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Industrie

GH investit 28 millions d'euros dans une seconde usine à Clisson pour doubler son chiffre d'affaires

Par Caroline Scribe, le 14 octobre 2021

Le projet s’intitule Le Grand H. Représentant un investissement de 28 millions d’euros, il a pour objectif de doter l’entreprise de métallerie Girard Hervouet à Clisson d’un second site industriel à la mesure de ses ambitions : doubler le chiffre d’affaires à l’horizon 2027.

GH a réalisé l’ensemble des châssis pour la construction de l’immeuble tertiaire Osmose, situé à Arcueil, en région parisienne.
GH a réalisé l’ensemble des châssis pour la construction de l’immeuble tertiaire Osmose, situé à Arcueil, en région parisienne. — Photo : Elise Robaglia

Le chantier a débuté au printemps 2021 sur une friche industrielle de 40 000 m², située zone de Tabari à Clisson, en face du site existant de Girard Hervouet (GH). Spécialisée dans la charpente métallique, la couverture étanchéité, la serrurerie, la menuiserie-aluminium et le bardage pour des bâtiments industriels, tertiaires et fonctionnels (médiathèques, conservatoires, établissements sportifs…), à l’exclusion des constructions pour les particuliers, l’entreprise investit 28 millions d’euros dans la construction d’un second site industriel. Baptisé Grand H, le projet comprend la construction d’un atelier de production de 20 000 m², de bureaux, de locaux sociaux et d’espaces de réception sur 1 000 m². L'investissement, qui bénéficie d’une subvention de 200 000 euros dans le cadre du dispositif Territoires d’industrie, est porté par l’actionnaire de GH, le groupe alsacien Soprema (9 300 collaborateurs pour 3, 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021). Le géant mondial de l’étanchéité et de l’isolation s’apprête à faire un grand bond en avant, puisque son PDG Pierre-Etienne Bindschedler compte aller chercher deux milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires d’ici à 2025. Cela porterait le chiffre d’affaires du groupe de Strasbourg à cinq milliards d’euros.

Forte croissance

GH s’inscrit dans cette même logique de croissance. "Notre projet s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de développement de l’entreprise. Il constitue l’aboutissement d’une croissance que nous avons construite depuis cinq ans sur le territoire et l’ensemble de nos métiers. Nous avons d’abord recherché la performance en termes de résultats. Et maintenant, nous nous dotons de l’outil industriel qui nous permettra de répondre aux commandes engrangées. Car notre premier site est complètement saturé", explique Jean-Michel Leroy, directeur général de GH. À l’image de sa société-mère, la PME a, en effet, connu une forte croissance au cours des dernières années. Elle a vu ses effectifs passer de 140 salariés en 2013 à plus de 225 actuellement. Et le nouveau projet devrait s’accompagner de la création d’une cinquantaine d’emplois. Au cours de la même période, le chiffre d’affaires s’est hissé de 15 millions à 45 millions d’euros. "Nous nous sommes donné pour objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros en 2027, soutenu par un carnet de commandes qui avoisine aujourd’hui les 60 millions d’euros", précise le dirigeant.

Expansion géographique

Cette croissance s’inscrit dans un contexte porteur pour le secteur, mais également dans une stratégie volontariste d’expansion géographique. GH a ainsi ouvert deux nouvelles agences en 2014, l’une à Paris (15 salariés), l’autre à Lille (9 salariés), puis en 2019 une agence à Rennes (5 salariés). Bien implantée dans un large quart nord-ouest de la France, GH a gagné des chantiers comme celui de la construction du nouveau MIN ou de la nouvelle École de design de Nantes, des abattoirs Terrena à Ancenis, du nouveau site de LivingPackets à Sainte-Luce-sur-Loire, près de Nantes ou encore de l’atrium de la gare de Saint-Denis Pleyel pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Parallèlement à ce maillage territorial, GH a également développé une offre de services attachée à ses constructions. GH Services assure des prestations de petits travaux, entretien et maintenance. "Cela nous permet de fidéliser nos clients en leur apportant plus de services. Appuyés sur nos cinq métiers et nos quatre implantations, nous sommes plus résilients face aux aléas du marché", déclare Jean-Michel Leroy.

Doublement des capacités de production de charpente

Dans ce contexte, la première ambition du projet Grand H est industrielle. Il doit permettre de doubler les capacités de production de charpente qui seront logées dans le nouveau bâtiment. "Cela permettra de libérer de l’espace dans l’actuelle usine de 14 000 m² qui sera dédiée à la menuiserie et à la serrurerie, dans une logique de complémentarité entre les deux bâtiments", précise Jean-Michel Leroy. L’investissement doit également permettre de moderniser l’outil industriel avec la mise en place d’une ligne de production robotisée. "Là où il y avait douze ruptures de charge dans nos flux auparavant, il n’y en aura plus que trois", détaille le dirigeant. Autre amélioration, l’installation d’une ligne de peinture thermolaquage innovante pour les charpentes métalliques qui supprime les composés organiques volatils (Cov) et les solvants, particulièrement nocifs pour l’environnement. "Ce type d’équipement est plus coûteux, mais meilleur pour l’environnement", souligne Jean-Michel Leroy.

Centrale photovoltaïque

Le projet comporte, en effet, une dimension environnementale importante. "Nous valorisons une friche industrielle qui nous a amenés au cours des derniers mois à désamianter le terrain, à évacuer et traiter des déchets. Nous avons notamment concassé 12 tonnes de béton existant qui seront réemployées sous la voirie", expose le dirigeant. 3 512 panneaux photovoltaïques seront également déployés sur les 8 000 m² de toiture du nouveau bâtiment, qui accueillera ainsi la seconde centrale photovoltaïque du département par son importance, après celle du MIN de Nantes. L’électricité produite sera réinjectée dans le réseau. Dans le souci de favoriser l’économie locale, 90 % des entreprises intervenant sur le chantier, soit une cinquantaine, sont implantées à moins de 40 km de Clisson. Une zone d’éco pâturage intégrant deux moutons sera aménagée à la jonction des zones habitées et naturelles pour favoriser une transition douce. Enfin, le bâtiment, conçu par le cabinet d’architecture CUB installé à Haute-Goulaine, privilégie les apports de lumière naturels, comporte une enveloppe isolante et se veut la vitrine des savoir-faire de GH sur ses cinq métiers.

Outil pédagogique

En effet, le nouveau site a également vocation à servir d’outil pédagogique à l’attention des clients de l’entreprise. "Le nouveau bâtiment comprendra des espaces d’accueil, ouverts sur les ateliers. Outre la valorisation de nos métiers, il doit nous servir à faire, en quelque sorte, du marketing de la charpente en montrant à nos clients, architectes, maîtres d’œuvre, maîtres d’ouvrage, entreprises générales du bâtiment…, nos savoir-faire, nos process, nos équipements et, notamment, nos robots de soudure. Cela nous permettra de mieux expliquer nos modes de fonctionnement, de faire comprendre les délais nécessaires à la production d’une charpente, les impacts de telle ou telle modification", expose Jean-Michel Le Roy.

La charpente du futur bâtiment sera montée en décembre 2020 pour une installation des machines en juillet 2022 et un démarrage de la production en septembre. Le réaménagement de l’atelier existant est, quant à lui, programmé au premier semestre 2023.

GH a réalisé l’ensemble des châssis pour la construction de l’immeuble tertiaire Osmose, situé à Arcueil, en région parisienne.
GH a réalisé l’ensemble des châssis pour la construction de l’immeuble tertiaire Osmose, situé à Arcueil, en région parisienne. — Photo : Elise Robaglia

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