Vendée : Michelin va réduire ses investissements de moitié
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Vendée : Michelin va réduire ses investissements de moitié

Spécialiste des pneus pour poids lourds, l’usine Michelin de La Roche-sur-Yon table sur une centaine de créations de postes et 50 millions d’euros d’investissement au total, pour la période 2013-2019. Soit moitié moins que prévu initialement. La raison ? Un marché mondial moins favorable, explique la direction.

Mi-2013, le groupe Michelin annonçait un vaste programme d'investissement de 800 millions d'euros dont 100 millions pour le seul site de La Roche-sur-Yon, sur la période 2013-2019. Objectif : renforcer sa compétitivité industrielle et son potentiel R&D. Déjà massive, avec ses 65.000m² de bâtiments, l’usine yonnaise employait alors plus de 600 salariés.

La production augmentera de 50% et non pas 100%
« D'une usine de taille moyenne, nous allons devenir un fleuron européen de la production de pneus poids lourd », commentait à l'époque le directeur du site yonnais, Miguel Gimenez de Córdoba. La production de pneus devait doubler, de 800.000 à 1,6million d’unités livrées par an, dont 75 % à l'export... Mais voilà, au vu des prévisions d'évolution du marché, le groupe annonce qu'il table désormais sur 1,2 millions d’unités à cette échéance.

« Aujourd’hui, le marché du poids lourds reste incertain au niveau mondial, notamment en Amérique du Sud, en Chine ou encore Russie, où les perspectives de ventes se sont détériorées. De son côté, le marché européen reste encore en deçà de son niveau de 2007, explique Miguel Gimenez de Córdoba. Nous ne ressentons pas le besoin de doubler nos capacités à ce stade, car nous ne les utiliserions pas complètement.»

Création d'une centaine de postes au total
Conséquence directe, la direction de Michelin annonce qu’elle réduit son plan d'investissement, qui s’élèvera à 50 millions d’euros. Moitié moins qu’annoncé.
Officiellement le projet "Skipper" a été décalé dans le temps. « L’entreprise va d’abord cibler un premier palier à 1,2 million de pneus d'ici cette date de 2019, avec l'ambition d'atteindre ensuite l'objectif initial, quand le marché le permettra », dixit le directeur du site de La Roche.

Côté emploi, les 170 créations de postes, annoncées sur six ans, vont aussi être revues à la baisse. Hors remplacements des départs à la retraite, Michelin table désormais sur 100 recrutements en CDI et CDD. Ce chiffre inclut l'arrivée en Vendée d'une vingtaine de salariés en provenance site de Joué-lès-Tours en Indre et Loire, où un atelier de pneus poids lourd a été arrêté. Ils font aujourd'hui partie des effectifs yonnais.

«Comme un coup de poignard»
«C'est comme un coup de poignard dans le dos. Que ce soit à La Roche-sur-Yon ou à Clermont-Ferrand, on nous avait promis ce programme rubis sur l'ongle», réagit Anthony Guilloteau, délégué syndical CGT. Le Vendéen avait déjà commencé à se poser des questions il y a quelques mois. «En début d'année, il était question de décaler la fin du programme à 2021....»

L'argument de la conjoncture ne le convainc pas. « J'entends parler de difficultés en Amérique du Sud, de concurrence asiatique low-cost etc., mais Michelin a tout de même des prévisionnistes, s'étonne-t-il. C'est quand même surprenant de voir des commandes de machines retardées ou annulées, trois mois avant leur réception programmée dans l'usine..» D'après le syndicaliste, ces péripéties pourraient faire écho à ce qu'ont connu ses collègues tourangeaux : «on leur a fait miroiter de très gros investissements, qui n'ont pas eu lieu. Et puis ça a fini par un plan social.»

15 à 20 millions d’euros déjà injectés à La Roche
Miguel Gimenez de Córdoba voit quant à lui le verre à moitié plein. «Que certains vivent cela comme une douche froide, je le comprends. On leur annonce un très beau projet, puis un second, un peu moins beau. Mais il faut toutefois rappeler qu’entre 15 et 20 millions d’euros ont d’ores et déjà été investis sur le site industriel de La Roche-sur-Yon.»

Un nouveau bâtiment de 3.500 m²
Principal nouveauté, la construction achevée d’un bâtiment de 3.500 m², qui abritera en fin d’année une nouvelle machine d’extrusion de caoutchouc. Cette dernière devant être opérationnelle courant 2016. Pour rappel, le précédent plan tablait sur près de 25.000m² d'extension.

Le directeur de l’usine rappelle enfin « que 140 emplois ont été créés ces deux dernières années, si l'on compte les départs à la retraite, qui concernent en moyenne 20 à 30 personnes chaque année». Et ajoute : «nous ne sommes pas arrivés à la fin des recrutements ».

Outre l'équipement et la hausse des effectifs, Michelin travaille aussi sur "la transformation sociale de l’entreprise". Actuellement, pas moins de 70 salariés planchent sur des pistes d’amélioration dans divers domaines (sécurité, formation, qualité de vie au travail…). Des pistes concernant la flexibilité du travail devraient aussi faire partie des discussions à venir au sein de l'entreprise. Pour Anthony Guilloteau, le projet skipper de la direction, derrière les investissements, concerne, pour beaucoup, cet aspect-là.

Michelin (La Roche-sur-Yon)
Directeur : Miguel Gimenez de Córdoba
740 salariés (CDI + CDD)
02 51 36 63 00

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