Harpe d'Or, la holding financière et familiale d'Alain Partouche (17 millions de capital, 1,5 million de résultat net) a fait le pari, voici sept ans, de miser dans l'industrie pétrolière. L'homme a pris des parts majoritaires au sein de Wintech Global, une société d'audit d'installations pétrolières fondée en 2008 par un ami d'enfance de son fils, Bertrand Szymkowiak, diplômé INSA et directeur de la société. Ce dernier avait identifié les problématiques qu'affrontent les industries pétrolières exploitant des puits en Amérique Latine et Afrique de l'Ouest. Là-bas, l'or noir très lourd, visqueux et corrosif altère les pipelines. Les solutions proposées sur le marché (changements réguliers d'équipements ou injections de produits chimiques pour rendre la matière première moins corrosive) n'étant pas satisfaisantes, les ingénieurs de Wintech Global se sont penchés sur une troisième alternative. Ils ont mis au point une technologie de rupture, reposant sur l'injection ciblée de vapeur d'eau à haute température dans l'unité de distillation, la "porte d'entrée" de la raffinerie. Cette vapeur forme sur les équipements une sorte de couche protectrice s'intercale entre le liquide et son contenant.
Sept ans et 3.5 millions d'investissements
Cette technologie déposée auprès de l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) de Genève sous le nom de "Crystal Guard" est le fruit de sept ans et 3,5 millions d'euros d'investissements en fonds propres de la holding. Sa commercialisation vient d'être lancée. Deux autres brevets, WINTicare et SALTrap (en cours d'homologation) complètent la chaîne de valeur. « Notre produit WINTIcare par exemple intervient pour dessaler l'eau, nous avons identifié 30.000 équipements à installer dans le monde, à 400.000 euros l'unité » chiffre Alain Partouche pour illustrer le potentiel de sa "pépite". « Nous souhaitons nouer un partenariat industriel pour chacun de nos trois brevets. Nous planifions un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros pour la partie audit de Wintech ». Selon les projections des dirigeants, la mise en oeuvre industrielle de ces trois technologies se chiffre bien au-delà. D'ailleurs, « plusieurs centaines d'emplois pourraient être créés dans le secteur de la chaudronnerie, de la métallurgie et de l'automation » veut croire Alain Partouche. Dont l'entreprise n'a pas encore rejoint RACE, le cluster Oil & Gas lyonnais. « Ce milieu est très fermé, nous devons d'abord faire la preuve du concept avant d'y accéder » reconnaît-il.