Une illustration du fameux "jeu à la nantaise" ? Pour reprendre une métaphore sportive. De fait, l’entreprise nantaise Cotrolia (130 salariés, CA non communiqué), qui répare les équipements électroniques défectueux des voitures, a joué collectif, et s’est rapprochée de sa voisine Livingpackets (65 salariés, CA non communiqué), qui propose des emballages connectés, sécurisés et surtout réutilisables. Et pour cause, Cotrolia doit transporter certaines pièces très fragiles, comme les calculateurs électroniques qui sont au niveau des boîtes de vitesses. Sur ces derniers, l’entreprise enregistrait jusqu’à un appareil sur trois endommagé durant le transport, malgré le recours à des emballages renforcés. "Ces pièces valent entre 3 000 et 4 000 euros neuves", souligne Jean-Charles Trochon, cofondateur et codirigeant de Cotrolia avec Vincent Nicot. La collaboration avec Livingpackets a permis de mettre au point une boîte sur mesure pour cette pièce. "Nous discutons depuis un an ensemble. Aujourd’hui, il n’y a plus de casse", se réjouit Jean-Charles Trochon.
Des boxes en location
Ces boxes sont conçues pour être utilisées plusieurs centaines de fois. Chaque colis est verrouillé électroniquement et ne peut être ouvert qu’avec l’autorisation du destinataire. "De plus, nous pouvons localiser les boxes pour ne pas les perdre, ou encore savoir si elles ont subi un choc par exemple", poursuit Jean-Charles Trochon. De son côté, LivingPackets, qui est installé sur un site de 3 500 m² à Sainte-Luce-sur-Loire dans la métropole de Nantes, mise sur un service de location pour ses boxes.
Avec aujourd’hui une trentaine de clients, l’entreprise vise un déploiement accru en Europe, avec des partenariats dans des pays comme l’Allemagne, le Benelux et l’Italie. "Nous travaillons déjà avec des clients dans neuf pays. L’objectif est de démultiplier notre présence dans l’Union européenne grâce à une stratégie locale de production et de distribution", nous affirmait il y a quelques mois Denis Mourrain, directeur des opérations et cofondateur de Livingpackets.
Des pièces réparées en lots
Fondée en 2008, Cotrolia a connu durant une décennie une croissance très linéaire, avant que les commandes ne s’envolent de manière exponentielle. Passée de 35 salariés en 2021, à 60 en 2023, l’entreprise compte aujourd’hui 130 collaborateurs. Elle répare environ 300 pièces par jour sur son site historique, basé à Couëron près de Nantes, avant de les réexpédier aux clients finaux comme les garages ou les concessions.
En parallèle, Cotrolia a investi depuis un an et demi un second site, à Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique), sur un modèle plus industriel, afin de prendre en charge des pièces électroniques de moindre valeur. "Nous travaillons cette fois-ci avec les grossistes, pour qui les pièces sont disponibles directement en lots sur étagère. Cela peut être par exemple des réservoirs AdBlue (additif qui permet de réduire les émissions des moteurs diesel, NDLR) ou des boîtiers de gestion d’alimentation", détaille Jean-Charles Trochon.
Cotrolia souhaite aujourd’hui être présente sur l’ensemble des pièces électroniques des véhicules de toutes les marques. "Nous avons aujourd’hui plusieurs dizaines de boxes spécifiques aux calculateurs, qui étaient la pièce la plus critique, mais d’autres produits enregistrent un pourcentage de casse non négligeable. Notre collaboration est amenée à se développer sur d’autres pièces", esquisse le dirigeant. Le collectif nantais devrait ainsi s'étoffer et prendre de la carrure.