Production et distribution d'énergie

Transition énergétique

Dans l’Est, Dalkia mise sur une marque employeur pour faciliter les recrutements

Par Jean-François Michel, le 16 octobre 2023

Confronté à une hausse importante de son activité dans le Grand Est, le fournisseur de services énergétiques Dalkia fait évoluer sa manière de recruter pour attirer les jeunes générations. Une évolution rendue nécessaire face à l’accélération des chantiers liés à la transition énergétique.

Benoît Dujardin est le directeur de Dalkia en région Est.
Benoît Dujardin est le directeur de Dalkia en région Est. — Photo : Jean-François Michel

Le constat fait sourire Benoît Dujardin, le directeur de Dalkia (CA : 6,7 Md€ ; 20 000 salariés) pour l’Est de la France : "Notre métier, les services énergétiques, est devenu essentiel parce qu’il accompagne la transition énergétique. Comment consommer moins ? Comment décarboner ? Nous faisons tout cela depuis longtemps, mais aujourd’hui il y a des lois qui vont l’imposer". Dans les chiffres de la direction régionale basée à Pulnoy, à côté de Nancy, que pilote Benoît Dujardin, l’accélération de l’activité de la filiale d’EDF dédiée aux services énergétiques est sensible.

Sur l’Est de la France, Dalkia pèse environ 500 millions d’euros de chiffre d’affaires et investit tous les ans entre 35 et 40 millions d’euros dans des travaux. "Pour l’année prochaine, nous avons déjà des projets signés qui vont nécessiter d’engager 80 millions d’euros de travaux", précise le directeur de Dalkia Est, qui décrit un véritable "engouement pour les réseaux de chaleur" dans les collectivités. "Pour nous, l’enjeu est de leur garantir un prix plus stable avec les énergies renouvelables qu’avec les énergies fossiles". Autre sujet de développement pour la filiale d’EDF, la décarbonation de l’industrie.

Des métiers "pleins d’avenir"

Mais cette demande croissante peut poser des problèmes : en 2022, Benoît Dujardin a été contraint de ne pas répondre à certains marchés, malgré les demandes des clients. "C’était la première fois. Je ne pouvais pas répondre parce que je n’arrivais pas à recruter", se désole Benoît Dujardin. Pour disposer de la main-d’œuvre nécessaire, le directeur de Dalkia Est recrute chaque année entre 100 et 120 salariés. "Cette année, nous serons plutôt sur 150 recrutements", détaille Benoît Dujardin, qui s’appuie sur un effectif de 1 040 personnes dans la région Est.

Pour faciliter les recrutements, Dalkia a décidé de déployer une stratégie liée à une marque employeur. Lancée autour d’un slogan, "Fort en impact, faible en empreinte", cette nouvelle stratégie vise à faire évoluer l’image de l’entreprise d’abord chez les jeunes générations. "L’enjeu est de capter des jeunes motivés et de leur dire que les métiers techniques sont de beaux métiers, pleins d’avenir", résume Benoît Dujardin.

Lancée à l’échelle nationale, une campagne de notoriété centrée sur les réseaux sociaux et certaines chaînes de télévision doit permettre de guider les plus curieux vers une plateforme recensant les stages et les emplois proposés par Dalkia. Localement, les équipes de Dalkia se sont adressées au Rectorat de l’académie de Nancy-Metz pour leur proposer de venir présenter les métiers techniques liés à la transition énergétiques dans les écoles le souhaitant. "Nous proposons cela d’abord à des écoles reliées au chauffage urbain", précise Benoît Dujardin. "Car il sera facile d’organiser une visite des installations."

Donner à voir les collaborateurs de Dalkia

En parallèle de cette sensibilisation dès le plus jeune âge aux métiers techniques, la stratégie veut aussi permettre d’attirer grâce à une offre de stages et à l’alternance. "Les stages permettent de découvrir des métiers qui ne sont pas visibles", pointe le directeur de Dalkia Est. Au niveau de l’alternance, le discours déployé par Dalkia se veut plus concret : "Les jeunes ont alors des attentes vis-à-vis de l’entreprise", souligne Emmanuel Tami, directeur de la communication de Dalkia en région Est. "En plus de leur donner une vision positive de leur avenir, nous avons voulu leur montrer qui sont les collaborateurs de Dalkia, avec des vidéos."

Localement, l’envie des salariés de Dalkia de lever le voile sur leurs métiers n’est pas feinte : "Nous pouvons mobiliser 200 tuteurs dans notre effectif", précise Benoît Dujardin. "Ce sont des salariés qui vont accompagner nos alternants sur la partie technique mais aussi sur la partie théorique, en s’assurant que le travail est bien fait."

Parmi les postes ouverts actuellement chez Dalkia, le groupe recherche des techniciens d’exploitation, des frigoristes ou encore des techniciens de maintenance, mais aussi des postes de cadres ingénieurs. "Nancy est une belle place pour recruter des ingénieurs. Par contre, pour les profils de techniciens, cela devient très compliqué quand on se rapproche du Luxembourg", souligne Benoît Dujardin, en concurrence comme tous les employeurs lorrains avec l’irrésistible attractivité du Luxembourg.

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