Le producteur d’hydrogène vert et renouvelable Lhyfe a quasiment doublé son chiffre d’affaires à 9,8 millions d’euros en 2025. Cette croissance est soutenue par l’élargissement du portefeuille clients de l’entreprise nantaise et l’accélération des livraisons en France, en Allemagne et en Suède. Le nombre de clients livrés a ainsi augmenté de près de 60 %.
Parallèlement, la capacité totale d’électrolyse installée doit augmenter de 70 %, avec six sites de production existants ou en construction. Sur le plan commercial, Lhyfe a sécurisé plusieurs contrats pluriannuels stratégiques, notamment avec la SETRAM pour approvisionner les bus hydrogène de la métropole du Mans, et a continué de renforcer sa présence auprès de stations d’avitaillement en hydrogène et d’industriels en Europe.
Une perte nette de plus de 50 millions d’euros
Ce développement commercial masque une situation financière plus difficile. La perte d’exploitation courante s’est creusée à 39,4 millions en 2025 (contre 28,7 M€ en 2024). L’EBITDA ajusté demeure fortement négatif à 27,4 millions d’euros. La perte nette pour la période atteint 51 millions d’euros (contre 29,2 M€ en 2024). Lhyfe justifie ces surcoûts ponctuels par des charges liées à sa restructuration annoncée fin 2025 et des dépréciations d’actifs, liées à certains projets abandonnés suite au redéploiement des priorités.
Plan de redressement
Pour redresser cette situation, l’entreprise fondée et dirigée par Matthieu Guesné a lancé un plan de redressement et vise une réduction de ses coûts de structure d’environ 30 % dès 2026. Ce plan comprend la suppression nette d’une soixantaine de postes au cours de l’année par la PME. Parallèlement, Lhyfe va se recentrer autour de deux métiers clés : l’exploitation et le développement. Les activités d’ingénierie et de construction (EPC) seront externalisées, tout en conservant leur management.
Pour 2026, Lhyfe anticipe une hausse significative de 50 % du chiffre d’affaires de vente d’hydrogène RFNBO (Renewable Fuel of Non-Biological Origin – la plus haute exigence écologique de la filière) par rapport à 2025, alimentée par la contribution des sites nouvellement mis en service et une stratégie commerciale combinant ventes directes et indirectes, via un réseau de revendeurs.
Le groupe, qui peut s’appuyer sur une trésorerie solide, espère que la réduction des coûts et l’optimisation de son organisation transformeront la croissance d’activité en rentabilité.
Encore faut-il que la demande réglementaire et industrielle d’hydrogène vert, confirmée par les réformes européennes, se concrétise au rythme prévu.