Saint-Malo

Maritime

Energy Observer construit un navire expérimental décarboné pour le transport de marchandises

Par Virginie Monvoisin, le 13 janvier 2022

Après avoir conçu à Saint-Malo un premier bateau de plaisance qui expérimente différentes sources d’énergie décarbonées, Energy Observer va lancer la construction d’un nouveau navire. Il sera destiné cette fois-ci au transport de marchandises. Une levée de fonds devrait intervenir avant la fin de l’année.

L'Energy Observer I est équipé d’ailes de propulsion vélique. C’est cette technologie qui sera déployée sur Energy Observer II, futur navire cargo expérimental de 120 mètres, conçu à Saint-Malo.
L'Energy Observer I est équipé d’ailes de propulsion vélique. C’est cette technologie qui sera déployée sur Energy Observer II, futur navire cargo expérimental de 120 mètres, conçu à Saint-Malo. — Photo : Victorien Erussard

Après avoir conçu à Saint-Malo un premier bateau de plaisance qui expérimente différentes sources d’énergie vertes, Energy Observer va lancer la construction d’un nouveau navire, cette fois-ci long de 120 mètres. Il sera destiné à l’étude de nouvelles sources d’énergie pour le transport de marchandises. Le projet Energy Observer II sera lancé officiellement à Brest lors du One Ocean Summit début février par Victorien Erussard.

Ancien officier de marine marchande, créateur d’Energy Observer et de sa société de développement EODev (60 collaborateurs), il a à cœur d’agir pour décarboner le transport maritime. Si l’on prend en compte les 95 000 navires de commerce qui sillonnent les mers et océans du monde, représentant 10,7 milliards de tonnes de fret chaque année et produisant 2,9 % des émissions de gaz à effet de serre, le chantier est titanesque (source : Marine Traffic et OMI).

Un "combo gagnant" de vitesse réduite, voile et hydrogène

Jusqu’alors, Energy Observer avait travaillé sur l’hydrogène, jusqu’à lever 20 millions d’euros en 2020 pour industrialiser la commercialisation de ses solutions innovantes. Aujourd’hui, c’est un autre mode de propulsion qui fait avancer Victorien Erussard : la voile. Dès 2019, il a fait installer par la société Ayro des ailes de propulsion vélique sur son premier bateau, et veut aller plus loin. Avec ce même partenaire (qui travaille aussi avec le cabinet d’architecture navale vannetais VPLP pour le cargo Canopée dédié à la fusée Ariane 6, NDLR), il veut prouver que la propulsion vélique peut être utilisée en fret maritime.

"Pour un cargo à zéro émission de gaz à effet de serre, le combo gagnant c’est une vitesse réduite de 15 à 12 nœuds et une propulsion vélique associée à l’hydrogène liquide", considère Victorien Erussard. Utiliser la voile permet d’embarquer moins de stock de carburant (l’hydrogène liquide prenant beaucoup de place) pour garder un volume important dédié aux marchandises. De cette manière, l’armateur conserverait un modèle économique viable tout en étant moins polluant.

Mise à l’eau en 2025

"Notre objectif avec Energy Observer II est de créer le bateau le plus intelligent possible pour montrer une nouvelle voie aux armateurs", espère Victorien Erussard, qui souhaite faire construire son navire en France, peut-être même en Bretagne. Il devrait être mis à l’eau en 2025.

Pour l’instant, les études sont en cours. "Nous préparons une levée de fonds pour le second semestre 2022, et allons créer une nouvelle société avec des partenaires, notamment industriels", annonce le dirigeant malouin, qui imagine même son bateau partir en exploitation par la suite.

L'Energy Observer I est équipé d’ailes de propulsion vélique. C’est cette technologie qui sera déployée sur Energy Observer II, futur navire cargo expérimental de 120 mètres, conçu à Saint-Malo.
L'Energy Observer I est équipé d’ailes de propulsion vélique. C’est cette technologie qui sera déployée sur Energy Observer II, futur navire cargo expérimental de 120 mètres, conçu à Saint-Malo. — Photo : Victorien Erussard

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