Chez Legrand dans la Sarthe, Schneider Electric près de Rouen ou encore Involve Group près d’Oyonnax dans la Plastics Vallée, ces derniers mois, les deux containers de l’azuréen Verto se déplacent directement sur les sites des clients pour transformer et revaloriser les rebuts plastiques.
Objectif 300 tonnes transformées par an
"Au total, avec le premier conteneur, nous avons transformé un peu plus d’une vingtaine de tonnes pour l’instant et avons un objectif de près de 300 tonnes par an", précise Olivier Boulay, fondateur en 2024 de l’entreprise basée dans les Alpes-Maritimes.
Les besoins sont là. Restait à faire la démonstration de l’efficacité de la technologie qu’il a déployée. "Nous avons pu qualifier plusieurs types de matières et confirmer qu’on était capable de transformer ces différents plastiques. Nous avons même une qualité qui est supérieure à ce que l’on pouvait imaginer."
Une qualité conservée
Le double effet positif des "mini-usines" mobiles est de pouvoir non seulement recycler les plastiques mais aussi de pouvoir réutiliser la matière obtenue. De l’économie circulaire à l’état pur et un circuit on ne peut plus court.
Sur son site d’Izernore dans l’Ain, Involve Manufacturing l’utilise depuis plusieurs semaines. Et Franck Lapierre, pdg d’Involve Group, spécialiste de l’injection plastique, confirme : "Habituellement, nous broyons nos rebuts plastiques pour les réutiliser, mais ils perdent de leurs caractéristiques. Techniquement, ce n’est pas aussi facile. La solution de Verto a ses atouts sur certaines références de matières. C’est encore récent, mais nous allons probablement la promouvoir et l’utiliser de façon récurrente."
Manque de visibilité dans l’industrie
C’est cette récurrence, et donc de la visibilité, dont a besoin aujourd’hui la petite entreprise azuréenne pour avancer plus vite. "Je suis en discussion très avancée avec une dizaine de prospects, confie Olivier Boulay. J’ai été aussi contacté par de grands acteurs de la collecte de déchets qui n’ont pas forcément de solutions de regranulation."
Néanmoins, le dirigeant veut rester prudent après une année 2025 "très compliquée au niveau industriel en France. Beaucoup d’entreprises ont réduit très fortement leurs dépenses de prestations et elles sont nombreuses à s’être réorganisées. Chez certains prospects, j’ai par exemple changé quatre fois d’interlocuteur, de responsable achats. Il faut s’adapter."
De la data pour mesurer les économies réalisées
Une conjoncture économique peu porteuse et qui fait de l’ombre à un argument de poids — au-delà de l’atout environnemental — celui de l’économie réalisée grâce à Verto. "Nous le mettons bien sûr en avant mais ce n’est pas suffisant. Derrière, nous devons aller chercher de la donnée pour pouvoir calculer les volumes traités et montrer concrètement aux industriels les économies qu’ils pourront dégager pour eux-mêmes, en matière de consommation énergétique, de carbone…"
2 millions d’euros pour accélérer
Pour ce faire, Olivier Boulay compte sur une levée de fonds en juin 2026 visant les 2 millions d’euros pour à la fois recruter (il compte bientôt 3 salariés), structurer la partie commerciale et soutenir la R & D qui permettra de capter cette précieuse data. Mais ce financement servira surtout à déployer deux nouveaux containers, espérés dès 2027.
En attendant, le dirigeant, lauréat de Réseau Entreprendre Côte d’Azur, "active tous les leviers possibles". Il a déposé des demandes de subvention auprès de la Région Sud et de Bpifrance dans le cadre de France 2030. Il est également en discussion avec plusieurs banques. "L’objectif est de pouvoir déployer les 2 prochains containers dans les Alpes-Maritimes et dans le secteur d’Aix-Marseille."