Nouvelle-Aquitaine

Financement

Interview Christophe Jaglin (Hélia Conseil) : « Un guichet unique pour les ETI régionales »

Entretien avec Christophe Jaglin, président d'Hélia Conseil

Propos recueillis par Jean Berthelot de La Glétais - 03 janvier 2019

Christophe Jaglin est président de Hélia Conseil, filiale de la Caisse d’Épargne. Il détaille les forces de cette entreprise d’ingénierie financière, dont l’objectif affiché est de « soutenir la croissance et la vitalité des entreprises et collectivités au service des acteurs de l’économie locale ».

En trois ans, la filiale des Caisses d’Épargne d’Aquitaine-Poitou-Charente et de Bretagne-Pays de Loire a réalisé 40 projets, pour 700 millions de financements accompagnés. — Photo : Fotolia

Hélia Conseil a été créée en mai 2016. À quels besoins répondait alors la création de cette structure ? 

Christophe Jaglin : Nous sommes une filiale commune de deux Caisses d’Épargne, celle d’Aquitaine-Poitou-Charentes et celle de Bretagne-Pays de Loire. Jusqu'à lors, les deux banques avaient tous les outils pour accompagner des opérations voulues par des petites entreprises du territoire, ou au contraire par de très grands groupes.

Mais entre les deux, il manquait un chaînon, une structure capable de prendre le leadership sur des opérations qui intéressent bien des acteurs en région, à savoir entre 5 et 100 millions d’euros de crédit environ. Nous avons donc monté une équipe d’experts en ingénierie financière, capables de structurer ces crédits.

Depuis bientôt trois ans, combien d'entreprises avez-vous accompagné dans leurs projets ?

C.J. : Entre mai 2016 et novembre 2018, nous avons réalisé 40 projets, pour 700 millions de financements accompagnés. Avec un spectre assez large, allant d’un dossier immobilier à 80 millions d’euros à beaucoup d’opérations de croissances externes tournant autour de 3 à 4 millions d’euros. Accompagner ces ETI régionales lors de phases clefs, c’est vraiment le cœur de notre mission. On veut aussi étendre le spectre, toucher des entreprises plus petites.

Pour notre développement, nous allons recruter deux nouveaux ingénieurs d’affaires. Ils vont s’ajouter aux trois chargés d’ingénierie financière et aux quatre ingénieurs d’affaires que nous comptons déjà, établis à Bordeaux et Nantes. Nous avons aussi un juriste dans l’équipe, puisque nous sommes amenés à discuter avec les avocats de nos clients, à écrire de la documentation juridique et financière.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres structures d'accompagnement, déjà nombreuses sur le territoire ? 

C.J. : Je pense que l’aspect « guichet unique » compte beaucoup, c’est-à-dire que nous pouvons aborder toutes les solutions possibles en matière de financement. Qu’il s’agisse d’un crédit bancaire, d’émissions de dettes privées, d’un crédit immobilier, nous avons une approche globale réellement fondée sur les besoins du client. Nous sommes un peu les seuls, en région, car la plupart des structures sont beaucoup plus compartimentées.

C’est d’ailleurs pour avoir cette approche globale que nous avons, d’emblée, monté une équipe de taille assez importante et surtout d’expérience. Le fait de mutualiser les efforts de deux grandes Caisses d’Épargne nous a permis de trouver ces profils, avec des expertises très variées. Aujourd’hui, même si nous appartenons à deux « vieilles dames » très actives, nous sommes une jeune entreprise qui termine sa phase d’amorçage. Notre idée est de nous faire, à terme, une place encore plus grande sur le grand quart atlantique, soit 18 départements.

En trois ans, la filiale des Caisses d’Épargne d’Aquitaine-Poitou-Charente et de Bretagne-Pays de Loire a réalisé 40 projets, pour 700 millions de financements accompagnés. — Photo : Fotolia