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Distribution

Zac trouve une seconde vie aux montures de lunettes

Par Jeanne Magnien, le 13 mai 2022

La jeune entreprise Zac veut limiter la surproduction de montures de lunettes en collectant, reconditionnant et remettant en vente des montures de lunettes qui ne sont plus portées. Elle vient d’ouvrir une nouvelle boutique dans le Vieux-Lille.

Antoine Lamblin et Ophélie Vanbremeersch sont associés au sein de Zac, un opticien éco-responsable.
Antoine Lamblin et Ophélie Vanbremeersch sont associés au sein de Zac, un opticien éco-responsable. — Photo : Zac

En apparence, rien ne distingue la boutique Zac, implantée dans la coquette rue Basse du Vieux-Lille, d’un opticien classique. Mais dans les faits, les paires de lunettes alignées sur les étagères sont en attente d’une seconde vie. L’entreprise, lancée en février 2020 à Pont-à-Marcq (Nord) par Ophélie Vanbremeersch, collecte, reconditionne et remet en vente les nombreuses paires de lunettes qui dorment dans les tiroirs des Français.

"On estime à 110 millions le nombre de montures inutilisées en France. C’est malheureusement un effet pervers du remboursement d’une paire par an par les mutuelles, qui pousse l’industrie à produire énormément. Derrière, personne ne sait quoi en faire. Certaines associations les collectent, comme Lunettes sans frontières. D’autres les stockent, en attendant de trouver une solution… Nous sommes très peu d’acteurs en France à proposer un circuit vers la seconde main", retrace la jeune dirigeante, par ailleurs encore étudiante à l’école de commerce Ieseg.

55 000 paires en stock

D’abord lancé "pour voir", son projet prend rapidement une certaine ampleur quand elle mesure l’immensité des stocks disponibles. Aujourd’hui, Zac a déjà en sa possession un stock de 55 000 paires de lunettes, récupérées grâce à ses 300 points de collecte en entreprises. Et elle reçoit des propositions, pour en récolter des stocks entiers.

Entre 30 et 40 % de ces paires sont jugées vendables. Les autres sont données à des associations partenaires, ou sont gardées pour pièces ou pour servir à la formation des opérateurs. À l’issue du tri, elles passent en effet entre les mains de quatre salariés de l’Esat AlterEos, à Tourcoing, pour être testées, nettoyées et remises en état. Elles sont ensuite prêtes à être remises en vente, à des prix plus accessible que du neuf. "Nous voulions avoir un impact environnemental mais aussi, social, en favorisant l’accès à l’emploi des personnes handicapées. Sur nos boîtes de collecte, une jauge indique le nombre d’heures de travail fournies à nos prestataires, en fonction du nombre de lunettes collectées, " pointe Ophélie Vanbremeersch.

Réduire l’impact à tous niveaux

Zac a pu tester son modèle pendant un an dans son premier magasin, au sein de l’Usine de Roubaix. "Nous avons reçu un accueil très favorable, avec environ 70 ventes par mois. Mais comme 60 % de notre clientèle était lilloise, il nous a paru plus judicieux de nous implanter à Lille même, dans une rue très passante, pour sensibiliser un maximum de monde." Si la majorité de l’offre est constituée de ces fameuses lunettes reconditionnées, la boutique propose aussi des modèles neufs, issus d’invendus d’opticiens. Ou encore, des montures écoconçues, fabriquées par des petites marques françaises, à base de bois, de coquilles d’huîtres, ou de plastique recyclé. Ce souci de réduire son empreinte environnementale est aussi sensible dans l’équipement de la boutique : une attention particulière a été portée aux machines de montage des verres, elles aussi d’occasion. "Nous avons privilégié un modèle particulier de machine, qui consomme moins d’eau. On l’ignore souvent, mais monter des verres sur une monture consomme entre 18 et 30 litres d’eau, par verre. Nous n’utilisons que six litres, et nous aurons bientôt un système de récupération de cette eau, pour réduire encore ce chiffre," glisse Antoine Lamblin, l’associé d’Ophélie Vanbremeersch.

Zac espère atteindre à moyen terme les 120 ventes par mois, pour un chiffre d’affaires d’environ 220 000 euros par an, qui lui permettrait d’être rentable. L’ouverture d’autres magasins serait alors envisageable.

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