Lannion

Agroalimentaire

Warenghem : Le whisky comme valeur ajoutée

Par Julien Uguet, le 05 mai 2017

En arrêtant la production de sa bière Diwall, la distillerie Warenghem à Lannion confirme sa volonté d'aller chercher de la valeur ajoutée dans l'univers du whisky. Le projet d'investissement d'un million d'euros dans un chai passe la vitesse supérieure.

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Emblématique distillerie du Trégor depuis plus de 100 ans, Warenghem poursuit sa stratégie de montée en gamme de son whisky Armorik, sa marque phare. Cette logique l'a amené à opérer un recentrage en début d'année sur ses compétences historiques en arrêtant la commercialisation de sa bière Diwall lancée au début des années 2000. « Il s'agissait de petits volumes complémentaires au whisky, précise David Roussier qui a succédé à son beau-père Gilles Leizour à la tête de la PME. Nous n'avons jamais réussi à imposer notre modèle. Nous conservons notre bière toutefois mais en la proposant en vente en circuits courts essentiellement dans notre magasin d'usine».

Montée en gamme

Fort de cette décision, David Roussier entend bien focaliser ses efforts, techniques et commerciaux, sur son coeur de métiers et autour de quatre circuits de distribution. « Nous avons longtemps été catalogués comme des producteurs de whisky bretons d'entrée de gamme vendus en GMS. C'est un fait mais ce positionnement nous a permis d'asseoir des positions intéressantes dans la grande distribution. Cela nous a permis de dégager des moyens pour développer une offre beaucoup plus qualitative. » En effet, Warenghem est désormais capable de proposer du whisky avec une garde en fût supérieure à 3 ans, durée minimum entre la distillation et l'embouteillage. « Cette montée en gamme nous a permis de conquérir des marchés comme les boutiques régionales, les biscuiteries, les caves, etc. Alors que les supermarchés représentaient 95 % de nos débouchés, il y a moins de dix ans, nous sommes aujourd'hui à 70 %. Ce rééquilibrage est une bonne chose pour construire l'avenir de l'entreprise ».

Circuits courts

Cette segmentation de l'offre, autour de produits premium, incite David Roussier à revoir son organisation. « Il va nous falloir plus de place pour mettre en garde le whisky pendant plusieurs années. Le projet d'investissement d'un million d'euros dans un chai, attenant à l'usine, est plus que jamais d'actualité ». Cet ambitieux permettra de développer le tourisme industriel avec plus de12.000 visiteurs accueillis chaque année sur Lannion. « Le whisky est un produit qui aimante et qui fait venir des personnes de très loin. En 2017, nous franchissons une étape en recrutant une personne qui est là à temps plein pour organiser ce pôle d'activité et développer la vente directe ». L'export, qui représente 10 % des volumes, est également regardé de très près.

Développer l'export

« Je viens de finir un tro breizh autour d'une cuvée spéciale d'un Armorik dix ans d'âge pour l'Australie. Cette expérience, menée en partenariat avec notre importateur local, un breton de Merdrignac, a porté ses fruits car nous avons placé Armorik dans encore plus de bars ou de caves. L'identité bretonne est porteuse dans le monde même si, pour réussir, la qualité doit être au rendez-vous. La mise en place, en 2015, d'une indication géographique protégée, whisky de Bretagne, a clarifié les choses pour les intervenants bretons, d'autant que la concurrence ne va aller qu'en s'accentuant dans nos secteurs, avec l'arrivée annoncée de nouveaux concurrents. »

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