Auvergne Rhône-Alpes

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Coronavirus : en Auvergne Rhône-Alpes, les pouvoirs publics se mobilisent pour les entreprises

Par Audrey Henrion, le 16 mars 2020

Le versant économique de la crise sanitaire du coronavirus Covid-19 impacte aussi, à Lyon, le fonctionnement des interlocuteurs institutionnels des entreprises. Région, tribunal de commerce, métropole de Lyon tentent, après quelques jours de latence, d’organiser le recueil d’informations et le déploiement de mesures afin de répondre aux besoins.

Salle de réunion vide
Le président du tribunal de commerce de Lyon Thierry Gardon conseille aux entreprises de se mettre sous la protection du mandat ad hoc, confidentiel et non limité dans le temps. — Photo : Benjamin Child

Depuis le village de La Balme (Haute-Savoie) encore enfoui sous la neige, Laurent Wauquiez le président du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, annonçait le 10 mars un crédit de refinancement de 10 000 € pour les commerçants, artisans et professions libérales impactés par la crise du coronavirus Covid-19.

Vendredi 13 mars, changement de braquet. Rattrapé par le discours du Président de la République et, sans doute, par les déclarations de son alter ego des Hauts de France Xavier Bertrand (qui annonce mobiliser 50 M€ pour aider artisans, commerçants et entreprises), le chef de l'exécutif régional annonce une réunion de crise lundi 16 mars au soir, en présence des responsables économiques régionaux, pour évoquer de nouveaux dispositifs.

"C’est grave, très grave"

Autour de la table sera notamment présent le Medef Auvergne Rhône-Alpes. L'organisation patronale compile, depuis le 9 mars, les retours chiffrés des différents syndicats professionnels. « C’est grave, très grave », souffle le délégué général Stéphane Flex, qui espère avoir des chiffres consolidés ce 16 mars. Le président du Medef régional, Jean-Luc Raunicher, fera partie de la réunion de crise organisée à l’Hôtel de Région.

Le tribunal de commerce de Lyon a quant à lui ouvert une permanence dédiée aux entrepreneurs rencontrant des difficultés dès le 11 mars au matin. Mais le lundi 16 mars, rétropédalage. Le greffe du tribunal annonce un arrêt des audiences jusqu’au 10 avril minimu. Pour connaître la date de renvoi de votre affaire il faut consulter cette page : https://lnkd.in/gnsbT5N

Situation inédite

Les gros cabinets de conseil sont « très sollicités ». Ce que confirme Nicolas Bes, avocat spécialisé dans l’appui aux entreprises. « Nous sommes sous l’eau » écrit-il par SMS. Son confrère, Joseph Aguerra, l’un des plus gros cabinets lyonnais spécialisé en droit social, a eu fort à faire avant l’allocution du président de la République, faisant face à « des questions auxquelles objectivement nous n’avions jamais répondu », souligne l’expert : quid des hôtesses d’accueil très exposées, des femmes enceintes. Désormais, il gère la gestion voire le rapatriement des expatriés. Et admet volontiers n’avoir « jamais vécu une telle situation ».

Du côté des hôteliers-restaurateurs, Laurent Duc, président de l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) Hôtellerie Française et hôtelier à Lyon, fait part de chiffres en berne : « A Lyon, la fréquentation au 11 mars était en baisse de -15 à -30 % dans les hôtels de la métropole, et de -50 % dans les restaurants. Même si le Grand Lyon a mis en place un échelonnement de la perception de la taxe de séjour en lien avec les services de l’État, la mesure paraît, là encore, dérisoire. »

Reports des charges et garantie des prêts 

En termes d’appui aux entreprises, la Direction du travail a mis en ligne tous les documents auxquels peuvent avoir besoin les dirigeants pour déclarer du chômage partiel ou demander un report des charges. Quant à Bpifrance, la banque parapublique qui assure les prêts bancaires des entreprises, elle annonce être passée d’une garantie couvrant habituellement 50 % des prêts de renforcement de trésorerie à 90 % le 13 mars. « Pour l’heure nous portons notre effort sur l’accueil téléphonique aux entreprises, nous ne sommes pas en mesure de délivrer des statistiques sur les types d’entreprises frappées par un étranglement de trésorerie », fait savoir la direction de la communication.

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Le président du tribunal de commerce de Lyon Thierry Gardon conseille aux entreprises de se mettre sous la protection du mandat ad hoc, confidentiel et non limité dans le temps. — Photo : Benjamin Child

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