zoo d'Amnéville Albane Pillaire a pris ses fonctions le 19 avril 2021, un mois avant la réouverture annoncée du parc animalier.
La nouvelle présidente du zoo d'Amnéville Albane Pillaire a pris ses fonctions le 19 avril 2021, un mois avant la réouverture annoncée du parc animalier. — Photo : DR

Vous prenez la suite d’Anne Yannic qui a passé moins d’un an à la présidence du Zoo d’Amnéville. Selon la communication du parc animalier, "sa mission temporaire de structuration des équipes" est terminée. Quels sont les changements à mettre au crédit de votre prédécesseure ?

Albane Pillaire : Le monde du tourisme et des loisirs évolue et certains métiers doivent prendre plus de poids dans l’organisation de l’entreprise. C’est pourquoi, avec l’arrivée du nouveau propriétaire (le fonds d’investissement Prudentia Capital, arrivé en janvier 2020, NDLR), les équipes ont été renforcées avec une nouvelle directrice commerciale et de la communication. Un nouveau directeur financier est également arrivé. L’idée est d’avoir un comité de direction qui emmène et qui transforme l’entreprise dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Nous ne pouvons pas nous contenter de notre aura et de notre marque. La concurrence est partout.

La restructuration des équipes va-t-elle se poursuivre ?

Albane Pillaire : Il y a encore des sujets sur la table, comme le numérique. Nous allons devoir muscler notre jeu dans ce domaine pour moderniser nos outils et l’animation de la communauté sur un système d’information au sens large. Nous allons travailler également sur un autre enjeu d’envergure, celui de la sécurité. Nous devons compléter notre maillage au sein du parc pour assurer la meilleure protection à nos employés, à nos visiteurs et à nos animaux face aux attentats et aux menaces sanitaires.

Avec la réouverture du parc annoncée pour le 19 mai, avez-vous besoin de renforts ?

Albane Pillaire : Nous comptons une centaine de salariés au sein du zoo mais avec la saison qui reprend, nous allons monter à 160 ou 170. Nous sommes partis sur une cinquantaine de postes saisonniers et certains sont encore ouverts, notamment pour la sécurité et l’entretien des espaces verts.

Le zoo est resté fermé pendant près de sept mois. Quelles sont les répercussions pour ses finances ?

Albane Pillaire : Le parc est fermé au public depuis la fin du mois d’octobre, mais à l’intérieur, l’activité n’a jamais cessé. Les soigneurs, les vétérinaires, les éthologues sont toujours là et les animaux continuent à être soignés et nourris. En face, vous n’avez aucune rentrée d’argent. Une fermeture administrative, ça veut dire zéro entrée. D’autant que nous restons habituellement ouverts au public toute l’année. C’est pourquoi les annonces de réouvertures et de cette date du 19 mai nous ont fait beaucoup de bien.

Combien de visiteurs avez-vous perdus en 2020 ?

Albane Pillaire : La fréquentation du zoo a été divisée par deux. Avant la crise, nous comptions environ 350 000 visiteurs par an. Mais en 2020, les quelques mois d’ouverture n’ont permis d’attirer que 180 000 personnes.

La crise a-t-elle retardé ou annulé d’éventuels investissements ?

Albane Pillaire : L’actionnaire Prudentia est arrivé au début de l’année 2020 avec des ambitions fortes et il ne les a pas abandonnées malgré le contexte sanitaire. Il a systématiquement aidé le zoo à obtenir les aides de l’État et remis en trésorerie quand il le fallait. Il avait même la volonté de nous pousser à investir quand nous, nous regardions la fin du mois. Son message est clair : oui la crise est là mais le parc n’en ressortira pas amoindri alors continuons à investir. C’est ce que nous faisons depuis le deuxième confinement.

C’est-à-dire ?

Albane Pillaire : Le chantier que nous avons entamé est orienté vers la pédagogie. Deux nouvelles installations sont arrivées : une passerelle en bois permettant d’accéder à hauteur des girafes pour les nourrir et une nouvelle volière pour les conures (petites perruches, NDLR). Nous avons également installé une nouvelle aire de jeu à destination des plus petits et de leurs parents.

Qu’en est-il de la salle de spectacles de près de 2 000 places ?

Albane Pillaire : Elle a été totalement repensée pour y accueillir une belle surprise mais je ne peux pas vous en dire plus. Elle est encore en production. Elle sera lancée avant l’été.

"Nous souhaitons retrouver les niveaux de fréquentation de ces dernières années autour de 500 000 visiteurs par an."

Avez-vous des perspectives sur le nombre de visiteurs attendus pour cette saison 2021 ?

Albane Pillaire : Nous restons humbles par rapport aux capacités de projection. Mais nous avons quelques bons indicateurs via des sondages auprès de notre communauté sur les réseaux sociaux ? En tout cas, nous avons bon espoir d’avoir un démarrage de saison plus rapide que l’an dernier. Nous avons aussi beaucoup d’appels d’écoles. Comme les consignes sanitaires sont favorables aux sorties scolaires, nous allons pouvoir les retrouver avant l’été.

La grille tarifaire sera-t-elle modifiée ?

Albane Pillaire : Nous allons rester en deçà des tarifs historiques tout en proposant une offre complète au sein du zoo, contrairement à l’an dernier où certaines activités sont restées fermées. Par exemple, lundi dernier, nous avons eu l’autorisation d’ouvrir le vivarium. Nous allons donc pouvoir rouvrir toutes les activités et spectacles du zoo, à des tarifs inférieurs. Bien sûr, avec un protocole sanitaire complet que nous sommes en train de réactiver : distanciation, marquage au sol, terrasses pour tous les points de ventes et gel hydroalcoolique.

Quelles sont vos ambitions pour le zoo d’Amnéville à moyen terme ?

Albane Pillaire : Nous souhaitons retrouver les niveaux de fréquentation de ces dernières années autour de 500 000 visiteurs par an. Nous voulons également augmenter la fréquentation de nos frontaliers (les Allemands, Belges et Luxembourgeois représentent 20 % des visiteurs aujourd’hui, NDLR). Et nous prévoyons de renouveler l’expérience au sein du parc animalier en retravaillant la signalétique et l’expérience du visiteur à l’intérieur des dix univers du zoo. Car on est vite perdus au milieu de ce grand parc et de toutes les activités proposées. Notre objectif est de rendre la visite encore plus immersive. Enfin, je suis convaincu que l’entreprise ne peut pas travailler seule dans son coin. Il y a beaucoup de travail à faire avec la SPL Amnéville et les collectivités locales. Il faut plus de synergies.

Notamment avec le nouveau propriétaire du Pôle thermal ?

Albane Pillaire : C’est ce sur quoi je suis en train de travailler en me présentant à tous ces nouveaux acteurs. Effectivement, il y a beaucoup de changement en ce moment à l’échelle du territoire. C’est l’opportunité de construire de nouvelles offres pour de nouveaux publics et c’est un très bon signe pour la zone d’Amnéville.

La nouvelle présidente du zoo d'Amnéville Albane Pillaire a pris ses fonctions le 19 avril 2021, un mois avant la réouverture annoncée du parc animalier.
La nouvelle présidente du zoo d'Amnéville Albane Pillaire a pris ses fonctions le 19 avril 2021, un mois avant la réouverture annoncée du parc animalier. — Photo : DR

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