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Témoignage Face au coronavirus, Etigo improvise des solutions sur-mesure pour ses clients

Par Jeanne Magnien, le 20 février 2020

La PME Etigo, qui distribue depuis Tourcoing (Nord) des petits consommables en plastique pour l'étiquetage et l'identification, rencontre des difficultés d'approvisionnement pour certains de ses produits avec la crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus en Chine. Une réorganisation en urgence a été nécessaire.

Les machines de marquage d'Etigo tournent à plein pour pallier les retards d'approvisionnement en Chine, liés à la crise du coronavirus. La PME a pu livrer la plupart de ses clients en personnalisant des produits neutres, qu'elle avait en stock en quantité.
Les machines de marquage d'Etigo tournent à plein pour pallier les retards d'approvisionnement en Chine, liés à la crise du coronavirus. La PME a pu livrer la plupart de ses clients en personnalisant des produits neutres, qu'elle avait en stock en quantité. — Photo : Jeanne Magnien - Le JDE

Basée à Tourcoing, dans le Nord, la PME Etigo est spécialiste des bracelets d’identification, badges divers et autres scellés plastiques. Elle fabrique 30 % de ses produits dans ses usines françaises, mais source le reste de son imposant catalogue en Europe ou en Asie. Plus de 30 % de son chiffre d’affaires (10 M€ en 2019), provient notamment de produits fabriqués en Chine. La crise déclenchée par l’apparition du coronavirus a donc demandé une certaine adaptation à l’entreprise, qui compte 35 salariés.

Un tiers du catalogue manque à l'appel

« Nous nous approvisionnons en Chine pour tout ce qui est textile, comme les bracelets et les tours de cou. Ces produits représentent un tiers de notre chiffre d’affaires. Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, soit environ un mois, nous rencontrons des difficultés d’approvisionnement pour cette partie du catalogue. Dès le début de la crise, nous nous sommes mis en lien avec nos fournisseurs sur place, mais en plein Nouvel An Chinois, ils étaient tous fermés. Cela a donc été compliqué de se rendre compte de la situation et de réagir », témoigne Geoffrey Delesalle, le directeur opérationnel d’Etigo.

Une fois le contact rétabli, un plan d’action a été mis en place pour pallier les difficultés dans la fabrication et l’acheminement des produits entraînées par l’état d’urgence en Chine.

Trouver des alternatives

« Aucun de nos fournisseurs n’est situé dans la province de Wuhan (l’épicentre de l’épidémie, NDLR), donc aujourd’hui la plupart ont rouvert. Mais ils fonctionnent avec des effectifs restreints, et le retard s’accumule, poursuit Geoffrey Delesalle. Avec eux, nous avons tout de suite priorisé les commandes, en privilégiant les plus urgentes. Mais cela ne suffira pas, d’autant plus qu’on accuse aussi un retard dans les transports. »

« Nous ne prévoyons pas de baisse importante de notre chiffre d’affaires : elle sera compensée par les solutions mises en place. »

Le dirigeant d'Etigo poursuit : « De notre côté, nous mettons tout en œuvre pour, d’une part, trouver de nouveaux fournisseurs hors de Chine, et d’autre part, proposer des produits alternatifs à nos clients, qui ne peuvent pas tous attendre un retour à la normale. Nous travaillons beaucoup dans l’évènementiel, un domaine où aucun délai n’est possible. Heureusement, nous avons en stock une grande quantité de produits neutres, que nous sommes en mesure de marquer nous-même, pour remplacer les produits manquants. C’est une solution de dépannage, qui nous permet d’assurer des commandes, sans surcoût pour les clients. La plupart se montrent d’ailleurs très compréhensifs. Comme la situation est très médiatisée, ils comprennent bien nos difficultés. Nous essayons vraiment de leur trouver une solution satisfaisante, au cas par cas, pour éviter qu’ils ne cherchent ailleurs - la plupart de nos concurrents sont de toute façon dans la même situation que nous. »

Etigo sauvé par ses stocks

Finalement, Etigo s’est trouvé bien armé pour traverser la crise sans trop de dommages, assure son directeur opérationnel. « On s’en sort plutôt bien, notre stock et nos machines de marquage nous ont permis de trouver une solution aux situations les plus urgentes, et notre sourcing assez diffus nous évite d’être complètement dépendants de la situation en Chine, que l’on suit bien sûr de très près. Nous ne prévoyons pas de baisse importante de notre chiffre d’affaires : ce sera compensé par les solutions mises en place. Et si la crise devait se prolonger en Chine, nous aurons eu le temps de mettre en place des approvisionnements alternatifs. »

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