Les pellets de Zeta vont chauffer nos bâtiments communaux. Spécialisée dans la fabrication de broyeurs capables de transformer les déchets végétaux hétérogènes en combustibles solides écologiques, appelés pellets ou granulés, l'entreprise azuréenne prévoit l'implantation de sept usines de production de pellets en France d'ici à la fin 2014.
Une première usine opérationnelle en septembre
La première, située à Tourves dans le Var, sera opérationnelle à la rentrée. L'usine de 1.000 m² traitera 5.000 tonnes de déchets verts par an. Ils permettront la production de 3 à 4.000 tonnes de pellets, et la création de trois emplois. L'usine devrait réaliser un chiffre d'affaires annuel estimé entre 1 et 1,2 M€. Une deuxième unité est en cours de construction à Plabennec, du côté de Brest. Elle traitera le même volume de déchets. Suivront, courant 2014, des usines dans l'Oise, le Maine et Loire, le Cher, la Bourgogne... Cette activité permettra à la société d'engendrer « 3 M€ de chiffre d'affaires dès le prochain exercice », avance Étienne Frank, son dirigeant.
Changement de business model
Fondée en 2009, Zeta trouve enfin sa vitesse de croisière après quatre années d'évangélisation prônant « l'indépendance énergétique à partir du principe qu'il suffit de ramasser ce qui se trouve à portée de main », indique son dirigeant. Si deux broyeurs ont trouvé preneurs, en Croatie et en Suisse, permettant à l'entreprise de dégager 700 K€ de chiffre d'affaires en 2012, pour un résultat net de 66 K€, elle a longtemps peiné à convaincre les collectivités françaises, en mal de financement. « On a fait l'erreur de vouloir vendre nos broyeurs aux collectivités, ce qui a freiné notre développement, explique Étienne Frank. Il a fallu adapter notre modèle économique à la conjoncture et proposer une alternative ». Celle-ci consiste à demander à la collectivité d'héberger l'usine de production à proximité de sa déchetterie. En contrepartie, Zeta Pellet prend en charge le tri de la matière première, récupère la partie la plus ligneuse inadaptée au compost, la transforme en pellets qu'elle vend à la collectivité, moyennant la mise en place d'une chaufferie polycombustibles. « La collectivité se débarrasse à moindre frais de ses déchets verts, élimine l'énergie fossile et achète un produit peu onéreux à prix constant pour chauffer ou climatiser son lycée, sa salle de sport ou son HLM », détaille le dirigeant. Un produit dont le gisement est quasi illimité. À titre d'exemple, les Alpes-Maritimes produisent chaque année 150.000 tonnes de déchets végétaux. Dans les cinq ans, Zeta table sur l'implantation en France d'une quarantaine d'unités de production. Un développement à grande vitesse que l'entreprise souhaite sécuriser en s'engageant dans une levée de fonds d'un million d'euros.
Zeta Pellet
(Antibes) Dirigeant : Étienne Frank 6 salariés CA 2012 : 700 K€ Tél. : 04 97 21 18 06 @email