Vins : La filière viticole en pleine restructuration
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Vins : La filière viticole en pleine restructuration

vente Lors du salon des Vins et Terroirs, certains vignerons ont fait état d'une baisse des ventes. L'Interprofessionnelle des Vins du Sud-Ouest parle « d'évolution».

«On a réellement senti la crise

au début de l'année et on la ressent encore. Le panier moyen du particulier qui était de 100euros a baissé d'au moins 40%», regrette Laurent Visseq propriétaire récoltant du domaine Saint-Laurent de Saurs (Gaillac). Dans les allées du salon des Vins et Terroirs (du 4 au 6novembre dernier), les réactions sont mitigées quant à la santé financière des vignerons. Pour beaucoup, comme Giselle Aubray du Château Cransac (Frontonnais), «si la situation n'est pas catastrophique, c'est dur mais on y arrive quand même.» Néanmoins d'autres ont le sourire. «On vend très bien, nous n'avons pas ressenti la crise», s'enthousiasme le chef de secteur commercialisation du domaine Croix des Marchands même s'il ajoute «on voit bien autour de nous que certains vignerons souffrent.»




Un secteur en pleine transformation

Pour Paul Fabre, le directeur de l'Interprofessionnelle des Vins du Sud-Ouest (IVSO), «la viticulture est en pleineévolution». Les vignerons doivent s'adapter. «Le marché est de plus en plus concurrentiel, la consommation est en baisse et les goûts évoluent. Pour faire face, certaines structures grossissent mais il n'y a pas de modèle unique», analyse le directeur de l'IVSO. Difficile alors pour Paul Fabre d'évaluer la santé d'une filière en transformation. «Il y a une multitude d'entreprises, certains vignerons disparaissent car ils ne se sont pas adaptés ou n'avaient pas de repreneurs mais vous avez aussi des coopératives qui grossissent», explique-t-il. Jacques Tramier, le directeur général de Vinovalie qui rassemble quatre structures coopératives et produit environ 230.000 hectolitres de vin par an, estime que le plus lourd de la crise viticole est passée. «L'épicentre de la crise se trouvait en 2005-2006, l'année 2011 est la meilleure année pour nos caves.»




Prêt pour l'export?

Pour le Dg de Vinovalie comme pour Paul Fabre, l'export est une problématique importante avec une consommation qui augmente à l'international et baisse en France. «On travaillait sur 10% de la population mondiale, il y a de nouveaux pays consommateurs comme la Chine ou le Canada. Ce sont des opportunités qui sont ralenties par la crise mais je suis optimiste», assure Jacques Tramier. Néanmoins le directeur général de Vinovalie émet des réserves. «Il faut faire émerger des entités plus importantes avec plus de moyens pour porter l'offre, il faut savoir si on est taillé pour prendre une part du gâteau», explique t-il sceptique. Il y a tout de même un point sur lequel les vignerons sont d'accords, la récolte 2011 sera de très bonne qualité. Les conditions climatiques étant réunies, la quantité sera également au rendez-vous. Encore faudra t-il pouvoir l'écouler.

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