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Vendée : Pourquoi les syndicats d’Air Caraïbes appellent à la grève
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Vendée : Pourquoi les syndicats d’Air Caraïbes appellent à la grève

Mi-mars, le groupe Dubreuil annonçait la création de French blue, une compagnie long-courrier et low cost, vers les Caraïbes et l'Océan Indien. Au sein de sa société sœur Air Caraïbes, les syndicats craignent que la nouvelle compagnie les concurrence et appellent à la grève les trois derniers week-ends d’avril.


Les salariés de la compagnie Air Caraïbes Atlantique, également propriété du groupe Dubreuil, craignent que le lancement de French blue « ne se fasse au détriment de leur propre compagnie et ne mette en péril son avenir et ses emplois », ont précisé des salariés réunis en intersyndicale (SNPL, UNAC, SNPNC, CGTM, SNPNAC), mercredi 30 mars. Un préavis de grève a été déposé pour les trois derniers week-ends d'avril (du vendredi au samedi à chaque fois).

Demande d'engagements écrits
Ils réclament « plus de lisibilité sur leur avenir et plus de cohérence opérationnelle au sein du groupe » mais aussi « des engagements écrits concernant le réseau et la flotte d’Air Caraïbes Atlantique afin de lui permettre de rester efficace et compétitive ».

Pour eux «cette dangereuse initiative du groupe (...) apparaît véritablement sans cohérence opérationnelle, commerciale ou sociale ».


Propriétaire d’Air Caraïbes, le groupe Dubreuil a lancé mi-mars French blue, une compagnie long-courrier et low cost, qui commencera par desservir la République Dominicaine en 2016, puis la Réunion et l’Île Maurice l’an prochain. Pour faire tourner sa future flotte de quatre Airbus (des A330 et A350 prévus en 2018), environ 400 recrutements doivent avoir lieu d’ici deux ans.



Les syndicats d’Air Caraïbes craignent une concurrence
Des effectifs qui viendront s’ajouter aux 900 collaborateurs d’Air Caraïbes (380 M€ de CA). Mais pour les syndicalistes, l’équation pourrait ne pas être aussi simple. «On va nous mettre en concurrence avec une compagnie moins chère, car French blue ira notamment en République Dominicaine qu’on dessert déjà, peut-être demain à Cuba qu’on aurait pu couvrir aussi», s’inquiète un représentant de l’intersyndicale.


À terme, certains craignent de voir French blue remplacer Air Caraïbes. «Si notre volume d’heures finit par baisser, il faudra faire des plans sociaux, ajoute le syndicaliste. Ce qui est triste, c’est qu’on investit dans French blue grâce aux 100millions de bénéfices réalisés en 13 ans par sa grande sœur».

Enfin, ce salarié regrette de voir «une partie des avions commandés pour Air Caraïbes redirigés vers la nouvelle compagnie». «L’investissement ne se fait plus chez nous. Or on a besoin d’outils pour être plus compétitifs. Un trajet vers la Réunion, où il y a des besoins, pour le loisir et les affaires, y aurait contribué aussi. On pouvait enchaîner des vols entre l’Océan Indien, Paris, puis les Antilles.»


«Des clientèles différentes»
Pour Paul-Henri Dubreuil le choc n’aura pas lieu. «Air Caraïbes et French blue resteront deux compagnies sœurs, elles ne se concurrencent pas. Par exemple sur la République Dominicaine, elles opèrent sur des liaisons différentes, Punta Cana sera une destination purement touristique et non axée clientèle d’affaires», dit-il.

Avant de répondre sur les autres points. «Le nom et l’aménagement de ses avions, avec trois classes dont une « affaires», ne rendent pas Air Caraïbes très adaptée aux nouvelles destinations comme l’Océan Indien, telle que La Réunion, où il n’y a pas de classe affaires.»


Pour ce qui est de l’affrètement, qui inquiète aussi des salariés (système où le voyageur achète son billet Air Caraïbes et voyage via un avion French blue), ils devraient avoir lieu par exemple sur des pics saisonniers ou en cas de panne, indique la direction.


«Le groupe continue d’investir dans Air Caraïbes qui recevra nos deux premiers A350», assure le patron du groupe Vendéen, qui ajoute par ailleurs que les Antilles restent une destination en croissance. L’an dernier, il y a transporté 1,27 million de passagers.


Groupe Dubreuil
(Belleville-sur-Vie)
Dirigeant : Paul-Henri Dubreuil
3.500 salariés
1,5 Md€ de CA 2015
02 51 47 77 90
www.groupedubreuil.com

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