Politique

Point de vue Le vrai culot de Nicolas Hulot

Par Xavier Debontride, le 29 août 2018

La démission surprise, le 28 août, de Nicolas Hulot en direct des studios de France Inter interroge sur l'efficacité des politiques écologiques. L'ex-ministre de la transition écologique en espère un sursaut salvateur. Mais il paraît bien seul. À moins que les initiatives ne se prennent enfin au niveau des citoyens. Et des entreprises.

L'éditorial de Xavier Debontride, directeur des rédactions du Journal des Entreprises. — Photo : Le Journal des Entreprises

Décidément, Nicolas Hulot est un homme plus médiatique que politique. Le désormais ex-ministre de la Transition écologique l’a prouvé une nouvelle fois au micro de France Inter ce mardi 28 août, en annonçant tout à trac qu’il quittait le gouvernement. L’ancien animateur de télévision, que bien des présidents, avant Emmanuel Macron, avaient tenté de remporter comme un trophée écologiste, a finalement chuté face aux lobbies, dont celui des chasseurs.

Saisi par l’émotion, Nicolas Hulot a fracassé le protocole républicain sur l’autel de la sincérité. « Je ne veux plus me mentir », a-t-il répété comme un mantra, devant ses interviewers sidérés. Non que la perspective d’une démission du trublion écologique n’ait agité depuis des mois le Landerneau politique - on sait l’homme volontiers enclin aux menaces et aux effets d’annonce. Mais ce qui devrait apparaître comme un marqueur essentiel de ce quinquennat, décidément compliqué, sonne aussi comme un formidable aveu d’impuissance. À l’issue d’un été jalonné de tristes records environnementaux (pollutions, canicule, séismes, fonte des glaces…), cette décision, qui ne manque pas de culot, devient le symbole de nos échecs collectifs. Car nous n’arrivons pas, malgré l’évidence, à apporter des réponses à la hauteur des enjeux climatiques.

Nous n’arrivons pas, malgré l’évidence, à apporter des réponses à la hauteur des enjeux climatiques.

Et maintenant ? Le sursaut espéré par Nicolas Hulot paraît bien difficile à enclencher, tant les orientations de nos économies mondialisées contredisent quotidiennement les déclarations de circonstance de nos dirigeants politiques. À leur échelle, les PME françaises se sentent particulièrement impuissantes à peser sur le cours des choses. Et pourtant. Partout dans le pays, des initiatives sont prises pour réduire l’empreinte carbone de nos activités, modifier nos déplacements, réduire la part des énergies fossiles dans nos process productifs. Et surtout, impliquer les consommateurs et les salariés, en les incitant à redonner du sens à leurs actes. Loin du « green washing » à la mode dans les grandes entreprises du CAC 40, les PME détiennent souvent une part de la solution, à base de pragmatisme et de bon sens. Du fabricant lorrain d'articles culinaires De Buyer au spécialiste nantais des encres d'imprimantes Armor, en passant par la PME d'électronique niçoise Saphelec, les initiatives à suivre ne manquent pas.

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