Safran rallume la polémique sur le made in France. L’équipementier aéronautique parisien ne va probablement pas faire construire sa prochaine usine en France. La faute aux coûts de l’énergie, avance sur BFM Business, Olivier Andriès, directeur général du groupe qui affiche 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023. Pour sa future usine de freins à carbone pour l’aéronautique, le coût de l’énergie "représente 40 % du coût de production. Ce qui va conditionner le choix de la localisation, c’est le prix de l’énergie", indique Olivier Andriès. Et sur ce plan, "l’Amérique du Nord a un avantage sur l’Europe, c’est indéniable", poursuit-il, rappelant que "le prix de l’électricité a été multiplié par cinq" en Europe entre 2019 et 2023. Alors que trois options d’implantation sont sur la table (les États-Unis, le Canada et Freyzin, dans la métropole de Lyon) et que des négociations sont en cours avec EDF, Safran rendra sa décision au premier semestre 2025. Ayant annoncé début 2024 la création d’une usine de pièces de moteurs à Rennes, le groupe avait déjà menacé en 2019 d’implanter des usines à l’étranger, à cause de la complexité administrative française. Présent dans 27 pays, Safran emploie 61 % de ses 92 000 salariés en Europe.