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Green4Cloud va créer une constellation de micro-datacenters
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Green4Cloud va créer une constellation de micro-datacenters

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La start-up héraultaise Green4Cloud, qui gère déjà deux implantations dans l’Hérault et le Gard, projette de déployer 400 datacenters d’ultra-proximité à horizon 2030. Implantée chez des acteurs locaux, cette technologie s’appuie sur un modèle distribué et sobre à la fois, deux facteurs de résilience face aux grands centres de données centralisés.

Née à Alès (Gard) en 2022, Green4Cloud s’est récemment délocalisée à Mauguio — Photo : Green4Cloud

Quand d’autres font la course au gigantisme, la start-up Green4Cloud (10 salariés), basée à Mauguio (Hérault) près de Montpellier, mise sur une architecture de proximité, distribuée en plusieurs micro-datacenters : ses machines sont implantées au sein d’immeubles d’activités où elle loue un espace, le met à ses normes de sécurité informatique et y installe son offre. "C’est une logique de cloud souverain avec des briques technologiques facilement scalables. Nous ne construisons rien, car nous nous adaptons à l’existant", résume Julien Delcroix, président cofondateur de Green4Cloud.

Priorité aux solutions sécurisées

Ce modèle économe en ressources financières et matérielles lui a déjà permis de déployer son cloud dans deux micro-datacenters situés à Vézénobres (Gard), près d’Alès, et à Saint-Aunès (Hérault). De taille plus compacte que les méga centres de données, ils répondent aux mêmes exigences de protection des données. "Nous maîtrisons l’architecture matérielle, et nous y rajoutons une couche de solutions open source, non-soumises à la réglementation américaine, que nous paramétrons et mettons à nos couleurs. Si nous ne trouvons pas notre bonheur dans le catalogue open source existant, nous travaillons avec des éditeurs français et européens", poursuit le start-upeur.

Un maillage d’ampleur

Moyennant une levée de fonds de 5 millions d’euros qu’elle planifie pour 2027, Green4Cloud prévoit d’accélérer ce déploiement. Les prochains territoires visés sont la Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes, en plus d’une première percée à l’export au Maroc dès le second semestre 2026. D’ici 2030, elle vise la création d’une constellation de 400 micro-datacenters. "Nous aurons dans chaque cas la même démarche d’ultra-proximité, avec l’ambition d’être implantés à moins d’une heure ou 1h30 de nos clients locaux", souligne Julien Delcroix.

L’atout de la sobriété énergétique

L’autre facteur déterminant dans l’équation de Green4Cloud est la sobriété énergétique : la start-up utilise 90 % de matériels reconditionnés (hors disques durs) pour ses centres, et consomme de 40 % à 60 % d’électricité en moins que ses grands concurrents. Le caractère à la fois distribué et sobre du réseau lui assure, selon son fondateur, plus de résilience et d’autonomie que les grands centres surdimensionnés. "Alors qu’un gros data-center compte plusieurs dizaines de baies informatiques, un seul micro-datacenter représente une demi-baie. C’est en soi une garantie de plus en termes de sécurité : si dans ce contexte géopolitique troublé l’infrastructure énergétique est visée, nous pourrons assurer la disponibilité des ressources en nous appuyant sur notre constellation", souligne-t-il.

Garder la liberté d’agir

Green4Cloud gère une clientèle d’industriels, d’avocats ou de professionnels du chiffre. Parmi les experts-comptables, le cabinet AFG Nîmes (5 associés, 42 salariés) a fait lui aussi confiance à la start-up. Associée au sein du cabinet, Maria Pialet rappelle que son métier est détenteur "de données sensibles" : "Les packages de services proposés par les grands faiseurs américains ne nous convenaient pas, en termes de prix, de fonctionnalité et de confidentialité. Nous avons choisi un acteur local pour avoir plus d’écoute. Les acteurs économiques ne seront plus libres de s’organiser si Donald Trump décide de couper les tuyaux américains. En relocalisant ses données dans un cloud local, on garde cette liberté, même s’il faut interdire certains usages comme l’envoi de données sensibles par mail ou messagerie".

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