Obside vient de connaître un coup d’accélérateur. De mi-avril à mi-mai 2026, les fondateurs de la start-up lavalloise ont bénéficié d’un accompagnement intensif et gratuit, au sein de l’incubateur Founders Inc. à San Francisco en Californie. Leur dossier a été sélectionné parmi 6 500 autres déposés à travers le monde. Seule une centaine a été retenue. Toutes ces start-up ont imaginé un produit innovant basé sur de l’intelligence artificielle.
En ligne depuis 2026, la plateforme d’Obside permet ainsi d’automatiser le suivi d’actifs boursiers grâce à la création d’un portefeuille type avant de valider les propositions de placements boursiers formulées par les agents IA.
Un programme de six mois en Californie
Pendant six semaines, les trois fondateurs d’Obside (en 2018), Thibaud et Benjamin Sultan et Florent Poux ont vécu à San Francisco, délaissant leurs quatre salariés lavallois. "Durant ces six semaines, nous avons avancé plus vite qu’en six mois en France. Et encore, sur certains aspects, nous ne sommes pas sûrs que nous aurions pu aller sur certains points sans être à San Francisco…", rapportent les trois associés. Ils assurent que la communauté proche de la Silicon Valley crée une émulation collective qui donne "deux ans d’avance par rapport à ce qu’on voit en France".
"Quand nous nous sommes retrouvés là-bas au milieu d’acteurs de la tech, nous avons compris que la priorité était la stratégie commerciale, poursuivent-ils. En particulier avec l’accélération des process de développement liés à l’intelligence artificielle. Il faut donc entraîner très tôt dans le projet ses modèles IA afin de pouvoir s’adapter très vite face aux innovations, et se focaliser sur ses clientèles stratégiques, pour garder son temps d’avance sur son produit."
Bientôt un pied aux États-Unis
Cette immersion intense dans la capitale mondiale de la tech a ainsi bousculé leur vision produit et leur approche marché. "Nous avons pu challenger notre modèle, échanger avec d’autres porteurs de projet, qui parfois n’avaient pas encore levé de fonds, ni de produit véritable de sorti, afin de trouver de nouvelles solutions…", relatent Thibaud et Benjamin Sultan et Florent Poux. Le résultat est un repositionnement de leur plateforme. Les fondateurs ont ainsi décidé de réorienter leur offre vers le grand public, pour délaisser les professionnels du trading, une cible trop restreinte pour que la société trouve sa rentabilité.
L’histoire a aussi conduit à se pencher sur une implantation aux États-Unis. "Nous aurons un bureau ou une filiale là-bas dans les prochaines semaines", annoncent les trois dirigeants lavallois. "Le marché et les opportunités y sont clairement plus importants qu’en Europe…"
Un terrain propice pour faire circuler le cash
Plusieurs critères ont fait pencher la balance. D’abord, la capitalisation en propre qui commence très jeune chez les Américains, qui n’ont pas de système de retraite comme en France. La population est par ailleurs plus importante qu’en France, et même avec un développement européen de l’accès à la plateforme Obside, la culture américaine freine moins la validation des prospects. "Payer 40 euros, soit le montant des abonnements, n’est pas un problème pour les Américains, s’il y a un retour sur investissement derrière…"
Enfin, la législation correspond pleinement outre-Atlantique au modèle imaginé au départ par les fondateurs d’Obside. En France et en Europe, un flou juridique ne laisse pas envisager de laisser la plateforme connectée au compte bancaire de l’utilisateur réaliser des actions de placements et transactions boursières seule. La veille, déterminée par les prompts de l’abonné, est possible mais c’est à lui d’agir ou non au final. Aux États-Unis, à l'inverse, l’automatisation des transactions est autorisée, selon les dirigeants lavallois. L'unique concurrent d'Obside est d'ailleurs américain.