Lille

Textile

Vivaluz transforme les textiles usagés en un nouveau matériau

Par Carine Mandère, le 07 juillet 2022

Créée en janvier 2022, la société Vivaluz installée dans l’écoquartier de l’Union, près de Lille, transforme les vieux tissus en matière et en objets de consommation, utiles et réutilisables. Sa fondatrice travaille en économie circulaire complète : elle fabrique en France ses objets et accessoires et se préoccupe aussi de leur recyclabilité.

Isabelle Dayde a fondé Vivaluz en janvier 2022.
Isabelle Dayde a fondé Vivaluz en janvier 2022. — Photo : Carine Mandère

La créatrice

Ingénieure textile avec presque 25 ans d’expérience dans les grandes enseignes nordistes (dont La Redoute, Décathlon, Auchan), Isabelle Dayde, fondatrice de Vivaluz, redonne vie aux vieux tissus. "Je m’intéresse aux matériaux écoresponsables dans mon métier depuis longtemps. Mon crédo, c’est trouver des solutions moins polluantes pour l’industrie textile. Les projets RSE que j’ai pu suivre lorsque je travaillais chez Auchan Retail en tant que responsable aux achats m’ont permis de me former sur le recyclage de vêtements. Puis j’ai quitté ces fonctions pour créer mon entreprise." En 2021, Isabelle Dayde intègre durant 8 mois l’incubateur d’EuraMaterials à Tourcoing. À l’issue de cette période, ses tests de broyage de textiles et de mélanges avec différents composants lui permettent d’obtenir une nouvelle matière, le "Viva", qui se révèle comme une alternative au plastique.

Le concept

"Chacun est responsable de ses déchets. Donc, qu’est-ce qu'on en fait ?" C’est avec cette question que la créatrice de Vivaluz a développé son concept. Elle travaille à partir de matières textiles récupérées localement, ou des chutes de coupes, destinées à être jetées. Broyées, effilochées, elles deviennent des fibres non tissées qui forment une sorte de feutre, aisément transformable, et recyclable. Isabelle Dayde conçoit d’abord une gamme de produits dédiée à l’univers du travail et de la maison (housses d’ordinateurs, tapis de souris, sacs, cache-pots, etc.), en BtoB. "Dans mon business plan initial, j'avais envisagé une première année à environ 250 000 euros de chiffre d'affaires et 350 000 €, un an après, avec 70 % de vente de produits écoconçus", confie la fondatrice de Vivaluz. "Or, je constate un réel intérêt pour le Viva. Je peux le rendre plus ou moins rigide et plus ou moins épais, à la demande. En plaques, il se coupe et s’assemble pour des projets de décoration, de mobilier et d’aménagement intérieur. Je le teste actuellement avec l’association des décorateurs de cinéma. Ils travaillent sur leur transition écologique et trouvent ce matériau composite très pratique."

Les perspectives

L'ingénierie développée avec des partenaires, dont le Centre Européen des Textiles Innovants (CETI), donne donc des perspectives inattendues. Ce matériau rigide semble également prometteur sur les plans phonique et thermique. Des tests et certifications sont en cours. "Ses qualités d’amorti sont aussi intéressantes. On va l’utiliser comme renfort d’emballages en e-commerce, une alternative au carton", détaille Isabelle Dayde. Des marchés plus porteurs que les cadeaux d'affaires font finalement évoluer le projet de Vivaluz. "Je pivote désormais sur une croissance liée aux usages de cette matière rigide qui pourraient intéresser des industriels", observe la dirigeante. "Et je réponds davantage à des problématiques relatives au recyclage." Elle a ainsi été sollicitée par une marque grand public nordiste connue pour qu'elle transforme les tenues professionnelles usagées des collaborateurs. "En obtenant des commandes de l'ordre de 200 à 500 000 euros, mon modèle économique va évoluer et je compte étoffer mon équipe assez vite".

Sa prochaine étape ? La mise en place d'un comité stratégique, avec, déjà, parmi ses membres le fondateur nordiste de la marque écoresponsable de cosmétiques Avril, prêt à l'intégrer.

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