Pays de la Loire

Collectivité

La Région Pays de la Loire engage 332 millions dans un plan de relance post-Covid

Par Amandine Dubiez, le 06 juillet 2020

Renfort immédiat en fonds propres, assouplissement des procédures de commande publique, soutien à la relocalisation, etc. Le Conseil régional des Pays de la Loire veut mobiliser plus de 330 millions d’euros pour relancer l’économie locale. Une relance qui passera par un fort investissement dans des projets verts liés aux énergies renouvelables, avec une accélération notable sur le sujet de l'hydrogène. 

Christelle Morançais, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire.
Christelle Morançais, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire. — Photo : Conseil régional des Pays de la Loire

La relance en Pays de la Loire sera bien verte. C’est en tout cas ce que souhaite Christelle Morançais. « Je souhaite être la première écologiste des Pays de la Loire. L’écologie n’est pas un parti politique, c’est une responsabilité collective », a commenté la présidente du Conseil régional des Pays de la Loire en présentant le plan de relance économique qui sera soumis au vote de l’Assemblée régionale ce jeudi 9 et vendredi 10 juillet.

Ce plan de relance de 332 millions d’euros, qui inclut le plan d’urgence de 143 millions adopté en mars, représente un effort budgétaire conséquent pour le Conseil régional. Impacté lui aussi financièrement par les effets de la crise et une baisse des recettes estimées à 48 M€ en 2020, le conseil régional doit en effet emprunter 118 M€ de plus (+50 % de son emprunt) ce qui allonge sa capacité de désendettement de 4,8 ans à 9 ans.

Parmi les 145 mesures de ce plan, la plus ambitieuse reste l’enveloppe de 70 M€ -100 M€ en incluant les fonds européens-consacrée d’ici à 2030 au développement de la filière hydrogène dans la Région.

Hydrogène, rénovation énergétique et plan vélo

L'équipe du producteur d'hydrogène vert nantais Lhyfe
L'équipe du producteur d'hydrogène vert nantais Lhyfe - Photo : Lhyfe

Objectif : soutenir l’acquisition de véhicules hydrogène et le déploiement d’un réseau de stations d’hydrogène. La Région supportera aussi le développement de Lhyfe, la toute première usine d’hydrogène vert en France qui devrait voir le jour en 2021 à Bouin, en Vendée. Des investissements sont également prévus pour développer des projets d’avion/bateau/TER à hydrogène. Le Grand Port Maritime, dont Christelle Morançais a pris récemment la présidence, sera également encouragé à devenir le premier grand port hydrogène de la façade atlantique.

Hydrogène, méthanisation, gaz, éoliennes, la Région passe au vert et accélère aussi sur les projets d’énergie propre. Rien que sur les méthaniseurs par exemple, la collectivité multiplie par 6 de 500 000 € prévus initialement à 3,3 M€ les crédits régionaux. Elle souhaite également allouer 24 M€ à la rénovation énergétique, via notamment la « SEM Croissance verte ». Cette société d’économie mixte au capital de 10 M€, qui réunit la Banque des Territoires, les 5 départements et deux agglomérations, devrait voir le jour en septembre prochain. Enfin, la Région veut encourager la pratique du vélo en développant des abris sécurisés autour des gares et la mise en place d’une subvention à l’achat d’un vélo à assistance électrique (+1,80 M€ de budget par an à partir de 2021)

127 millions pour secourir les entreprises en fonds propres

Autre priorité du plan de relance : secourir les entreprises confrontées à des problèmes de trésorerie. « Le risque, si l’on ne renforce pas les entreprises en liquidité, est que les entreprises n'investissent plus, n’innovent plus », explique Christelle Morançais. Plus de 77 000 entreprises de la région ont bénéficié des fonds nationaux ou locaux lancés pendant le confinement comme le fonds régional Résilience ou le Fonds national de solidarité. Pour aider les entreprises, confrontées pour certaines à une baisse de 40 % de leur activité, à tenir le choc, la Région renforce aussi sa capacité d’investissement en fonds propres. Elle parvient à mobiliser en tout 127 M€, via les fonds déjà existants (Litto Invest, PDL Développement, PLP) mais aussi via des nouveaux fonds.

La Région participe par exemple à hauteur de 8 M€ au fonds Yotta Smart Industrie développé par Yotta Capital. Ce fonds parisien créé par des anciens dirigeants du fonds ACE Management, qui s’apprête à ouvrir une antenne dans la Région, s’est fixé pour objectif d’investir 20 millions d’euros dans la région pour accompagner des PME industrielles autour des projets de digitalisation, de décarbonation, ou d’économie circulaire.

Le Conseil régional étudie également la possibilité de prendre des participations dans un fonds Aerofund 4 annoncé par Bruno le Maire et toujours en construction. Ce fonds d’investissement devrait mêler partenaires publics (Bpifrance) et privés afin d’investir dans les PME sous-traitantes de l’aéronautique et de consolider des petits fournisseurs.

Diminuer les délais de paiements à 26 jours

Autre forme de soutien aux entreprises : la Région s’engage à assouplir les règles de la commande publique régionale. Elle propose systématiquement une avance pour l’ensemble des contrats de 30 %, contre 15 % actuellement. « Ce mécanisme permet d’injecter 40 millions de trésorerie pour tous les prestataires de la Région dans les 12 prochains mois », précise Laurent Dejoie, vice-président du Conseil régional, qui se donne pour objectif de diminuer encore le délai global de paiement à 26 jours contre 29 actuellement.

Former plutôt que licencier

Autre mesure qui pourrait soulager les entreprises confrontées à une baisse de charge : le Conseil régional veut encourager les entreprises à former plutôt qu’à licencier. Il envisage d’allouer un budget de 3 M€, pour renforcer le dispositif Mon Compte Formation géré en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations. Objectif : former 2 000 salariés. Le Conseil régional compte aussi augmenter de 20 % par rapport à 2019 le nombre de places de formation pour les demandeurs d’emploi. (33 500 en 2021 contre 26 800 en 2019). Cette mesure représente 10 M€ de commandes supplémentaires de formations au second semestre 2020.

Également sur la table, une plateforme régionale de « prêt de main-d’œuvre » qui sera pilotée par l’agence économique Solutions & Co. « Certaines entreprises sont confrontées à un pic d’activité quand d’autres se voient contraintes de licencier », constate Christelle Morançais.

La présidente du Conseil régional se mobilise également sur le sujet de la relocalisation, un des thèmes plébiscités par les PME industrielles comme celles réunies au sein du réseau Neopolia. Via le programme Résolutions qui met en relation grands groupes et PME du territoire, la Région veut lancer des « appels à solutions de relocalisation » et publier en ligne le nom des entreprises qui peuvent répondre à ce besoin de relocalisation.

Des aides dédiées au tourisme et au commerce

Parmi les 145 mesures de ce plan de relance économique, des fonds et des aides spécifiques sont aussi prévues pour les acteurs du tourisme et les commerçants, qui ont le plus souffert du confinement. Pour le secteur du tourisme, la Région a l’idée de créer une société foncière régionale avec la Banque des Territoires et la Caisse d’Épargne Pays de la Loire. Dotée de 11 M€, elle sera chargée de racheter les murs des entreprises en difficulté avec option de rachat, le temps pour elles de se rétablir. Pour le commerce, la Région finance la marketplace Mavillemonshopping et allonge de 300 000 euros son budget consacré à l’action « Boost E-commerce ».

Enfin, la Région répond aussi aux propositions de relance de la CCI Pays de la Loire. Elle va soutenir son dispositif d’accompagnement au rebond Diagnostic 360 dédié à la mise en place d’actions de rebond post-crise, ainsi que le programme Dinamic Rebond Post Covid, ce qui permettra d’accompagner plus de 110 entreprises dans leur stratégie de relance.

À noter également qu’une aide immédiate est également prévue pour les dispositifs d’écoute psychologique des chefs d’entreprise en difficulté, comme l’association l’Apesa ou le nouveau Groupement de Prévention Agréé en Pays de la Loire créé par la CPME pour anticiper les procédures collectives. La Région pérennise également le numéro vert lancé en mars dernier pour les entreprises. Il a reçu plus de 7 200 appels depuis le début du confinement.

Christelle Morançais, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire.
Christelle Morançais, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire. — Photo : Conseil régional des Pays de la Loire

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