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Loisirs

Interview Altiplano : "Nous voulons continuer à développer nos parcs de loisirs à Lyon"

Entretien avec Luc Peyre, président d’Altiplano

Propos recueillis par Déborah Berthier - 21 novembre 2022

Le spécialiste des activités de loisirs, Altiplano (11 M€ de CA visé en 2022, 40 salariés), qui vient de lancer une nouvelle activité de blindtest dans ses multiplexes Exalto prévoit de renforcer sa présence à Lyon et aux États-Unis au cours des deux prochaines années.

Luc Peyre, président d’Altiplano
Luc Peyre, président d’Altiplano — Photo : MRCproduction

Le groupe Altiplano, fondé en 2002, exploite des bowlings, des parcs d’accrobranches et des multiplexes de loisirs (trampoline, laser game, escape game), nommés Exalto. Une nouvelle activité, nommée blindtest, a été lancée à l’automne dans vos parcs de loisirs indoor. Est-il nécessaire, pour un groupe tel qu’Altiplano, de lancer régulièrement de nouvelles activités ?

La nouvelle activité nommée Blindtest se pratique en groupe, dans une salle privative, muni d’un smartphone équipé de reconnaissance vocale. Les nouvelles activités sont indispensables pour nous. Les parcs d’attractions communiquent avant tout sur la nouveauté. C’est ce qui fait revenir le client, qui cherche de plus en plus des parcs multi-activités. Mais il faut trouver un juste équilibre entre les nouveautés, parfois éphémères, et les activités que l’on sait plus pérennes, comme le bowling, le trampoline ou encore le laser game.

Comment savoir si ces activités fonctionneront dans la durée ?

Nous faisons du benchmark en permanence. Nous nous rendons sur tous les grands salons nationaux et internationaux dédiés aux loisirs, pour découvrir les nouveautés, nous passons du temps avec les exploitants pour prendre en compte leurs retours et identifier leurs besoins. Il faut rester à l’affût et tenter de déterminer le retour sur investissement possible. Mais c’est parfois complexe. Lorsque nous avons lancé l’activité Prison Island, qui est un concept de loisir aventure indoor, nous avons, par exemple, tablé sur le fait qu’elle allait perdurer. C’est un produit abouti, qui nécessite un investissement assez important. La concurrence est peu nombreuse et l’aventure plaît aux gens. À l’inverse, d’autres activités se démodent très vite. C’est le cas notamment des activités de réalité virtuelle. En 2016, nous avons été les deuxièmes à ouvrir une salle de VR en France. Cela a duré un an. Les technologies ont évolué très vite et il était très compliqué de suivre le rythme. Nous avons donc pris du recul sur ce type d’activités.

En plus d’être exploitant de parcs, vous avez aujourd’hui une activité de construction de parcs et une autre de consulting. Laquelle de ces trois activités tire-t-elle la croissance du groupe ? Et comment souhaitez-vous faire évoluer ces trois piliers ?

Aujourd’hui, l’exploitation de parcs constitue 70 % de notre chiffre d’affaires (50 % en France et 20 % aux États-Unis). Ce qui veut dire que 70 % de nos revenus sont récurrents. La construction, représente un peu moins de 20 % de notre activité et le consulting, près de 5 %. Le consulting est, certes, bien plus rentable, mais il est ponctuel. Ce n’est pas le cœur de notre activité. Le fil rouge du développement d’Altiplano reste de rassembler les gens et d’amener le loisir à eux. Cette répartition devrait donc rester relativement stable dans les années à venir. D’autant que ces activités se complètent. Le consulting nous incite à être à l’affût des nouveautés, pour accompagner au mieux nos clients (des centres commerciaux ou des collectivités locales, en majorité). Et cette veille permanente profite également à notre activité d’exploitation.

Est-ce un modèle aujourd’hui rentable ?

Oui, nous dégageons un Ebitda annuel de 20 % à 30 %. Et nous sommes en mesure de financer notre développement sur fonds propres ou sur emprunt, lorsque c’est nécessaire.

Quels sont vos prochains axes de développement ?

D’ici 2024, nous en avons deux. Nous voulons continuer à développer nos parcs indoor Exalto. Nous avons notamment la volonté de renforcer notre présence à Lyon. Nous sommes implantés dans l’Est, dans l’Ouest et dans le Nord de la métropole. Nous avons l’intention de nous installer également au Sud de Lyon, afin de devenir un acteur réellement indispensable du loisir sur le territoire.

En parallèle, nous allons développer notre activité accrobranche aux États-Unis. Nous avons aujourd’hui quatre parcs, et nous en ouvrirons notamment un troisième à Philadelphie en 2023. En France, on compte environ 700 parcs d’accrobranche. En Europe, 3 000. Mais aux États-Unis, seulement 250. Lorsque nous sommes arrivés aux États-Unis, en 2011, l’accrobranche était une activité inconnue. Les débuts ont donc été compliqués, car il a fallu user de beaucoup de pédagogie pour la faire connaître. Mais les marges de développement y sont encore importantes alors que les marchés français et européens sont arrivés à maturité.

Et à plus long terme ?

Après avoir renforcé notre présence à Lyon, nous aimerions dupliquer le modèle dans d’autres grandes villes de France. Peut-être sous forme de franchise. Mais c’est encore en réflexion.

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