Metz

Agroalimentaire

La Maison Maître Boulanger investit un million d'euros dans une unité de production

Par Jean-François Michel, le 27 janvier 2021

Son projet visant à créer une unité de production de mélanges pour pâtes boulangères n’a pas emporté l’adhésion des banques. Mais Gary Ter Braak, le président de la Maison Maître Boulanger, à Metz, va aller au bout sur ses fonds propres. Et créer douze emplois.

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Installé dans un bâtiment de 1 200 m², Gary Ter Braak va installer deux mélangeurs et une unité de conditionnement sur fonds propres. — Photo : © Jean-François Michel

« Je ne perds pas d’argent, j’investis. Il faut que les banques comprennent qu’avant de commencer à gagner de l’argent, il faut investir. » Gary Ter Braak, le président de la société Maison Maître Boulanger, ne cherche pas à masquer son agacement face aux refus de financer son projet, essuyés dans quatre établissements bancaires. Mais financement bancaire ou pas, le président de la Maison Maître Boulanger va rassembler le million d’euros nécessaire à la création d’une nouvelle ligne de production composée de deux mélangeurs et d’une unité de conditionnement : « Les machines arrivent mi-mars », assure Gary Ter Braak.

Créée en 2017, la Maison Maître Boulanger, installée à Metz, s’est lancée sur une niche de marché occupée par de grands acteurs de la boulangerie industrielle : les pâtes à crêpe, gaufres ou pancake toutes faites, dans lesquelles il suffit de rajouter de l’eau à la préparation. « Nous avons commencé par vendre sur des foires », rappelle Gary Ter Braak, avant de se tourner vers la GMS, les grossistes en boulangerie et les grossistes alimentaires pour professionnels. La société compte aujourd’hui 225 recettes et est référencée par des enseignes comme Carrefour ou Leclerc.

Une douzaine d’emplois à créer

Le modèle économique imaginé par le président de la Maison Maître Boulanger consiste à acheter les ingrédients, comme la farine, le sucre, le lait ou encore les œufs, produits pour l’essentiel en France, avant de les envoyer sous forme de poudre aux Pays-Bas, où le mélange est réalisé. « Je n’ai trouvé personne en France pour le faire », explique Gary Ter Braak. « Aujourd’hui, la GMS demande du "Made In France" et nos ingrédients le sont déjà. C’est pourquoi en 2020, j’ai pris la décision de créer une unité de production pour réaliser les mélanges ici, à Metz. C’était une étape à franchir. » Une étape qui va nécessiter un investissement de près d’un million d’euros, l’essentiel du montant étant injecté dans deux mélangeurs de 3 500 litres. Une fois en production, la ligne affichera une capacité de 6 000 tonnes par an, et va nécessiter l’embauche d’une douzaine de personnes.

Pour faire avancer son projet, le président de la Maison Maître Boulanger décroche 110 000 € de subvention de la Région Grand Est, obtient un accord de Bpifrance pour garantir 40 % de l’emprunt, mais se heurte aux refus de sa propre banque puis de trois autres de lui accorder un prêt de 650 000 €. « On me dit que je n’ai pas fait de chiffre en 2020. Mais j’ai déjà investi 500 000 € dans ce projet, et l’activité décolle », assure Gary Ter Braak. Sur l’exercice 2020, la Maison Maître Boulanger affiche 30 000 € de chiffre d’affaires, mais a déjà bouclé le premier mois de l’année sur 60 000 € : « Sur l’ensemble de l’année, j’ai des commandes pour un montant de 2,5 à 3 millions d’euros. Nous serons à l’équilibre dès le mois de juillet », assure le président de la Maison Maître Boulanger, qui est résolu à investir sur fonds propres.

Contrôlée à 51 % par la holding de Gary Ter Braak et à 49 % par des capitaux néerlandais, la société s’appuie « sur un an de trésorerie », assure le dirigeant. « Mais ce refus de prêt va tout de même nous affaiblir. » À l’heure où le gouvernement prône la relance industrielle et les relocalisations, Gary Ter Braak ne comprend pas l’aversion au risque des banques : « 90 % de garanties, je ne peux pas les trouver. Mais je veux avancer ».

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Installé dans un bâtiment de 1 200 m², Gary Ter Braak va installer deux mélangeurs et une unité de conditionnement sur fonds propres. — Photo : © Jean-François Michel

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