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Voie réservée sur la rocade, MaPrimeRénov' : les propositions du bâtiment en Gironde pour sortir la tête de l'eau
Gironde # Bâtiment # Organisations professionnelles

Voie réservée sur la rocade, MaPrimeRénov' : les propositions du bâtiment en Gironde pour sortir la tête de l'eau

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En amont de la 2e édition des Assises du bâtiment en Gironde, ce 16 avril, les entrepreneurs ont préparé 15 propositions destinées aux pouvoirs publics. Objectif : encourager la construction et être fin prêts pour la sortie de crise, qui tarde. Parmi les grands dossiers : la mobilité, la formation et le traitement des dossiers d’aides.

Thomas Page, en charge de la rénovation énergétique à la FFB Gironde, Nathalie Laporte, vice-présidente de la FFB et présidente de la CMA Gironde, Jérôme Banderier, président de l'ULG, Thierry Leblanc président de la FFB Gironde et Jonathan Prévereaud, vice-président du Pôle Habitat, ont présenté les 15 propositions des professionnels du bâtiment ce 16 avril — Photo : Caroline Ansart

"Le mot d’ordre, c’est construire ensemble", martèle Thierry Leblanc, président de la FFB Gironde, devant la presse ce 16 avril, avant que ne débute la 2e édition des Assises du bâtiment du département à Bruges. En guise de préparation aux tables rondes rassemblant 300 professionnels, élus et acteurs économiques du territoire, 60 entrepreneurs ont planché pour élaborer 15 propositions. "Ce sont les remontées du terrain, explique Thierry Leblanc, pour alimenter un échange et mettre de l’huile dans les rouages."

Accéder à la métropole bordelaise

Faire évoluer les plans locaux d’urbanisme pour davantage de verticalité, réhabiliter les bâtiments à l’abandon en ruralité, identifier un interlocuteur par commune pour les chantiers, réduire les délais de paiement des comptables publics… : toutes les propositions sont très concrètes. Comme celles qui viseraient à créer une voie dédiée aux artisans sur la rocade bordelaise, à proposer dans les centres-villes des abonnements adaptés, et alléger les autorisations administratives pour les chantiers. "Je suis peintre, je ne vais pas porter mon échelle sur un vélo-cargo", justifie Nathalie Laporte, vice-présidente de la FFB Gironde et présidente de la Chambre de métiers et de l’artisanat du département.

"Nous sommes le département de France avec le plus long délai de traitement des dossiers MaPrimeRénov'"

La question de l’accès à la métropole crispe. "Aujourd’hui, envoyer une équipe dans la métropole prend une, voire deux heures. Au final, c’est le client qui paie. Le coût des travaux est donc différent dans la métropole et en dehors. Cela devient un critère à l’embauche que de garantir qu’il n’y aura pas de chantier dans la métropole. Pourtant, 80 % des bâtiments sont à rénover."

Pire département dans le traitement des dossiers MaPrimeRénov'

Autre piste d’amélioration, celle des dossiers d’aides, notamment MaPrimeRénov'. "Nous sommes le département de France avec le plus long délai de traitement", déplore Thomas Page, en charge de la rénovation énergétique à la FFB et vice-président de Qualibat. "Mille dossiers sont bloqués, c’est autant d’aides de l’État qui vont être redistribuées à d’autres territoires", estime-t-il.

Les artisans réclament un accès facilité en centre-ville, notamment des abonnements adaptés pour le stationnement, une voie dédiée sur la rocade, et des interlocuteurs en mairie chargés de fluidifier les autorisations et déroulés des chantiers — Photo : Stanisław Błachowicz

À l’inverse, la Charente-Maritime est l’exemple à suivre, meilleur département de la région avec un délai de traitement moyen de trois semaines, versus plusieurs mois en Gironde. "Il manque des équivalents temps plein en Gironde", concluent les entrepreneurs, qui s'engagent à "mieux préparer les dossiers".

Ils plaident aussi pour un guichet unique pour l’ensemble des aides et vers lequel pourraient se tourner les particuliers comme les professionnels.

Des perspectives encore moroses

D’autant que le marché de la rénovation n’est pas aussi bon qu’escompté. "Nous espérions une forte dynamique en entretien et rénovation, nous sommes entre 1 et 2 % de croissance, c’est faible", regrette Thomas Page. Globalement le bâtiment ne reprend pas encore de couleurs. "Cela ne va pas mieux, confirme Thierry Leblanc. Il y a des frémissements mais c’est épisodique. On se réjouit quand un chantier redémarre mais on n’a pas la visibilité qui nous apporterait de la sérénité. Après le gros œuvre, c’est le second œuvre qui est touché."

5 000

Les chiffres sont toujours édifiants. "Les constructions de maisons individuelles tournent autour de 2 600 par an contre 5 000 il y a 10 ans, rappelle Jonathan Prevereaud, vice-président du Pôle Habitat. Entre 2022 et 2023, c’est 220 millions d’euros de moins de droits de mutation issus des ventes des logements neufs et anciens." Quant aux promoteurs, "on va avoir un trou d’air à partir de 2025 jusqu’en 2026", prévient Jérôme Banderier, président de l’Union pour le logement en Gironde.

Pour autant, les professionnels veulent être prêts pour la reprise et prônent notamment un plan national et départemental de formation de main-d’œuvre. "Pour rappel, fin 2024, nous enregistrions une perte de 5 000 emplois en 15 mois en Gironde, c’est trois fois Ford. Il faut récupérer des ressources", défend Thierry Leblanc.

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