Véritable vitrine des marques, des groupes industriels comme des sociétés de services, mais aussi des institutions et des réseaux, le site web est une porte d'entrée devenue incontournable. Reflet d'une identité, ce portail est aussi très stratégique en termes de communication et de marketing. D'où l'importance de le peaufiner dans les moindres détails et surtout de ne pas le négliger. Nous avons voulu savoir si les sites web bretilliens étaient au rendez-vous, à la hauteur des attentes des internautes. Avec l'aide de la société rennaise
Dareboost (4 salariés, CA : nc), experte de l'audit et de la surveillance de la performance et de la qualité des sites internet, les portails des 50 premières entreprises privées du département ont été passés au crible, ainsi que 31 sites plus institutionnels. Précision : les différents sites analysés ne répondent pas tous aux mêmes enjeux, ni donc aux mêmes contraintes.
Beaumanoir « bon élève »
Une batterie de tests a été menée sur les sites concernés (lire méthodologie ci-dessous). Dareboost, qui revendique plus de 250 clients payants et 12.000 utilisateurs de sa solution (dont 30 % à l'international), a fait de ces « crash tests » son coeur de métier. « Nous simulons la visite d'un internaute sur une page web et collectons toutes les données transférées et mesurons des dizaines d'indicateurs », revendique Damien Jubeau, son dirigeant fondateur, dont l'outil obtient ainsi un score. Il peut ensuite faire ses recommandations selon 140 bonnes pratiques. Pour nos sites cobayes, les résultats sont disparates, mais sans appel. Le site le plus performant est celui du groupe Beaumanoir, « bon élève » avec une notation de 86/100. Pas étonnant vu la priorité digitale que s'est donnée l'entreprise malouine. Le poids de sa page web (1,08 Mo) est deux fois moins élevé que la moyenne des 50 sites audités (2,14 Mo). Il est suivi en 2e et 3e rangs de Keolis Rennes et Provimi France (société de nutrition animale). En bon quatrième, le groupe rennais Samsic affiche la note de 77/100. L'équipe de Dareboost considère qu'« il n'y a de problème majeur au-dessus d'une note de 90/100 ». En effet, même si le score maximal est atteint par plusieurs utilisateurs, cela reste généralement le cas de projets aux contraintes limitées.
Trop lourds
Ce critère du poids est généralement critique, selon Damien Jubeau : « Une page web trop lourde pose souvent problème pour les connexions bas débit, en milieu rural notamment. » Sachant qu'une page web est constituée en moyenne de 120 à 130 fichiers, son poids global a intérêt à être le plus léger possible. À ce jeu, certains sont très mauvais élèves : Quaron, PointP, Canon Bretagne ou encore Espacil. Notons que les sites d'informations (comme Ouest France) sont pénalisés à cause de la pub qu'ils hébergent.
Trop lents
Autre critère essentiel pour une page internet : le temps de réponse du serveur web. Mesuré en millisecondes, il doit être inférieur à 200 ms selon une recommandation de Google. « Cette recommandation est souple, il faut faire encore moins, c'est d'ailleurs le cas de 8 sites du classement qui sont en dessous de 100 ms », précise Damien Jubeau. La moyenne bretillienne du privé est trois fois plus lente, à 678 ms ! Elle monte à 700 ms pour les sites institutionnels publics (lire ci-contre). « La réponse du serveur n'est que la toute première étape, mais reste essentielle. C'est aussi un temps à optimiser pour le référencement naturel. »
Peu d'investissements
De même, le début de l'affichage des premiers éléments d'une page web s'avère important. « Avant, la page est blanche et l'internaute risque de s'inquiéter du bon fonctionnement du site. Un délai important dénote souvent une absence d'investissement sur la performance web. »
Enjeux
Et pour compléter sur l'expérience utilisateur, de plus en plus mise en avant, le critère « le plus pertinent » reste le speed index. La moyenne de la classe est « assez correcte » autour de 2.000. Les enjeux pour ces sites ? « Des aspects intéressants en terme de ROI pour les entreprises. Pour l'internaute, quand un site est performant, il y passe plus de temps, y revient même. Or, l'utilisateur ne donne généralement pas de seconde chance ».
Les sites internet des 50 plus grands groupes privés d'Ille-et-Vilaine et de 30 institutions sont-ils performants ? Ont-ils du répondant, des marges de progrès ? Pour la première fois, Le Journal des entreprises publie, en partenariat avec Dareboost, une étude sur le sujet.