Au cœur de la zone CargoPort de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, les chantiers ne désemplissent pas. DHL, Amazon, Panattoni… tous ont flairé le potentiel logistique de ce carrefour multimodal. Mais avec l’afflux d’opérations et les 7 000 emplois attendus d’ici 2030, les élus s’inquiètent : voiries saturées, dessertes de bus insuffisantes, pression foncière… Pour autant, la dynamique est enclenchée. Dernier en date à miser sur ce poumon logistique de l’Est lyonnais : WFS (30 000 collaborateurs, 2 Md€ de CA en 2024), acteur mondial du fret aérien, qui vient d’y lancer la construction de son futur hub français, baptisé Aéroport de Lyon DC1.
Développée par le spécialiste du bâtiment logistique Prologis pour un montant de 52 millions d’euros, cette plateforme de 25 300 m² sur un terrain de 5,2 hectares est située en bordure immédiate des pistes. Conçue clé en main par le promoteur lyonnais em2c, la livraison est prévue avant l’été 2026, soit 18 mois après le lancement des travaux (décembre 2024).
Elle réunira pour la première fois toutes les activités lyonnaises de WFS, actuellement dispersées sur quatre sites, pour former le deuxième plus grand hub du groupe en France après Paris-CDG.
Un site ultra-connecté
Pensée comme un bâtiment traversant, la plateforme DC1 répond aux exigences croissantes des filières à forte valeur ajoutée – pharmaceutique, luxe, pétrochimie, agroalimentaire. Il aura un côté destiné aux avions-cargos et un autre pour les poids lourds. Le bâtiment comprendra 36 portes à quai, dont 5 adaptées aux palettes avion, ainsi que 4 400 m² de chambres froides à température dirigée. Côté bureaux, près de 3 700 m² sont prévus.
"Ce site nous permettra de rationaliser le traitement du fret, de raccourcir les délais de rotation et d’accroître nos capacités dans l’un des corridors logistiques les plus stratégiques de France", souligne Laurent Bernard, vice-président France de WFS. Une autorisation d’occupation *temporaire de 50 ans a été conclue entre Aéroports de Lyon et Prologis. WFS, quant à lui, s’est engagé dans le cadre d’un bail en l’état futur d’achèvement d’une durée de 20 ans.
300 emplois attendus
Ambitieux aussi sur le plan environnemental, le bâtiment vise la certification "BREEAM Very Good" (méthode d'évaluation et de certification de la durabilité environnementale des bâtiments) : il disposera d’une toiture photovoltaïque, de LED à détection, de bornes pour véhicules électriques, d’un système de maîtrise énergétique, etc. L’électricité produite localement sera en partie consommée sur site, l’excédent réinjecté dans le réseau. Une contribution alignée avec les engagements de Vinci Airports, gestionnaire du site via Aéroports de Lyon.
Côté emploi, plus de 300 postes directs et indirects sont attendus. "Ce bâtiment illustre notre capacité à fédérer les acteurs autour de solutions adaptées, en lien avec les besoins des filières d’excellence de notre territoire, notamment la santé", souligne Cédric Fechter, président du directoire d’Aéroports de Lyon.