Bretagne

Agroalimentaire

Triskalia-d'Aucy : la fusion dans une coopérative unique prévue en 2021

Par Pierre Gicquel, le 10 juillet 2018

Après l'annonce, en décembre, du rapprochement entre les groupes agroalimentaires coopératifs bretons Triskalia et d'Aucy, les dirigeants des deux parties présentent le calendrier d'une union puis d'une fusion qui s'échelonneront sur un peu plus de deux ans.

De gauche à droite : Dominique Ciccone (DG de Triskalia), Serge Le Bartz (président du Groupe d'Aucy), Georges Galardon (président de Triskalia) et Alain Perrin (DG du Groupe d'Aucy). — Photo : Pierre Gicquel

Le 12 décembre, les groupes d'Aucy (9 000 agriculteurs, 4 300 salariés, 1,2 Md€ de CA) et Triskalia (16 000 agriculteurs, 4 800 salariés, 1,9 Md€ de CA) annonçaient officiellement leur projet de rapprochement. Sept mois plus tard, les assemblées générales des deux camps ayant donné leur aval au projet d'union à la quasi unanimité, les dirigeants des deux groupes présentent les premières avancées du projet.

Union actée en 2019, fusion en 2021

Si le feu vert est donné par l'autorité de la concurrence, l'union des deux groupes entrera en vigueur officiellement au 1er janvier 2019, suivie, au bout de deux ans, d'une fusion dans une coopérative unique. Le nom de la future entité ne sera quant à lui révélé qu'à la fin de l'année 2018, tout comme le choix du lieu pour le futur siège social.

Du côté de l'emploi, la logique voudrait que des postes se retrouvent en doublon mais les dirigeants balaient du revers de la main toute suspicion de plan social : « Il est évident que nous demanderons aux salariés d'être mobiles mais nous portons un projet offensif, avec une réelle volonté de croissance. Il y aura peut-être des doublons mais des emplois nouveaux seront créés. Le projet a d'ailleurs reçu un avis favorable des représentants des salariés », insiste Alain Perrin, directeur général du Groupe d'Aucy.

Côté agriculteurs, l'union en cours permet déjà un avantage : « Ils peuvent désormais livrer leur production au point de collecte le plus proche de leur exploitation, indifféremment de la marque », précis Serge Le Bartz, président de Triskalia.

300 salariés préparent la fusion

En attendant, les salariés des deux groupes sont en ordre de bataille pour respecter les échéances. « Nous avons lancé 80 groupes de travail composés de 300 salariés issus à parité des deux groupes et pour l'heure, nous n'avons pas pris de retard sur le calendrier », explique Dominique Ciccone, directeur général de Triskalia.

Les thématiques opérationnelles ont été abordées - comme les productions de grains et productions animales -, la filière végétale ou encore le développement du bio, ce dernier axe étant présenté par les dirigeants comme « un axe fort de développement en réponse à la demande sociétale ». D'autres thématiques plus transversales ont aussi fait l'objet d'une réflexion : la partie financière, la communication… « Mais aussi l'innovation qui constituera une branche à part entière du futur groupe, et les fusions-acquisitions », ajoute Serge Le Bartz, président du Groupe d'Aucy. Ces deux volets étant censés porter le projet de croissance du groupe, en plus d'un important plan d'investissements dans les sites de production.

Dès 2018, 10 millions d'euros seront notamment investis par Triskalia, dans une ligne de plats cuisinés pour le site Gélagri de Loudéac (Côtes-d'Armor). Cocotine, filiale du Groupe d'Aucy, verra quant à elle un investissement de 17 millions d'euros sur son site de Ploërmel (Morbihan).

Une autre fusion avant 2025 ?

Sachant qu'à elles deux, les coopératives Triskalia et d'Aucy cumulent un chiffre d'affaires de 3,1 milliards d'euros, et qu'elles ambitionnent d'atteindre les 5 milliards à l'horizon 2025, de nombreuses pistes sont ouvertes pour atteindre cet objectif ambitieux. De nouveaux marchés à l'international sont visés (Asie et Amérique du Nord) avec la signature prévues de nouveaux partenariats et un renforcement des implantations en Europe est annoncé (marque Globus du Groupe d'Aucy en Hongrie, Gélagri de Triskalia en Espagne). Enfin, la partie distribution en jardinage va être développée par des créations de franchise en France (déjà 300 Magasins Vert, Gamm'Vert et Point Vert en Bretagne), de même pour les magasins Terranimo. Mais tout cela ne devrait pas suffire à apporter les 2 milliards d'euros manquants.

Un développement hors des frontières bretonnes

Doit-on en déduire une série d'acquisitions prévues, voire un éventuel rapprochement avec un autre groupe coopératif ? Si Triskalia et d'Aucy insistent sur leur volonté commune de défendre une agriculture bretonne et le maintien des centres de décisions en Bretagne, ils livrent néanmoins une réponse de Normand : « Concernant une fusion avec une autre coopérative, tout est possible », lâche Georges Galardon. Et c'est à peine si Alain Perrin laisse un indice : « Il s'agit d'être forts en Bretagne pour grandir à l'international. Notre développement se fera donc fortement en dehors du territoire breton.»

Hasard du calendrier, d'Aucy a récemment répondu favorablement à l'approche du fonds d'investissement Hivest dans le cadre du rachat du leader français du fruit en sirop Saint-Mamet (200 salariés, 100 M€), basé dans le Gard, mais il ne s'agit pas d'une fusion ou d'un rachat, comme le précise Alain Perrin : « Nous avons été approchés par Hivest pour accompagner le pilotage industriel et le volet commercial de Saint-Mamet auprès de la grande distribution et à l'international. Il ne s'agit, à ce jour, pas d'une prise de participation capitalistique ».

Reste à savoir quels candidats au rachat ou à la fusion sont actuellement dans la mire de Triskalia et d'Aucy, sachant qu'il existe assez peu de coopératives agroalimentaires réalisant un chiffre d'affaires de près de 2 milliards d'euros...

De gauche à droite : Dominique Ciccone (DG de Triskalia), Serge Le Bartz (président du Groupe d'Aucy), Georges Galardon (président de Triskalia) et Alain Perrin (DG du Groupe d'Aucy). — Photo : Pierre Gicquel

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