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Énergie

Lhyfe donne vie à son usine d'hydrogène vert en Vendée et lève 50 millions d'euros

Par Cyril Raineau, le 30 septembre 2021

L’usine vendéenne de l’entreprise nantaise Lhyfe produit 300 kg d’hydrogène vert par jour. Le rythme passera à une tonne l’an prochain, a dévoilé lors de son inauguration, jeudi 30 septembre à Bouin, son fondateur Matthieu Guesné. Cette première unité "unique au monde" selon la jeune entreprise, préfigure une série d’autres projets qui devraient suivre en Europe. Elle vient de lever 50 millions d’euros pour se développer.

L’usine de Lhyfe en Vendée, inaugurée jeudi 30 septembre, produit ses premiers kilos d’hydrogène décaborné.
L’usine de Lhyfe en Vendée, inaugurée jeudi 30 septembre, produit ses premiers kilos d’hydrogène décaborné. — Photo : Cyril Raineau

Une première mondiale. Ces mots qui s’affichent sur l’écran géant disposé pour l’événement résonnent comme une promesse pour l’avenir. Lhyfe, jeune entreprise nantaise productrice d’hydrogène décarboné, inaugurait, jeudi 30 septembre, sa première usine. Un an après la pose de la première pierre, l’unité située à Bouin en Vendée, produit 300 kg de ce gaz propre par jour, l’équivalent de 25 pleins de véhicules lourds (bus ou camion). Ce sera une tonne l’an prochain, a fait savoir le dirigeant Matthieu Guesné. Cette journée était aussi l’occasion d’annoncer une levée de fonds de 50 millions d’euros auprès de Swen Capital Partners, de la Banque des Territoires et de ses partenaires historiques (Noria, Ovive, Ouest Croissance, Océan Participations et la SEM Vendée Energie). Au-delà des chiffres, le dirigeant et les élus de ce territoire voient en cette énergie verte une réponse majeure au défi qu’est la préservation de l’environnement.

Le prix d’un plein équivalent à celui avec de l’essence classique

"Qui aurait cru voici quelques années que l’on pourrait produire de l’hydrogène à partir d’eau et de vent et ce, à un prix compétitif ?", interroge Matthieu Guesné, fondateur en 2018 de Lhyfe. Le site du port du Bec à Bouin, un polder, abrite un parc d’éoliennes. L’entreprise connecte directement ses électrolyseurs à celles-ci pour produire son hydrogène qui ne produit aucun rejet de CO2. Le prix de ce gaz incolore et inodore se situe actuellement entre 12 et 15 euros le kilo. Un réservoir d’une voiture roulant à l’hydrogène ayant une capacité de 5 kg, un plein se chiffre à environ 70 € pour une autonomie avoisinant les 700 km. Soit un tarif équivalent à celui pour une voiture thermique. "L’objectif avec l’Ademe est de parvenir à 9 € le kilo à la pompe", précise Matthieu Guesné, ingénieur de métier. Les premiers kilos sortis de l’usine de Bouin sont destinés à alimenter des camions bennes circulant en Vendée, un bus à la Roche-sur-Yon, des chariots élévateurs d’entreprise de logistique…

Matthieu Guesné, fondateur et dirigeant de Lhyfe, lors de l’inauguration jeudi 30 septembre : "L’hydrogène tout le monde en parle, nous, on en fait".
Matthieu Guesné, fondateur et dirigeant de Lhyfe, lors de l’inauguration jeudi 30 septembre : "L’hydrogène tout le monde en parle, nous, on en fait". - Photo : Cyril Raineau

L’usine de Bouin marque la première étape d’un développement pensé au moins à l’échelle européenne. Déjà, Lhyfe est impliqué dans un projet de production d’hydrogène renouvelable en mer du Nord. En parallèle, un dispositif de production offshore, au large du Croisic (Loire-Atlantique) devrait être lancé en 2022 avant un déploiement de la technologie à plus grande échelle à horizon 2024. Lhyfe a par ailleurs identifié une soixantaine de projets en Europe (Portugal, Italie, Allemagne…) où le modèle de Bouin pourrait être dupliqué. Les ambitions se mesurent aussi à la hausse des effectifs de l’entreprise, passant de 10 collaborateurs en 2019 à 60 actuellement pour 140 envisagés l’an prochain.

La levée de fonds de 50 millions d’euros va permettre d’accompagner ces projets : 30 millions visent à renforcer les équipes de déploiement et de R & D, 20 millions seront dédiés aux projets européens.

Les Pays de la Loire, première région pour l’hydrogène, souhaite sa présidente

Les ambitions de l’entreprise nantaise confortent la volonté exprimée lors de l’inauguration de la présidente de Région Christelle Morançais de faire des Pays de la Loire "la première pour l’hydrogène". Ce qui passe selon elle par un développement de la production, incarnée jusqu’à présent par Lhyfe, puis la création d’une filière et un déploiement des usages. Et d’adresser un message à l’endroit des dirigeants : "Cette transition énergétique ne fonctionnera que si nous embarquons les industriels". Une invitation à se tourner vers cette énergie nouvelle aux dépens des énergies fossiles.

L’usine de Lhyfe en Vendée, inaugurée jeudi 30 septembre, produit ses premiers kilos d’hydrogène décaborné.
L’usine de Lhyfe en Vendée, inaugurée jeudi 30 septembre, produit ses premiers kilos d’hydrogène décaborné. — Photo : Cyril Raineau

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