Lyon

Développement

Interview Jean-Michel Bérard (Esker) : "Notre valorisation, portée à 1,7 milliard d'euros, nous ouvre des portes"

Entretien avec Jean-Michel Bérard, PDG et fondateur d'Esker

Propos recueillis par Audrey Henrion - 10 septembre 2021

Après un coup d’arrêt au printemps 2020, les flux sont revenus à la normale pour le groupe lyonnais Esker, fondé par Jean-Michel Bérard il y a 35 ans. Le leader mondial des solutions de digitalisation pour les entreprises (gestion des achats, factures fournisseurs, commandes clients...) qui réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires à l’international (6 000 clients dans le monde) pose les bases d’une accélération, grâce à une valorisation du groupe portée à 1,7 milliard d’euros.

Jean-Michel Bérard, PDG et fondateur d’Esker, souhaite avoir recours à de la croissance externe.
Jean-Michel Bérard, PDG et fondateur d’Esker, souhaite avoir recours à de la croissance externe. — Photo : © Michael Mowbray - Michael Mowbray

Vous avez annoncé des résultats annuels records en 2020 (112,30 M€, +8 % de croissance) et un premier semestre 2021 excellent (64,40 M€) avec une croissance de 22 %. Comment se profile la fin de l’exercice 2021 ?

L’année devrait s’achever sur un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros, soit une croissance de 17 % par rapport à 2020, avec des profits et uniquement en croissance organique. Ce record d'activité, Esker est allé le chercher en déployant une stratégie marketing renforcée, des webinaires online et autres événements virtuels qui ont remplacé les salons professionnels. Par ailleurs, on continue de nouer des partenariats avec des groupes "amis" qui proposent nos solutions à leurs clients : Cegid pour les PME, l’éditeur de logiciel Imaweb pour les concessionnaires automobiles, Visiativ pour les PMI. Nous confions ces clients à nos partenaires pour nous concentrer sur de plus gros groupes. Et le résultat est là. Cette année, nous accueillons entre autres les groupes Gucci, Legrand ou encore The Home Depot aux USA.

La croissance organique vous autorise aussi à regarder du côté de nouvelles acquisitions ?

La croissance externe reste un axe important pour compléter notre offre qui permet de dématérialiser les démarches administratives des entreprises. On aimerait proposer des produits pour, par exemple, digitaliser les prises de commandes, gérer les factures clients, les encaissements, mais aussi procéder à la recherche de fournisseurs, financement des factures. On souhaite passer par des acquisitions pour opérer ces déploiements mais la pandémie ne nous facilite pas la tâche. Finlande, États-Unis, on avait des cibles que nous n’avons pas pu aller rencontrer…. Les start-up qui nous intéressent sont valorisées 10 à 20 fois leurs ventes.

Esker est coté en Bourse depuis 1997. Combien pèse votre groupe aujourd'hui ?

Esker est valorisé à 1,7 milliard d’euros, 12 à 13 fois les ventes, une excellente nouvelle pour nous. Cette valorisation nous servira à réaliser des acquisitions que nous pouvons partiellement payer en titres détenus en propre limitant l'impact sur la trésorerie. Le hic, c’est que tout ce qu’on veut acheter est aussi cher voire plus cher que nous ! Et en face, on a des concurrents valorisés encore plus haut, comme Coupa, Bill.com ou billTrust…

Esker évolue dans un secteur très tendu côté ressources humaines, avec de gros besoins en R & D, intelligence artificielle. Êtes-vous au complet aujourd’hui avec vos 400 salariés à Lyon ?

Nous avions accumulé un gros retard notamment sur la R & D. Mais comme à l’été 2020 bon nombre d'entreprise de service du numérique avaient arrêté de recruter, on en a profité ! Sur 160 personnes à recruter, dont 100 créations de postes et une soixantaine de remplacements (8 % de turn-over, NDLR) nous avons réalisé 60 % de notre plan en mettant beaucoup de moyens dans le service RH.

Depuis le 6 septembre, la norme chez Esker est passée à deux jours de télétravail par semaine.
Depuis le 6 septembre, la norme chez Esker est passée à deux jours de télétravail par semaine. - Photo : Esker

Vous avez inauguré un siège social flambant neuf en 2018, en face du parc de la Tête d’Or mais les bureaux étaient déserts ces derniers mois. Quelle est la doctrine chez Esker en matière de télétravail ?

Les équipes sont restées en télétravail pendant très longtemps, nous n’avions fixé aucune règle. Depuis fin août, on commençait à revoir du monde et, depuis ce lundi 6 septembre, on a fixé des règles consistant à autoriser le télétravail deux jours par semaine. Nous avons réalisé un sondage auprès des salariés, 5 % d'entre eux plébiscitaient 100 % de télétravail, et autant réclamaient 100 % de présence au bureau, la majorité oscillait entre deux et trois jours. Nous avons convenu de fixer deux jours maximum par semaines à la maison, plus deux jours maximum par mois qu'on peut prendre en plus. A mon sens, le télétravail à 100% c'est mortel, si vous êtes quelqu'un qu'on ne voit jamais vous n'êtes plus qu'une ressource. Alors pourquoi ne pas être remplacé par une personne délocalisée... c'est un grand danger. Nous lançons aussi l'idée du bureau satellite à Décines dans l'est lyonnais, où nous possédons des locaux sous exploités que l'on va rénover et aménager, sur les mêmes codes couleurs qu'ici, en espace de coworking 100% Esker. Des salariés qui habitent l'est lyonnais trouveront une ambiance de travail comme au siège avec des facilités de ressources sur place, 400m² accueilleront une vingtaine de salariés simultanément, 45 collaborateurs sont d'ores et déjà intéressés. Quant au siège lyonnais, nous continuons de préempter les surfaces de l'immeuble qui se libèrent, nous en détenons déjà 70%.

Jean-Michel Bérard, PDG et fondateur d’Esker, souhaite avoir recours à de la croissance externe.
Jean-Michel Bérard, PDG et fondateur d’Esker, souhaite avoir recours à de la croissance externe. — Photo : © Michael Mowbray - Michael Mowbray

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