Vendée : Serta passe sous pavillon américain

Vendée : Serta passe sous pavillon américain

Fondateur du groupe Serta (800 salariés), Jacques Audureau vient de vendre au géant américain Mat Holdings.

Figure du patronat vendéen, Jacques Audureau vient de céder Serta, un fabricant de vérins hydrauliques basé au Poiré-sur-Vie (250 salariés en France, 550 salariés via la filiale Pneumatika en Bulgarie). L’acquéreur a pour nom Mat Holdings, un groupe industriel américain pesant 1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires.

Ce géant opère dans trois secteurs : les pièces mécaniques et hydrauliques (fonderie de freins, de pompes, fabrication d’amortisseurs…), le matériel de chantier et de bricolage et les accessoires de jardin. Il détient des sites de fabrication aux USA, au Mexique, en Asie et ailleurs. À ses côtés, le tour de table inclut Stags Participations (family office de Philippe Louis-Dreyfus), des investisseurs familiaux, Océan Participations et Unexo. Jacques Audureau conserve par ailleurs le groupe Vensys (200 salariés, 40 millions d’euros de CA), qui comprend Hydrokit et Mecanokit notamment (conception et vente de composants hydrauliques et électriques, fabrication d’équipements agricoles, forestiers, industriels, de TP, etc.). Sophie Renner, sa fille, s’est positionnée pour reprendre le flambeau. « En revanche, je n’avais pas de successeur pour Serta », explique Jacques Audureau, fondateur de l’entreprise en 1971. Celle-ci produit 600.000 vérins par an pour le machinisme agricole (Claas…) et des poids lourds des travaux publics et de la manutention (Caterpillar, Manitou). Profitable, elle affiche 10 % de croissance cette année (70 millions de CA attendus en 2015).




Besoin d’investir


Autre motif invoqué, le besoin d’investir massivement. « Depuis les années 2000, le marché des machines agricoles et des TP s’est mondialisé. Les grands industriels ont construit des usines en Chine, en Inde, au Brésil, en Russie. Ils ont dit à leurs fournisseurs : si vous ne vous implantez pas près de nous, on arrête de travailler avec vous, explique Jacques Audureau. Or, c’est difficile pour un groupe familial d’investir aux quatre coins du monde dans des usines coûtant cinq à dix millions d’euros… »

Quid de l’avenir du site du Poiré ? Mat Holdings conserve le siège social, les sites de production et la R & D en France, annonce Serta dans un communiqué. « L’avantage, c’est que Mat Holdings n’est pas présent dans l’hydraulique, la France va donc devenir le centre d’expertise de cette branche pour le développement de produits et de process au niveau mondial , rassure Jacques Audureau.




Projet d’usine en Chine


L’Américain dit vouloir « procéder au déploiement industriel de Serta ». L’ouverture d’une usine en Chine en 2016, puis d’autres en Inde et aux USA en 2017 figurent dans les cartons.